Le vandalisme culturel

 

La France est l’un des pays du monde le plus constructeur, mais corollairement le plus destructeur.

1-  Aucun sens du paysage: les pays nordiques et germaniques savent l’exploiter et l’inclure dans leurs réalisations.

2-  Iconoclasme sans égal, dû partiellement aux guerres intestines et surtout aux révolutions.

3-  Amour du neuf, mépris du passé.

Les raisons possibles:

1-  cartésianisme, donc manque de romantisme

2-  fortes racines antiques romaines (malheureusement pas grecques), et peu d’empreinte de nos racines celtes ou germaniques

3-  snobisme de la modernité qui fait raser pour reconstruire

Certes la France a essuyé de nombreuses guerres, mais pour n’évoquer que la dernière, l’Allemagne, bien plus ravagée que nous, a su conserver un maximum de son patrimoine. Et notons que les bombardements alliés ont été bien plus destructeurs que ceux de l’”ennemi”.

Parmi les responsables, les plus à honnir sont les possédants, les dirigeants, les politiques, de toute nature (droite comme gauche, clergé comme état, etc.),  dont les collusions avec le marché sont scandaleuses, et que leur ignorance sans égale rend dédaigneux (voire méprisants) à l’égard du patrimoine.

La décentralisation ne fait qu’aggraver le problème, laissant liberté aux maires, aux conseils généraux et régionaux de se livrer à des dépenses somptuaires pour leurs “sièges”… en détruisant ou saccageant le patrimoine.

Exemples:

–      POMPIDOU:” il faut adapter Paris à la voiture… et renoncer à un esthétisme dépassé”.“Seule en Europe la Roumanie de Ceascescu peut être comparée à la France de Pompidou par l’ampleur et le cynisme des destructions”).

–      Un directeur de l’Urbanisme de la Préfecture de la Seine: “administrativement, je ne sais pas ce qu’est le beau”.

–      A Nîmes, lors de lma destruction d’une quinzaine de maisons du MA au XVIIIe en plain quartier sauvegardé, on découvre des fresques murales du XIVe siècle. Au Conseil municipal, un représentant s’indigne. Réponse du 1r adjoint: “cdet hôtel particulier n’était pas du Moyen Age”, et l’adjoint à la Culture d’ajouter ‘Non, il date du XIVe siècle” (sic)

–      Duhamel, ministre de la culture, qui fait démolir tout un quartier renaissant en 1970 à Dôle (dont il est l’élu), qui autorise son beau-père (Rousselot) à détruire une villa et des arbres centenaires dans un parc de 2000m2 (hameau Boileau, XVI arr) pour y constrire un immeuble  de 5 étages en toute illégalité (16 ans plus tard on a réussi à le faire détruire.

Histoire du vandalisme, Louis Réau, + Michel Fleury et Guy-Michel Leproux, Bouquins Laffont

 

MOYEN AGE

 

 

1- LES GRANDES INVASIONS

 

La Gaule romaine. Utilisation des temples païens par les chrétiens.

 

I.               Les invasions germaniques. Irruption au Ve siècle des Germains venus d’outre‑Rhin: Francs, Alamans, Burgondes ou de l ‘Europe orientale: Goths et Vandales. ‑ Incursions au IXe siècle des pirates scandinaves le long des côtes de la Manche et de l’océan Atlantique.

 

II.             Les invasions asiatiques. Les Huns arrêtés à Châlons en 45/, les Arabes à Poitiers en 732. Les pirates sarrasins dévastent le littoral méditerranéen de la France.

 

III.           Conséquences sur l’art. Destruction partielle des monuments romains de la Gaule. ‑Anéantissement de l’architecture mérovingienne et carolingienne.

 

2- L’ERE DES CATHEDRALES

 

Malgré les guerres féodales et religieuses, c’est l’âge d’or du monachisme clunisien et cistercien, des croisades et des cathédrales ou, en d’autres termes, l’époque de saint Bernard, de Louis et de Pierre de Montreuil. Jamais le génie de la France ne fut plus créateur et plus ordonnateur

 

I.               La campagne de saint Bernard contre le luxe monastique. Cîteaux contre Cluny.

 

II.             La croisade contre les Albigeois. Nord contre Sud,

 

III.           La rançon des progrès de l’architecture. Gothique contre roman.

 

 

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3- LES RAVAGES DE LA GUERRE DE CENT ANS

 

Le XIVe et le XVe siècle marquent l’automne ou, si l’on préfère une autre image. le crépuscule du Moyen Age: crépuscule tragique, surtout en France où la guerre, dite de Cent Ans, en chiffres ronds, a duré en réalité cent seize ans, de 1337 à 1453

 

I.               Origine et péripéties de la guerre de Cent Ans. Au début, guerre dynastique et féodale entre les rois de France et d’Angleterre qui se disputent un héritage. Cette querelle de famille dégénère en guerre civile entre Armagnacs et Bourguignons, puis en guerre sociale avec la Jacquerie des paysans. ‑ A la fin, guerre nationale, menée par Jeanne d’Arc contre les envahisseurs anglais.

 

II.             Le bilan des destructions. Architecture religieuse. ‑ Architecture civile; destruction des châteaux du duc Jean de Berry, de son frère le duc de Bourgogne Philippe le Hardi et de son neveu Louis d’Orléans. ‑ Fonte ou exportation des pièces d’orfèvrerie. La France perd son hégémonie artistique qui passe aux Pays‑Bas et â l Italie.

 

 

 

XVIe SIECLE

 

LES GUERRES DE RELIGION : LE VANDALISME HUGUENOT

 

Les ravages de la guerre de Cent Ans étaient à peine effacés que, par suite de la réforme de l’Église catholique prêchée par Luther en Allemagne, par Calvin en France, s’ouvrait une ère de guerres civiles, aussi désastreuses que allaient se prolonger, elles aussi, pendant plus d’un siècle.

 

I.               Les guerres de Religion ensanglantent la France pendant tout le XVIe siècle, depuis le règne de François Ir jusqu ‘à l’édit pacificateur d’Henri IV. L’appel à l’étranger.

 

II.             Inventaire des ravages. Dévastation des provinces du Nord, du Centre et du Midi.            Destructions sans contrepartie: absence en France d’un art protestant comparable à celui de la Hollande.

 

 

VIIe XVIIIe SIECLES : DE LA RÉFORME À LA RÉVOLUTION

 

1- LE VANDALISME EMBELLISSEUR DES CHANOINES

 

Mépris du siècle des Lumières pour la barbarie gothique.

Le vandalisme catholique des XVIIe et XVIIIe siècles diffère radicalement, quant aux intentions, de l’iconoclasme huguenot du XVIe siècle: car, tandis que les protestants, animés d’une haine farouche contre I'”idolâtrie papiste», croyaient faire oeuvre pie en saccageant les églises, les évêques et les chanoines se proposaient au contraire de les embellir en les habillant à la mode du jour.

 

I.      Les destructions. Démolition totale de Port Royal des Champs et de nombreuses églises parisiennes. Destructions partielles: à l’extérieur (trumeaux, linteaux et tympans de portails); à l’intérieur (jubés, tombeaux, labyrinthes, vitraux). Fonte de pièces d’orfevrerie gothique.

II.    Les embellissements. Façades rhabillées en style classique. ‑ Dans les choeurs, baldaquins d’autels et gloires berninesques « à la romaine»; colonnes torses ou cannelées; grilles enfer forgé remplaçant les jubés et les clôtures en pierre. ‑ Ces décorations éphémères ont été détruites en grande partie soit sous la Révolution, soit par les restaurateurs puristes du xix’ siècle.

 

2- LE VANDALISME ROYAL

 

Le vandalisme royal est très antérieur au XVIIe siècle et même à la Renaissance

 

I.               Destruction des monuments d’architecture. Ruines galloromaines: le temple de Tutelle et le palais Gallien à Bordeaux.

II.             A Paris démolition du Vieux Louvre, de l’hôtel Saint‑Pol et de l’hôtel des Tournelles. ‑ Démantèlement des chateaux forts par François Ir, par Henri IV, par les cardinaux ministres Richelieu et Mazarin.

III.           Louis XV détruit à Fontainebleau la galerie d’Ulysse, à Versailles l’escalier de Ambassadeurs. Louis XVI met en vente en 1787 quatre chateaux royaux: La Muette, Madrid, Vincennes et Blois. Il laisse démolir le  chateau Trompette à Bordeaux, l’arc de triomphe de Tours et le palais des comtes de Provence à Aix. ‑Destruction par le comte d’Artois du château Neuf de Saint‑Germain. .

 

3- LE VANDALISME DE LA NOBLESSE

 

Remaniements du château d’Anet par le maréchal de Vendôme.

Démolition des châteaux de Coulommiers en Brie, de Bury en Touraine, de Bonnivet en Poitou, d ‘Assier en Quercy, de La Mosson en Languedoc.

Les hôtels parisiens: démolition de l’hôtel de Soissons.

 

 

L’OEUVRE DESTRUCTIVE DE LA REVOLUTION

 

Du passé, faisons table rase.

Tentative d’abolition du passé de la France.

 

 

1- LE VANDALISME ANTIMONARCHIQUE

 

L’impopularité de Louis XVI et de Marie‑Antoinette est attisée par les jacobins, après la fuite manquée de Varennes, par des pamphlets orduriers et d’abjectes caricatures.

 

I.               Destruction des résidences royales. Prise de la Bastille. Saccage des Tuileries et pillage du mobilier de Versailles. Vente et lotissement des chateaux de Marly, Meudon, Bellevue, Lou veciennes, Saint‑Germain, Choisy‑le‑Roi. ‑ Projet de démolition de Chambord.

 

II.             Il. Destruction des effigies royales. Violation des tombeaux de Saint-Denis. ‑ Destruction de la galerie des rois de la cathédrale Notre Dame.

 

III.           Destruction des statues royales. Fonte des statues pédestres et équestres décorant la place Royale à Paris ou en province. ‑. Brûlement des portraits royaux.

 

IV.            Effacement des signes de royauté. Les fleurs de lis disparaissent sur les monuments, les enseignes, les meubles, les tapisseries, les reliures, les taques de cheminée, les pendules.

 

2- LE VANDALISME ANTIFÉODAL

 

I.               La destruction des châteaux. Châteaux

–      du comte d’Artois: Maisons, Saint‑Germain.

–      du duc de Penthièvre: Sceaux, Anet, Rambouillet. Châteauneuf‑sur‑Loire.

–      du prince de Condé: Chantilly, Saint‑Maur‑des‑Fossés.

–      du prince de Conti: Montceaux‑les‑Meaux, L’ Isle‑Adam.

–      Saccage de Gaillon en Normandie, de Chanteloup en Touraine, de Grignan, de La Tour d ‘Aigues et de Tourves en Provence

 

II.             Hécatombe de tombeaux, de portraits et de signes de féodalitè

 

III.           Exode d’oeuvres d’art à l’étranger. La Galerie du Palais‑Royal est vendue à Londres. ‑ Exportation de meubles précieux en Angleterre, en Pologne et en Russie.

 

 

3- LE VANDALISME ANTICATHOLIQUE

 

I.               Le mécanisme de la destruction: l’enlèvement du plomb des toitures et des armatures des vitraux entraine des dégradations; faute de pouvoir réparer les églises, on les démolit. Le dénombrement des ruines. Paris et la région parisienne. Le provinces du Nord, du Centre et du Midi.

 

II.             Fonte des châsses et des cloches

 

 

LE VANDALISME NAPOLÉONIEN

 

1- L’ÉTAT DE LA FRANCE EN 1800

 

 

2- LES DESTRUCTIONS

 

Projets mégalomanes de Napoléon, plus soucieux de sa gloire que respectueux des monuments du passé.

Même si des guerres n’étaient pas venues entraver les oeuvres de paix, il ne faut pas se dissimuler que Napoléon se serait beaucoup plus attaché à créer du neuf; pour éterniser sa puissance et sa gloire, qu’à conserver le legs du passé.

Il voulait non seulement faire neuf et grand, mais durable. Il avait horreur des constructions provisoires qui coûtent fort cher et ne laissent rien derrière elles. Les désastreuses expériences révolutionnaires lui avaient appris ce qu’il ne faut pas faire.

 

I.      Paris et l’Île‑de‑France. Édifices religieux : Églises monastiques disparition sur la rive droite de la Seine des couvents des Célestins, des Feuillants, des Capucines de la place Vendeime, des Filles Saint‑Thomas, sur la rive gauche, des abbayes de Sainte‑Geneviève, Saint‑Germain‑des‑ Prés, Saint‑Victor, des couvents des Cordeliers et des Carmes, . Églises paroissiales: destruction de Saint‑Jacques‑la‑Boucherie, dont la tour seule est épargnée: Saint‑Jean‑en‑Grève, Saint‑Thomas‑du‑Louvre, Saint André‑des‑Arts. Menaces sur Saint ‑Germain‑l ‘Auxerrois et Saint‑ Nicolas‑du‑Chardonnet.                                                                                                           .Edifices civils :  Démolition de la prison du Grand Châtelet et du don/os du Temple. Les chateaux royaux des environs de Paris. Projet de transformation du parc de Versailles. Destruction des châteaux de Meudon et de Marly. Rambouillet et Chantilly. Abandon du château de Chilly‑Mazarin près de Longjumeau et démolition partielle du château de Liancourt en 1803.

 

II.    Le vandalisme en province. Architecture religieuse : Démolition de Saint‑Jean‑des­Vignes à Soissons, de la cathédrale de Cambrai, de la sainte chapelle de Dijon et de l’abbaye de Cluny. Dans le Midi, destruction des trois cloîtres romans de Toulouse. Vandalisme restaurateur à la cathédrale de Bordeaux. Architecture civile : Dépècement par la bande noire des châteaux de Gaillon et de Richelieu.

 

3- LES CRÉATIONS

 

I.      Les musées. Le muséum du Louvre, qui prend le nom de musée Napoléon, et le musée des Monuments français, installé en face, sur la rive gauche de la Seine, dans l’ancien couvent des Petits Augustins.

 

II.    L’art napoléonien. Architecture: Les projets. ‑ Les réalisations: Sous la direction de Percier et Fontaine, Paris se transforme en une «nouvelle Rome”: la colonne d’Austerlitz, réplique de la colonne Trajane, les arcs de triomphe du Carrousel et de l ‘Etoile, le temple de la Gloire. ‑. Médiocrité de la Sculpture. ‑En revanche, essor de la Peinture d’histoire avec David et Gros. Cette fécondité contraste avec la stérilité de la décennie révolutionnaire. ‑Napoléon a, par surcroît, le mérite d’avoir créé un style: le style Empire.

 

 

LA RESTAURATION ET LA MONARCHIE DE JUILLET (1814‑1848)

 

1-  LA RESTAURATION

 

I.      L’effacement des traces de ta Révolution. L’émigration des artistes jacobins. ‑ Le remplacement des statues royales détruites en 1792. ‑Le Panthéon rendu à sainte Geneviève. ‑Liquidation du musée des Monuments français.

 

II.    L’effacement des souvenirs de Napoléon. Démembrement du musée Napoléon par les reprises des Alliés en 1815. ‑ Usurpation des monuments de l’Empire par les Bourbons: le temple de la Gloire rendu à sainte Madeleine; le péristyle du Palais‑Bourbon dénapoléonisé; les arcs de triomphe du Carrousel et de l’Étoile consacrés au duc d’Angouléme et à sa facile victoire du Trocadéro.

 

III.  Les monuments détruits sous la Restauration. Le vandalisme à Paris: arasement des tours latérales de Saint‑Germain‑des‑Prés en 1822. ‑ Le vandalisme en province: les abbayes des Vaux de Cernay et d’Ourscamp; dépècement de l’abbaye de Jumièges; ruine de Marmoutier tide Déols; les châteaux de Bellevue, Blérancourt, Chanteloup détruits; Chambord menacé.

 

IV.   La révolution de 1830. ‑ Pillage des Tuileries et de I ‘archevéché. ‑Les Iambes de Barbier et La Barricade de Delacroix

 

2- LE RÈGNE DE LOUIS‑PHILIPPE

 

I.      Les ravages de la bande noire. Architecture religieuse: À Paris, saccage du palais archiépiscopal et de l’église Saint‑Germain‑l ‘Auxerrotr en février 1831. Destruction des fresques de la chapelle de l’hôtel de Guise. ‑ A Reims, projet de démolition partielle de l’église Saint‑Remi en 1837. ‑ A Poitiers, menaces de destruction de la tour Saint‑Porchaire et du temple Saint‑Jean. Architecture civile: A Paris, démolition des hôtels de La Trémoille, de Torpanne, de Bretonvilliers; l’hôtel Lambert menacé. Projet de démolition de la Bibliothèque royale. ‑ Lotissement philanthropique du parc de Maisons par le banquier Laffitte. Destruction des châteaux de Navarre, Crécy, Sarcus.

 

II.    Les dévastations des ingénieurs. Vandalisme routier et ferroviaire des ingénieurs civils: Menaces contre les remparts d’Avignon et le cloître roman de Moissac. ‑Amputation du cimetière gallo‑romain des Alyscamps d’Arles.

 

III.  Vandalisme du génie militaire: Les arènes de Nîmes servent de parc d’artillerie, l’église des Jacobins de Toulouse d’écurie, le palais des Papes d’Avignon de caserne. ‑ En Algérie, le camp romain de Lambèse fournit des matériaux pour un pénitencier.

 

 3- LE VANDALISME RESTAURATEUR

 

Apparition du vandalisme restaurateur au XIXe siècle. Il est parfois pire que le vandalisme destructeur.

 

I.      Architecture religieuse. Le scandale des restaurations de Debret àSaint‑Denis.  Travestissement des églises de Rouen par Alavoine et Grégoire. ‑ Restaurations abusives ou maladroites des façades de la collégiale de Mantes, de Saint‑ Yved de Braine, de Saint‑Nicolas de Civray;

 

II.    Architecture civile. Aménagements de Versailles sous Louis‑ Philippe. ‑ Travaux de Duban au château de Blots.

 

III.  Sculpture. Réfection de la statuaire des cathédrales: Notre‑Dame de Paris, Saint‑Denis, Senlis, Leon, Bourges, Strasbourg. – Gisants reconstitués des tombeaux des dues de Bourgogne à Dijon. ‑ Projet de réfection par David d’Angers du tombeau du roi René.

 

IV.   Peintures, vitraux et tapisseries. Les peintures: Restauration des peintures murales dans les églises (Poitiers, Le Puy) et les châteaux: galerie Français à Fontainebleau. Tableaux d’autel expurgés park vandalisme pudibond: Le Jugement dernier de Beaune: Le Voeu de Louis XIII d’in gres à Montauban.                                              Vitraux et tapisseries: Rapetassage de vitraux. Rentrayage des tapisseries.

 

 

LE SECOND EMPIRE (1851‑1870)

 

1- LE PROCÈS D’HAUSSMANN

 

I.      L’ “haussmannisation “ de Paris. Importance du rôle personnel de Napoléon III qui veut parfaire l’oeuvre inachevée de Napoléon Ir et faire bénéficier Paris de l’expérience acquise pendant son exil à Londres.‑ Le plan du prince président Louis Napoléon : l’urbanisme au service de l’esthétique, de l’hygiène, mais surtout de la stratégie contre‑révolutionnaire. ‑L ‘éventrement de la Cité et le dégagement de Notre‑Dame, ‑ La nouvelle croisée de Paris: la rue de Rivoli prolongée remplace la rue Saint Antoine; les rues Saint‑Denis et Saint‑Jacques doublées par une ligne parallèle de boulevards Variétés des tracés du nouveau Paris: la rocade du boulevard Saint‑Germain; l’éventail de l’Opéra; l’étoile de l Arc de triomphe. Les espaces verts: aménagement des bois de Boulogne et de Vincennes.

 

II.    “ haussmannisation” des villes de province: les percées haussmanniennes à Rouen, Toulouse, Lyon, Avignon, Marseille.

 

2- LE PROCÈS DE VIOLLET‑LE‑DUC

 

“ Restaurer un édifice, c’est le rétablir dans un état complet qui peut n’avoir jamais existé”. (V le D)

Sa carrière d’architecte‑restaurateur débute sous Louis‑Philippe, dès 1840, mais culmine sous le second Empire.

 

I.      Son oeuvre. ‑ Architecture religieuse: Restauration de la Madeleine de Vézelay, de Notre‑Dame de Paris, de la basilique de SaintDenis, et après 1870, de la cathédrale de Lausanne.

II.    Architecture militaire: La cité de Carcassonne et le chateau de Pierrefonds.

 

III.  L’école de Viollet‑le‑Duc. Ses disciples en France: Lassus, Ahadie, Ruprich‑Robert, Bœswillwald Liseh. Ses disciples à l’étranger: Leeomte du Noué, Boue, Ebhart, Sir Gilbert Scott, Cuypers.

 

3- LA GUERRE DE 1870 ET LES INCENDIES DE LA COMMUNE

 

I.      La guerre de 1870. La fin tragique du second Empire: débâcle militaire suivie d’une guerre civile.         Le bombardement de Strasbourg: anéantissement de la bihliothèque du temple Neuf et du musée de peinture et sculpture de l’Aubette.                                                                                                                               Le siège de Paris: incendie du château de Saint‑Cloud et du château Neuf de Meudon.

 

II.    La Commune de 1871. Renversement de la colonne Vendôme: responsabilité du peintre Courbet. ‑ La semaine sanglante: incendie du palais des Tuileries, de l’Hôtel de Ville, du palais de la Légion d’honneur, de la Cour des comptes. ‑ Le Louvre et Notre Dame menacés.

 

III.  Les conséquences indirectes du vandalisme de la Commune: l’exode de la collection Carrand à Florence, de la collection Wallace à Londres.

 

 

LA TROISIÈME RÉPUBLIQUE (1870‑1914)

 

 LE VANDALISME ADMINISTRATIF

 

I.      L’incurie gouvernementale et municipale aggrave les ruines des bombardements de 1870 et des incendies de la Commune. Démolition des châteaux incendiés de Saint‑Cloud et de Meudon, du palais des Tuileries et de la Cour des comptes, où les fresques de Chassériau auraient pu être sauvées.

 

II.    La séparation des Églises et de l’État votée en 1905. Églises de villages non classées à l’abandon. ‑ Le plaidoyer de Maurice Barrés.

 

III.  Destructions à Paris et en province. La chapelle du château de Pagny, en Bourgogne, exportée en Amérique. Démolition systématique des remparts et des portes de villes à Avignon, Carpentras, Sisteron.

 

IV.   Affectations utilitaires de monuments historiques transformés en casernes, comme le palais des Papes à Avignon, en prisons comme l’abbaye de Fontevrault ou en asiles d’aliénés, comme la Chartreuse de Dijon. ‑ En 1872, la commission municipale de Lille vote la démolition de la porte de Paris qui heureusement n’eut pas lieu.

 

V.     Dispersion de la collection Campana (1872).

 

 

EPOQUE CONTEMPORAINE

 

1- LES DÉVASTATIONS DES DEUX GUERRES MONDIALES

 

I.      Hécatombes de villes et de monuments. ‑Les précautions prises: évacuation massive des oeuvres d’art appartenant aux musées, des vitraux anciens, des églises. Deux périodes de destruction: l’invasion, la libération.

 

II.    La guerre de 1914‑1918. Bombardement de Reims, Arras, Soissons. ‑ Au moment de la retraite des Allemands, destruction projetée de la collégiale de Saint‑Quentin; effective du donjon de Coucy.

 

III.  La guerre de 1940‑1945. L’invasion de 1940: À Rouen, à Beauvais, à Orléans, à Tours, des bombes incendiaires anéantissent en 1940 des quartiers entiers.

 

IV.   La libération de 1944: Les bombardements allemands ou anglo-américains ruinent Brest, Lorient, Saint‑Nazaire et Saint‑Malo; Caen, Saint‑Lô, Lisieux, Rouen et Le Havre; Calais, Dunkerque, Cambrai et Valenciennes; Saint‑Dié et Strasbourg.

 

V.     Reconstructions et restaurations. Après la Première Guerre mondiale, reconstruction de Reims, Noyon, Soissons, Arras. Après la Seconde Guerre mondiale, Rouen, Le Havre, Caen, Evreux, Saint‑Malo et Brest; Tours et Orléans; Saint‑Dié. ‑ Restauration du château de Vincennes.

 

 

2- L’ENTRE‑DEUX‑GUERRES (1918‑1939)

 

Destruction d’édifices de Ledoux: à Paris les pavillons d’octroi de l’enceinte des Fermiers‑Généraux; la ville idéale des salines d’Arc et Senans en Franche‑Comté.

 

I.      Le mépris de l’ambiance. Le vandalisme édilitaire à Paris: les erreurs du passé, la colonne de la Grande‑Armée sur la place Vendôme, le tombeau de Napoléon 1r sous le dôme des Invalides, l’obélisque de Louxor sur la place de la Concorde; le rétrécissement de la ceinture verte qui devait remplacer la zone pelée des fortifications; l’abus des constructions provisoires.

 

II.    La statuomanie.

 

III.  Les commandes de peintures décoratives. ‑ Décoration disparate de l’Hôtel de Ville, du Panthéon, de la Sorbonne.

 

IV.   Le vandalisme édilitaire en province. –

–      Les ports fluviaux de l’océan Atlantique. A Bordeaux, la Garonne masquée par les hangars du port franc. Le comblement des bras de la Loire à Nantes. ‑ Sur le front méditerranéen: les ports maritimes de Marseille et de Toulon victimes de l’urbanisme d’après‑guerre.

–      La statuomanie provinciale.

–      L’industrialisation des sites classés.

 

 

3- LES MÉFAITS DE L’ELGINISME

 

Le déplacement des monuments arrachés à leur terroir et transplantés dans un autre climat.

 

I.      Déplacement d’oeuvres d’art en France. Les musées tentaculaires; mauvais exemple donné par le Louvre qui dépouille les provinces au profit de la capitale.

 

II.    Exode d’oeuvres d’art français à l’étranger. Le butin prélevé par l’Angleterre et les États‑Unis: le musée des Cloîtres à New York.

 

 

4- LES BARRAGES DRESSÉS CONTRE LE VANDALISME

 

I.      L’intervention de l’État. ‑ Le rôle de la Commission des monuments historiques. ‑Les lois sur la protection des monuments et des objets d’art mobiliers complétées par la protection des sites. ‑ CriIlque de l’emploi des crédits.

 

II.    L’initiative des sociétés privées. ‑ Éclosion de sociétés nouvelles pour la Sauvegarde de l’art français; la Demeure historique; la Société pour l’esthétique générale de la France; la Ligue urbaine et rurale; la Société

III.  Fragonard de Grasse.

 

IV.   Campagnes de presse. ‑Polémiques d’André Hallays.Achille Carlier, directeur de Pierres de France, Georges Pillement.

 

V.     Libéralités de mécènes français et américains. ‑ Restauration et donation à l’État du château de Champs par la famille Cahen d’Anvers. ‑ L’aide de mécènes américains, amis de la France, après les guerres mondiales de1914 et 1940 ‑ Edward Tuck fait rétablir le Trophée de La Turbie. ‑ Miss Anne Morgan crée le musée franco‑américain de Blérancourt. ‑Donations de la famille Rockefeller pour la sauvegarde de Versailles

 

 

ANNALES DU VANDALISME

 

A LIRE A TOUT PRIX : Histoire du Vandalisme (Louis Réau, Michel Fleury, Guy-Michel Leproux), Chez Laffont (Bouquins)

 

MOYEN AGE

 

Ve siècle

475. Cathédrale Saint‑André de Bordeaux ruinée par les Visigoths.

485. Destruction par les Vandales de Lugdunum Convenarum (Saint Bertrand de Comminges).

 

IXe siècle

858. Ravages des pirates normands:

Incendie des abbayes parisiennes de Saint-Germain‑des‑prés, Sainte‑Gene­viève et Saint‑Martin‑des‑Champs. Saccage de l’abbaye de Jumièges. Incendie de la cathédrale primitive en bois de Tréguéer. Destruction de l’abbaye carolingienne de Saint‑Riquier en Picardie.

853. A Tours, incendie des abbayes de Saint‑Martin et de Marmoutier.

865. Destruction de Saint‑Hilaire de Poitiers.

898. Saccage de l’abbaye de Saint­-Bénigne à Dijon.

 

XIIe et XIIIe siècle

1208‑1218. Croisade contre les Cathares albigeois: Ruine du château de Najac en Rouergue. Saccage de Lavant, de l’église Saint‑Nazaire de Béziers.

Démolition totale ou partielle de nom­breuses églises romanes remplacées par des édifices de style gothique.

L’évêque Maurice de Sully fait raser la vieille église paroissiale Saint‑Étienne pour agrandir la cathédrale Notre‑Dame de Paris.

XIVe et XVe siècles

1346. Ravages de la guerre de Cent Ans: Le comte de Derby incendie le palais des comtes de Poitiers et le château de Montreuil‑Bonnin.

1355. Les Anglais pillent et brûlent le château de Montmorency.

1358. Saccage des abbayes de Jumièges, d’Ourscamp, du Paraclet.

1359. Les Anglais incendient l’Église Saint‑Andoche de Saulieu.

1362. Ruine de la Trinité de Vendôme.

1370. Sac de Limoges par le Prince Noir.

1411. Saccage par les Cabochiens de l’hôtel de Nesle et du château de Bicêtre appartenant au duc Jean de Berry.

1412. Incendie par les Anglais de l’abbaye de Beaulieu‑!es‑Loches.

1425. Incendie de l’église et des bâtiments conventuels de Solesmes.

1428. Ruine de Notre‑Dame de Cléry.

 

XVIe SIECLE

 

LE VANDALISME HUGUENOT

 

Nord

1529. Destruction par les luthériens des autels de la cathédrale de Strasbourg.

1548. Jubé de Notre‑Dame de Paris mutilé; statue de la Vierge abattue.

1559. Incendie de l’église clunisienne de La Charité‑sur‑Loire.

  • Saccage de l’abbaye bénédictine de Fontgombault.

1561. Saccage de la cathédrale Saint-Pierre de Montpellier.

1562. Fonte du trésor de Notre‑Dame de Paris pour subvenir aux frais de la guerre contre les huguenots.

  • Dévastation de la cathédrale de Meaux.
  • Rouen: cathédrale et Saint‑Ouen.
  • Saint‑Georges de Boscherville.
  • Dieppe: portail de l’église Saint‑Jacques et jubé de Saint‑Remi.
  • Saint‑Wandrille.
  • Jumièges.
  • Caen: abbaye des Hommes et des Dames.
  • Violation des tombeaux des fondateurs
  • Cathédrales de Lisieux, de Coutances
  • Bayeux destruction du jubé de la cathédrale,
  • Le Mans: cathédrale Saint‑Julien
  • Destruction du jubé, des stalles du choeur, du Saint‑Sépulcre. Arrachement des tuyaux et des soufflets des grandes orgues.
  • Chalon‑sur‑Saône: pillage de l’église Saint‑Vincent.
  • Tournus: saccage de l’abbaye de Saint‑Ph’ilibert.
  • Orléans: cathédrale Sainte‑Croix détruite. Églises Saint‑Aignan, Saint‑Avit, Saint‑Euverte saccagées.
  • Germigny‑des‑Prés: nef ruinée par les huguenots.
  • Cléry: tombeau de Louis XI. Statue du roi dépecée.
  • Saint‑Benoît‑sur‑Loire: abbaye rançonnée; châsse en or de saint Benoît fondue.
  • Tours: abbayes de Saint‑Martin et de Marmoutier. Église Notre‑Dame‑laRiche détruite.
  • Cormeny: l’abbaye.
  • Angers saccage de la cathédrale Saint‑Maurice, des abbayes de Saint­-Aubin et du Ronceray.
  • Fontevrault abbaye.

 

Centre

  • Poitiers: cathédrale Saint‑Pierre. Églises Saint‑Hilaire, La Celle‑Saint‑Hilaire, Sainte‑Radegonde, Saint‑Jean de Montierneuf.
  • Bourges: cathédrale. Grandes statues des portails.
  • Abbaye de la Couronne, prés d’Angoulême. Pillage du trésor par les «prétendus réformés ».
  • Collégiale Saint‑Jacques d’Aubeterre. Les huguenots n’épargnent que la façade.
  • Selles‑sur‑Cher: église.
  • La Chaise‑Dieu : tombeau du pape Clément VI, mis en pièces par les calvinistes.

 

Midi

  • Toulouse : flèche de l’église des Jacobins abattue.
  • Albi: cathédrale Sainte‑Cécile,
  • Nîmes: Saint‑Sauveur.
  • Saint‑Gilles du Gard.
  • Lyon: cathédrale Saint‑Jean. Sac­cage de la chapelle des Bourbons, destruction des tombeaux du cardinal de Saluces et du cardinal de Bourbon. Cloître de Saint‑Martin‑d’Ainay.
  • Viviers : cathédrale.
  • Valence : cathédrale.
  • Grenoble: collégiale Saint‑André
  • Romans: église Saint‑Bernard.
  • Saint‑Antoine‑en-Viennois: abbaye piIlée et incendiée par les bandes du baron des Adrets; destruction des statues ornant la façade de l’église.

1563. Sac de la cathédrale de Langres.

1566. Écroulement de la flèche de la tour‑lanteme de l’abbatiale Saint‑Etienne de Caen.

1567. Soissons : saccage de la cathédrale Saint‑Gervais et Protais, des abbayes de Saint‑Jean‑des‑Vignes, Saint-Léger, Saint‑Médard, Saint‑Crépin‑le-Grand,

  • Auxerre: cathédrale Saint‑Étienne et abbaye de Saint‑Germain ravagées.
  • Beaugency: église Notre‑Dame et donjon dit Tour de César incendiés.
  • Abbaye de Charroux en Poitou pillée et incendiée par un lieutenant de Coligny, Roger de Carbonnière.
  • Abbayes de Lesterps, Lescaledieu.
  • Saint‑Pons de Thomières: cloître.
  • Vienne: cathédrale Saint‑Maurice saccagée par le baron des Adrets.

1568. Pillage et incendie du monastère de Nesle‑la‑Reposte (Marne).

  • Orléans: incendie de la cathédrale Sainte‑Croix.
  • Blois: cathédrale Saint‑Solenne; église Saint‑Lomer.
  • Saint‑Savin abbaye.
  • Saint‑Jouin‑de‑Marnes: un parti huguenot incendie les bâtiments conventuels.
  • Saint‑Maixent: démolition des voûtes de la nef et du clocher de la croisée du transept.
  • Saint‑Michel en l’Herm. Ruine de l’abbaye
  • Angoulême: destruction du clocher sud de la cathédrale et de l’abbaye bénédictine de Saint‑Ausone.
  • Saint‑Jean‑d’Angély: destruction de l’abbaye.
  • Saintes: cathédrale Saint‑Pierre; église Saint‑Eutrope.
  • Déols‑les‑Châteauroux: abbaye.
  • Conques: abbaye.
  • Saint‑Guilhem‑le‑Désert: saccage du cloître.
  • Die: cathédrale.

1569. Prieuré clunisien de Donzy‑le‑Pré miné.

  • Abbaye cistercienne de Flaran incendiée par la soldatesque de Montgomery.
  • La Rochelle: démolition de toutes les églises.
  • Chauvigny: église Saint‑Pierre pillée et incendiée par Coligny.
  • Dévastation du château d’Oiron en Poitou.
  • Sancerre: église Saint‑Romble.
  • Hagetmau: abbaye.
  • Saint‑Gaudens: sac par Montgomery.
  • Tarbes: cathédrale incendiée par Montgomery.

1573. Saint‑Sever‑de‑Rustan: cloître (remonté à Tarbes dans le jardin Massey).

  • Alet: dévastation de l’abbaye.
  • Château de Lusignan en Poitou rasé par le duc de Montpensier.

1575. Issoire: église Saint‑Austremoine.

  • Périgueux: châsse de saint‑Front.

1576. Figeac: abbaye de Saint‑Sauveur. Destruction du choeur de l’église, d’une partie du transept et de la voûte de la nef.

1577. Périgueux: dévastation de la cathédrale Saint‑Étienne‑en‑la‑Cité qui perd deux coupoles et un clocher.

  • Alet : ruine de la cathédrale romane
  • Uzeste: tombeau du pape Clément V mutilé; gisant décapité.
  • Pamiers: église Notre‑Dame‑du‑Mercadal.

1579. Pillage de la cathédrale de Mende.

1580. Cathédrale de Cahors.

1582. Église Notre‑Dame‑de‑l’Espinasse à Millau.

1584. Église de Cruas (Ardèche).

1585. Cathédrale d’Embrun. Commencement de démolition du château d’Angers. Tours diminuées de deux étages, donjon démoli.

1586. Abbaye du Mas Saint‑Antoine‑Maillezais.

1591. Remparts de Barcelonnette rasés par Lesdiguières.

1592. Pillage de Rocamadour.

1621. Destruction de la cathédrale d’Uzès. La Tour Fenestrelle, ajourée par cinq étages de fenêtres, seule épargnée.

1622. Saint‑Gilles en Languedoc: le duc de Rohan fait sauter le clocher et les voûtes de la nef.

1633. Démolition du Dôme de La Roche‑Bernard en Bretagne, abritant le tombeau de François de Coligny, dit d’Andelot, sculpté en 1562 par Jehan II Juste.

 

LE VANDALISME ROYAL

1527. François 1r fait abattre la grosse tour du Vieux Louvre.

Démantèlement des châteaux de Bourbon‑l’Archambault, de Moulins et de Chantelle pour punir la trahison du connétable de Bourbon.

1543. Vente de l’hôtel Saint‑Pol.

1553. Destruction par Charles Quint de la cathédrale de Thérouanne et du château de Hesdin.

1564. Démolition de l’hôtel des Tournelles par Catherine de Médicis.

1575. Château de Lusignan en Poitou.

 

XVIIe et XVIIIe SIECLES

 

LE VANDALISME EMBELLISSEUR DES CHANOINES

1610. Le maître‑autel de Saint‑Denis, enrichi par Charles‑le‑Chauve d’un antependium en or, est démembré.

1626. Le maître‑autel des Dominicains d’Avignon, donné au XVe siècle par le cardinal Jean Rolin, est remplacé par un baldaquin à la romaine.

1651. Jubé du XVe s. de l’église paroissienne de Saint‑Séverin démoli.

1682. Destructions dans la cathédrale de Strasbourg rendue an culte catholique; démolition du jubé, du maitre-autel, du Saint‑Sépulcre.

1686. Cloître de l’abbaye des Dames de Montmartre, qui datait de Philippe Auguste, démoli pour la construction d’un nouveau monastère en bas de la butte.

1699‑1715. Rhabillage du choeur de Notre‑Dame de Paris en exécution du voeu de Louis XIII, et démolition du jubé.

1704. L’évêque de Chartres fait démolir la chapelle des saints Serge et Bacche pour dégager l’entrée de son palais épiscopal.

1709. Démolition du jubé de Saint‑Merry Paris.

1710. Les chanoines de Saint‑Germain‑ l’Auxerrois font abattre le trumeau et le tympan du portail pour faciliter le passage du dais de processions,

1719. Démolition du jubé de Gisors.

  • Destruction du jubé de Saint‑Pierre de Lille.
  • Démolition de la chapelle des Valois Saint‑Denis.

1721. Fonte du retable gothique en argent de la cathédrale d’Elne en Roussillon,

1725. Démolition de l’église Saint‑Martin d’Amiens.

1728. Les vitraux peints de Saint-Germain‑l’Auxerrois sont remplacés par du verre blanc.

1734. Destruction de la collégiale gothique de la Madeleine à Besançon,

1737. Destruction du tombeau du coeur de Charles V. cathédrale de Rouen

1741. Remplacement des vitraux de Notre‑Dame de Paris par du verre blanc.

1743. Démolition du jubé de la cathédrale de Sées.

1745. Transformation du choeur de Saint‑Germain‑l’Auxerrois par l’architecte Baccarit et son beau‑frère le sculpteur Vassé ; le jubé est abattu, le clocher découronné de sa flèche.

  • Destruction du réfectoire de l’abbaye cistercienne de Fontenay en Bourgogne.
  • Destruction du portail à statues‑colonnes de la cathédrale Saint‑Maurice d’Angers.

1747. Démolition de deux églises parisiennes dans l’île de la Cité: Sainte‑Geneviève‑la‑Petite et l’ancien baptistère Saint‑Jean‑le‑Rond accolé à NotreDame.

1748. A la Trinité de Fécamp, la façade du XIIIe siècle est remplacée par un frontispice de style classique.

1750. Démolition du cloître de la cathédrale de Metz pour élargir la place d’Armes.

1752. Réfection en style baroque du choeur de Saint‑Merry par les frères Slodtz.

  • Suppression du jubé de la cathédrale Saint‑Etienne de Beauvais.

1756. Le clocher de Notre‑Dame de Corbeil est abattu.

1757. Démolition de la Sainte‑Chapelle de Bourges. Enfouissement du jubé de la cathédrale. Onze hauts‑reliefs ont été retrouvés, malheureusement très mutilés, en 1850.

1760. Bris des vitraux du choeur de la cathédrale de Bourges.

1761. Destruction de l’église abbatiale de La Daurade à Toulouse. L’antique basilique, célèbre par ses mosaïques du vil siècle à fond d’or, est démolie de fond en comble par les bénédictins «pour cause de vétusté».

1762. Démolition du jubé de la cathédrale de Sens.

1763. Démolition, du jubé de la cathédrale de Chartres.

1766. Massacre de la cathédrale d’Autun: démolition du portail latéral nord, du jubé et du tombeau de saint Lazare.

1767. L’église Saint‑Nicolas‑du‑Louvre affectée â un atelier de menuiserie.

1768. Destruction de la statue de saint Christophe. Cathédrale d’Auxerre.

1770. A Avignon démolition de la partie supérieure des deux tourelles encadrant la porte d’entrée du palais des Papes.

1771. Trumeau et linteau du portail central de la façade de la cathédrale Notre‑Dame de Paris abattus par Souf­lot pour livrer passage au dais des processions.

1777. Démolition de l’église parisienne Sainte‑Catherine‑du‑Val‑des‑Ecoliers, dans le quartier du Marais.

1778. Démolition de l’église Saint‑Sauveur de Paris dont la chapelle de la Vierge avait été décorée par J.‑B. Lemoyne et Nicolas Coypel.

  • Destruction du labyrinthe incrusté dans le pavement de la cathédrale de Reims.

1780. Placage d’une nouvelle façade sur la nef tronquée de l’église du Mont‑saint‑Michel.

1782. Les figures nues des Damnés au tympan du portail du Jugement dernier à la cathédrale de Reims sont martelées sur ordre du chapitre «pour cause d’indécence ».

1784. Démolition de l’abbaye de la Victoire, près de Senlis, à la requête de l’archevêque de Reims.

1785. Démolition du jubé de l’église abbatiale de Saint‑Victor à Paris.

1786. Destruction, par ordre du chapitre, de la statue colossale de saint Christophe à Notre‑Dame de Paris. Dèmolition de la chapelle de Saint‑Eloi ou des Orfèvres.

  • Embellissements du choeur de la cathèdrale de Sées; maître‑autel à la romaine,

1787. Sectionnement des gargouilles Notre‑Dame qui dépassaient le nu des murs.

1789. Jubé de la cathédrale de Limoges déplacé par Monseigneur d’Argentré.

 

LE VANDALISME ROYAL

1591. Démantèlement, par ordre d’Henri IV, du donjon de Lavardin.

1594. Du château de la Ferté‑Milon.

1598. Du château de Domfront.

1603. De Château Gaillard.

1617. Démantèlement de Pierrefonds par ordre de Louis XIII. Château du Mans rasé.

1622. Démantèlement du château de Pons‑en‑Saintonge.

1629. Richelieu fait sauter le donjon Josselin en Bretagne. Démolition des châteaux de Loudun, Chinon, Champigny‑sur‑Veude, pour faire place au château de Richelieu.

1631. Démantèlement des Baux.

1632. Démantèlement du château de Beaucaire.

1634. Chateau de Montpensier à Aigueperse rasé par Richelieu.

1652. Mazarin fait abattre à Paris la Tour de Nesle et sauter à la mine l’intérieur du donjon de Coucy.

1677. Démolition des Piliers de Tutelle à Bordeaux pour agrandir la Bastille du Château Trompette. Les remparts d’Antibes sont construits par Vauban avec les débris du théâtre romain «pour commodité des pierres sur le lieu».

1689. Fonte des meubles en argent massif de Versailles,

1709. Nouvelle fonte de la vaisselle d’or et d’argent de la Couronne.

1725. Louis XV fait démolir la Belle Cheminée d’Henri IV au château de Fontainebleau pour bâtir une salle de théâtre.

1726. Démolition du Château de Poitiers dans la ville basse par ordre de l’intendant.

1738. Destruction de la galerie d’Ulysse au château de Fontainebleau.

1752. Destruction de l’Escalier des Ambassadeurs à Versailles.

1759. Édit de Louis XV ordonnant la fonte des pièces d’orfèvrerie.

1769. Démolition du château de Clagny près de Versailles construit en 1680 sur les plans de Jules‑Hardouin Mansart pour la marquise de Montespam

1771. Démolition de l’hôtel de ville Renaissance de Châlons‑sur‑Marne.

1774. Destruction de l’arc de triomphe érigé à Tours en l’honneur de Louis XIV.

1777. Démolition du Château Neuf de Saint‑Germain‑en‑Laye par le comte d’Artois.

1780. Destruction de la Pfalz de Strasbourg, ancien Hôtel de Ville.

1783. Démolition du Petit Châtelet à Paris.

  • Destruction des portes de I ‘enceinte de Dijon.

1785. Démolition du Château Trompette, la Bastille de Bordeaux.

1786. Louis XVI autorise la démolition du palais des comtes de Provence à Aix.

1787. Démolition du château de Madrid par ordre de Louis XVI.

 

LE VANDALISME SEIGNEURIAL

1666. Le marquis de Rostaing sacrifie son château de Bury à celui d’Onzain.

1736‑1740. Le duc de Chevreuse préfère démolir le château de Coulommiers-en‑Brie plutôt que de payer des réparations.

1758. Destruction du château de La Mosson. construit par Giral près de Montpellier.

1760. Démolition du château de Verneuil‑sur‑Oise construit au XVIe siècle par Jacques Androuet du Cerceau.

1768. François‑Emmanuel de Crussol, duc d’Uzès, fait démolir trois ailes du château d ‘Assier en Quercy pour vendre les matériaux.

1776‑1783. Démolition du château Verger en Anjou, par ordre du cardinal de Rohan.

1779. Démolition du château de Fère‑en-Tardenois par le duc d’Orléans.

1786. Industrialisation des ruines château de la Mosson.

1787. Démolition de l’aile de l’entrée du château d’Ecouen.

1788. Mise en vente avec clause de démolition du château de Bonnivet en Poitou.

  • Vente des ruines du château d’Assier

 

REVOLUTION ET EMPIRE

 

LE VANDALISME REVOLUTIONNAIRE (1789‑1800)­

1789. Démolition de la Bastille (l4juillet).

1790. Saccage du couvent des Célestins.

  • Suppression de la Chartreuse.
  • Suppression de l’abbaye de Saint‑Magloire.
  • Démolition de Saint‑Julien‑des‑Ménétriers.
  • Incendie du château de la Tour d’Aigues (Vaucluse).
  • Mise en vente de l’abbaye de Montmajour.

1791. Démolition de nombreuses églises de Paris. Dans la Cité: Saint‑Bartélémy, Saint‑Pierre‑des‑Arcis, La Madeleine. Sur la rive droite: les Minimes, Saint‑Josse, Saint‑Nicolas‑du‑Louvre, le Saint‑Sépulcre, Sainte‑Marie‑!’Egyptienne.

  • Laïcisation de Sainte‑Geneviève, transformée en Panthéon.
  • Commencement de démolition du donjon de Vincennes (28 février).
  • Démolition de Saint‑Lucien à Beauvais
  • Destruction de l’église abbatiale de Royaumont.
  • Démolition de la chapelle de la Sainte‑Chandelle d’Arras.
  • Démolition du jubé de Saint‑Ouen de Rouen.
  • Chartreuse de Bourbon‑les‑Gaillon dépecée par l’architecte Victor Louis.
  • Destruction à Rouen de l’église Saint‑Etienne des Tonneliers.
  • Démolition de la Rotonde romane de Saint‑Bénigne de Dijon.
  • Démolition de Saint‑Martin‑des‑Choux à Blois.
  • Destruction de l’église Saint‑Ouen de Loches
  • Destruction partielle de l’église de Beaulieu‑Iès‑Loches.
  • Vente de l’abbaye de Maillezais en Poitou.
  • Vente et démolition de Saint‑Martial de Limoges.
  • Fonte des trésors des cathédrales de Beauvais et d’Angers.

1792. Destruction de la flèche de la croisée du transept de Notre‑Dame de Paris.

  • Destruction de l’église Saint‑Etienne-des‑Grès.
  • Démolition du cloître Saint‑Benoît (des Mathurins).
  • Saccage du palais des Tuileries (10 août)
  • Pillage de l’Hôtel de Ville.
  • Démolition de la porte Saint‑Bernard.
  • Mise en vente et démolition du château de Madrid (27 mars).
  • Adjudication des deux châteaux de Choisy‑le‑Roi.
  • Vente du mobilier de Versailles.
  • Vente de l’abbaye de Saint‑Wandrille (17 juin).
  • Vente de l’abbaye de Dammarie‑les‑Lys qualifiée de repaire de nonnes.
  • Mise en vente de l’abbaye du Paraclet (14 novembre).
  • Démolition du jubé de Vézelay.
  • Démolition des trois clochers romans de Saint‑Étienne de Nevers.
  • A Souvigny, les trois flèches des cloches sont rasées, les tombeaux des ducs de Bourbon mutilés.
  • Saccage des couvents des Dominicains et des Célestins d’Avignon.
  • Démolition de la grande grille du choeur de la cathédrale de Strasbourg, forgée par le ferronnier Pertois.

1793. Statue d’Henri IV sur le Pont-Neuf.

  • Statue de Louis XIII sur la place Royale abattue le Il octobre.
  • Statue pédestre de Louis XIV sur la place des Victoires (11 août).
  • Statue équestre de Louis XIV sur la place Vendôme.
  • Destruction des statues de Louis XIV â Dijon, Rennes, Lyon, Poitiers.
  • Renversement de la statue équestre de Louis XV sur la place de la Concorde.
  • Statue équestre de Louis XV à Bordeaux (25 août).
  • Statues pédestres de Louis XV sur les places Royales de Reims, Nancy, Valenciennes.

 

À Paris et environs

  • À Notre‑Dame de Paris, destruction de la galerie des Rois de Juda pris pour des rois de France, de la statue équestre en bois de Philippe le Bel.
  • Démolition de la flèche de la sainte-Chapelle.
  • Bris des statues‑colonnes du portail roman de Saint‑Germain‑des‑Prés.
  • Démolition du couvent des Chartreux.
  • Fonte de la châsse de Sainte‑Geneviève (23 novembre).
  • Violation des tombeaux royaux de Saint‑Denis (6 août).
  • Trésor de Saint‑Denis amené à la Convention (11 novembre).
  • Saccage des abbayes cisterciennes des Vaux‑de‑Cemay et de Longpont.
  • Effacement des emblèmes royaux au Louvre et aux Tuileries.
  • Dispersion du mobilier de Marly.
  • Vente du mobilier de Rambouillet.

 

En province

  • Destruction à Soissons des abbayes de Notre‑Dame, de Saint‑Médard et de Saint‑Crépin.
  • Mutilation des portails de la cathédrale de Sentis.
  • Mutilation de la cathédrale de Beauvais (3 octobre).
  • Destruction de l’abbatiale Saint‑Lucien de Beauvais et dispersion de ses stalles.
  • La Vierge Noire de Boulogne‑surMer est brûlée.
  • Projet de démolition des stalles d’Amiens.
  • Démolition de l’église Saint‑Nicaise de Reims.
  • Destruction du tombeau de saint Remi à Reims.
  • Destruction de l’abbaye bénédictine d’Hautvilliers en Champagne.
  • Destruction des tombeaux en cuivre émaillé des comtes de Champagne dans la collégiale Saint‑Étienne de Troyes.
  • Démolition des abbayes de Notre‑Dame‑aux‑Nonnains et de Saint‑Loup à Troyes.
  • Belle Croix, en bronze doré, de Troyes brisée et fondue.
  • Démolition du château de Joinville.
  • Démolition des trois flèches de l’église Notre‑Dame et du jubé de la cathédrale Saint‑Étienne à Châlons‑sur‑Marne.
  • Ruine de l’abbaye de Clairvaux transformée en verrerie.
  • Destruction de l’abbaye de Cîteaux et de l’abbaye cistercienne de Morimond en Bassigny.
  • Saccage de la Chartreuse de Champmol‑lès‑Dijon.
  • Destruction de l’église Saint‑Fortunat à Charlieu.
  • Bris des statues du portail de Villeneuve‑sur-Yonne.
  • Mutilation du tombeau des Bourbons à Souvigny.
  • Destruction du tombeau du cardinal Duprat dans la cathédrale de Sens.
  • Destruction du monument funéraire du seigneur de Pesmes (Franche‑Comté)
  • Proposition de raser la flèche de la cathédrale de Strasbourg.
  • Donjon du château de Caen abattu.
  • Incendie du château de La Ferté-Vidame (Eure),
  • Destruction des tombeaux de Saint-Pierre de Lisieux.
  • Saint‑Martin de Tours transformé en écurie.
  • Mutilation du tombeau d’Agnès Sorel à Loches.
  • Pétition pour la démolition du château de Chambord.
  • Destruction du château de Clisson pendant la guerre de Vendée. Les tapisseries du Mans servent au transport des blessés.
  • Mutilation du tombeau de Jean de Berry à Bourges.
  • A Clermont, démolition des deux clochers de Notre‑Dame‑du‑Port.
  • Destruction du Saint Sépulcre de la cathédrale de Tulle (29 novembre).
  • Ruine de l’abbaye d’Alet en Languedoc.
  • Démolition du palais Galien (amphithéâtre romain) à Bordeaux.
  • Flèche de la tour Pey‑Berland (campanile de la cathédrale) abattue (3 juin).
  • Saccage du cloître de Saint‑Michel de Cuxa en Roussillon.
  • Démolition partielle du château de Grignan.

1794. Raffinerie de salpêtre installée dans la nef de Saint‑Germain‑des‑Prés

  • Mise en vente de l’abbaye des Dames de Montmartre.
  • Dévastation de Notre‑Dame de Mantes.
  • Mutilation des portails de Saint‑Bénigne et de Notre‑Dame de Dijon.
  • Saccage de Notre‑Dame de Semur.
  • Saccage de l’abbaye cistercienne de Pontigny: les grilles du choeur sont converties en piques et les chandeliers en canons.
  • Destruction de 235 statues â la cathédrale de Strasbourg.
  • Saccage de la cathédrale de Coutances.
  • Destruction du mausolée de saint Yves dans la cathédrale de Tréguier.
  • Projet de démolition du château de Combourg.
  • Mutilation à coups de sabre du tombeau du roi René dans la cathédrale d’Angers.
  • Ruine du château de Clisson.
  • Destruction des trois clochers et du jubé (grand poulpitre) de la cathédrale de Clermont‑Ferrand.
  • Mutilation du portail méridional de la cathédrale Saint‑André de Bordeaux.
  • Destruction de 70 statuettes du jubé de la cathédrale Sainte‑Cécile d’Albi.
  • Destruction partielle de l’abbaye Saint-Michel de Cuxa en Roussillon.
  • Fonte de la châsse en argent de saint Claude et brûlement de ses reliques (19juin).

1795. Démolition de l’abbaye de Longchamp dans le bois de Boulogne.

  • Incendie du Château Vieux de Meudon.
  • Mise en location de la cathédrale de Metz.
  • Flèche du clocher des Jacobins deToulouse, déjà abattue pendant les guerres de religion, démolie pour la seconde fois.
  • Destruction du mausolée de saint Thomas d’Aquin.
  • Flèche de l’église de la Dalbade à Toulouse abattue «en signe d’égalité».

1796. Saccage du dôme des Invalides.

  • Démolition de la rotonde et du cloître de l’église du Temple.
  • Démolition de la chapelle Saint‑Yves à Paris.
  • Démolition du château de Saint‑Maur‑les‑Fossés.
  • Vente du château de Bellevue.
  • Destruction de la cathédrale de Cambrai.
  • Démolition du monastère de Saint-Denis de Reims.

1797. Démolition à Paris de Saint‑Jacques‑la‑Boucherie, des églises des Grands‑Augustins et des Bernardins.

  • Démolition du cloître des chanoines de la cathédrale de Reims.
  • Démolition du cloître de l’église Saint‑Maurice d’Épinal.
  • Démolition de Notre‑Dame de Soissons.
  • Le château de GailIon est dépecé par la Bande noire: Lenoir réussit à sauver le portail, le bas‑relief de saint Georges et les stalles de la chapelle.
  • Mise en vente de l’abbaye de Jumiéges. Démolition du cloître et du dortoir.
  • Écroulement de Saint‑Martin de Tours.
  • Démolition partielle de la collégiale Sainte‑Eugénie de Varzy (Nièvre).
  • Les grilles en fer forgé du château de Maisons transportées à Paris et remontées au Louvre.
  • Brûlement des tapisseries de la Couronne (18 avril et 2 juin).

1798. Démolition du réfectoire de Saint‑Germain‑des‑Prés, chef‑d’oeuvre de Pierre de Montreuil.

  • Démolition de l’abbatiale cistercienne de Maubuisson, près de Pontoise.
  • Destruction des jubés de la cathédrale et de Saint‑Père de Chartres, de la collégiale Saint‑Étienne de Dreux.
  • Mise en vente de l’église et des bâtiments conventuels de Saint‑Nicaise à Reims.
  • La flèche nord de Notre‑Dame de l’Épine, près de Châlons‑sur‑Mame, est rasée pour installer sur la souche le télégraphe aérien de Chappe.
  • Démolition de l’église Saint‑Mayeul à Cluny.
  • Mise en vente de la cathédrale Saint‑Étienne d’Agen.
  • Démolition des châteaux de Sceaux et de Montceaux‑les‑Meaux.
  • Saccage du château d’Anet. Lenoir achète la façade monumentale du grand corps de logis et la Fontaine de Diane.
  • Mise en vente du château de Tourves en Provence.

1799. Projet de transformation de la cl-devant abbaye de Saint‑Denis en marché couvert (16 août).

  • Démolition des cathédrales d’Arras et de Boulogne‑sur‑Mer, de la Collégiale Saint‑Pierre de Lille.
  • Vente de l’abbaye bénédictine de Saint‑Bertin à Saint‑Omer.
  • Destruction presque totale de la cathédrale Saint‑Vincent à Mâcon.
  • Vente du château de Many.
  • Adjudication du chateau de Chantilly  à la Bande noire.

 

LE VANDALISME NAPOLEONIEN (1800­-1815)

1800. Démolition de l’église Saint‑André‑des‑Arts à Paris (1800‑1808).

  • Démolition de l’église Saint‑Jean‑en‑Grève (1800‑l 802).
  • Démolition de l’abbaye de Cluny (1800‑1811).

1801. Démolition du clocher de l’abbatiale Saint‑Martin de Nevers.

  • Démolition du château de Gaillon.

1802. Destruction de la chapelle de la Vierge à Saint‑Germain‑des‑Prés et de l’église des Cordeliers.

  • Démolition du Grand Châtelet.
  • On fait sauter a la mine le choeur et la tour‑lanterne de l’église de Jumièges.
  • Écroulement de la tour centrale de l’abbaye de Saint‑Evroul (Orne).
  • Achèvement de la destruction de Saint‑Martin de Tours.
  • Démolition du château de Châteauneuf‑sur‑Loire.

1803. L’abbé de Valleville fait abattre le jubé de la Trinité de Fécamp pour «dégager» l’intérieur de l’église.

  • La Sainte‑Chapelle de Paris affectée à un dépôt d’Archives judiciaires.
  • Destruction du réfectoire de l’abbaye Saint‑Bénigne de Dijon.
  • Destruction de l’abbaye Saint‑Florent‑lès‑Saumur.
  • Amputation de la nef de Saint‑Eutrope â Saintes.
  • Adjudication de la démolition du Château Vieux de Meudon.
  • La partie centrale du château de Liancourt est abattue ainsi que le château de Challeau.

1804. Destruction de la Galerie Médicis, décorée par Ruhens, au palais du Luxembourg, remplacée par l’escalier d’honneur de Chalgrin.

  • Démolition du Saint‑Sépulcre de Parthenay.
  • L’abbaye de Fontevrault transformée en maison de détention.
  • Restauration désastreuse de la cathédrale de Bordeaux et dépose du jubé.
  • Démolition de la cathédrale Saint-Étienne d’Agen.

1805. Destruction du cloître de la cathédrale Saint‑Maurice de Vienne.

  • Vente et démolition du château de Richelieu.

1806. Démolition des églises parisiennes des Capucines et de Saint‑Marcel.

  • Napoléon refuse d’acheter les châteaux de Marly et de Meudon.
  • Destruction du château des comtes de Champagne à Troyes.
  • Démolition de l’abbaye Notre‑Dame de Bourgmoyen à Blois.
  • Mutilation du château d’Amboise. Démolition par Roger Ducos, collègue de Bonaparte sous le Consulat, du pavillon de la reine Blanche et du logis des Sept Vertus.

1807. Démolition de l’église Sainte-Geneviève de Paris pour le percement de la rue Clovis.

  • Démolition de l’église Saint‑Hippolyte,  (commencée en 1790).
  • Démolition de l’abbaye Saint‑Jean-des‑Vignes à Soissons.

1808. Napoléon fait raser le donjon du Temple et démanteler les tours du château de Vincennes.

  • Amputation de la basilique Saint-Hilaire de Poitiers.
  • Ruine de l’abbaye de la Couronne près d’Angoulême.
  • Démolition de l’église Saint‑Côme de Narbonne.

1809. Écroulement (30 janvier) de la tour de la cathédrale de Cambrai.

  • Démolition de l’église Saint‑Louis-du‑Louvre pour le déblaiement de la place du Carrousel.

1810. Démolition de l’église Saint-Denis‑de‑la‑Chartre à Paris.

  • Destruction de la nef de l’abbatiale Saint‑Germain d’Auxerre,
  • Le clocher de l’église Saint‑Laurent de Rouen.

1811. Destruction de l’abbaye de Saint‑Victor remplacée par la Halle aux Vins.

  • Démolition de Saint‑Louis du Louvre.
  • Démolition des pavillons de Marly.

1812. Destruction des cloitres toulousains de Saint‑Étienne, Saint‑Sernin, La Daurade.

  • Cloître de la cathédrale d’Angoulême rasé.

1813. Démolition de l’église Saint‑Denis‑du‑Pas et du couvent des Carmes de la place Maubert.

1814. Incendie du château de Pont‑sur-Seine par les troupes allemandes sous le commandement du prince de Wurtemberg.

 

De 1814 à 1914

 

RESTAURATION ET MONARCHIE DE JUILLET (1814-1848)

 

Restauration

1815. Écroulement des voûtes de l’église de la Toussaint à Angers.

1816. Liquidation du musée des Monuments français.

  • Le général Christophe, propriétaire de l’abbaye des Vaux‑de‑Cernay, fait sauter à la mine, pour divertir ses hôtes, ce qui restait de l’église et du dortoir des religieux.

1817. Écroulement du clocher de l’église Saint‑Mexme à Chinon.

1818. Démolition de l’abbaye de Marmoutier à Tours.

  • Restauration déplorable du baptistère de Riez (Basses‑Alpes).

1819. Démolition de l’église Notre‑Dame de Corbeil.

  • L’église de l’abbaye de Clairvaux est rasée.

1820. Le pignon du croisillon nord du tansept de la cathédrale de Bordeaux, restauré par Combes, s’écroule.

  • Le clocher‑porche de l’abbaye bénédictine Saint‑Georges à Rennes est abattu.
  • Démolition du portail à statues‑colonnes de Notre‑Dame de Corbeil.

1821. Destruction de l’abbaye de Grandmont en Limousin.

1822. Arasement des deux clochers latéraux encadrant le choeur de Saint‑Germain‑des‑Prés.

  • Démolition de l’église des Théatins (Sainte‑Anne‑la‑Royale).
  • Sacrifice expiatoire de l’Opéra de la rue Richelieu après l’assassinat du duc de Berry.
  • Démolition du choeur, du transept et de la flèche de l’église de Longpont, prés de Montlhéry.
  • Achèvement de la destruction du château de Chilly‑Mazarin près de Long­jumeau.

1823. Démolition de l’hôtel Thélusson à Paris.

  • Louis XVIII refuse d’acheter le château de Bellevue.
  • Démolition par la bande noire du château de Chanteloup près d’Amboise.
  • Démolition du porche de Saint‑Sauveur de Figeac.
  • Démolition de l’abbaye de Sainte-Marie d’Aulps (Savoie).
  • Mutilation du pont fortifié de Châtellerault.

1824. Destruction de l’église Saint‑Jean‑de‑Latran à Paris.

  • Démolition de la Grande Maison au Grand‑Andely  et exportation des sculptures en Angleterre.

1826. Démolition de l’église Saint‑Wulphy à Rue.

  • Démolition du château de Blérancourt (Aisne).

1827. Démolition de l’étage supérieur du cloître d’Elne en Roussillon.

  • Destruction de l’Hôtel‑Dieu de Caen.
  • La municipalité de Chezal‑Benoît (Cher) démolit le choeur et le transept de l’église pour éviter des frais de réparation.

1829. Démolition de l’église Saint‑Landry à Paris, dans l’île de la Cité, où se trouvait le tombeau du sculpteur Girardon.

  • Démolition de la façade et de quatre travées de la nef de Saint‑Yved de Braine.

1830. L’architecte départemental démolit le cloître de Conques.

  • A Déols en Berry, destruction d’un portail roman et de la chapelle N.‑D.-des‑Miracles pour empierrer les chaussées.

 

Monarchie de Juillet

1831. Saccage du palais archiépiscopal de Paris (14 février) ; destruction de la sacristie de Notre‑Dame et pillage du trésor.

  • Saccage de l’église Saint‑Germain-l’Auxerrois par la populace.
  • La nef gothique de l’église des Augustins de Toulouse est défigurée pour être convertie en Temple des Arts.

1832. Démolition de la porte Saint-Jacques â Troyes.

  • Portail de l’église Saint‑Yves de Braine démonté.

1833. Restauration désastreuse de Saint-Denis par l’architecte Debret.

  • La Chartreuse de Champmol‑lès‑Dijon devient un asile départemental d’aliénés.
  • Le clocher de l’ancienne abbatiale Saint‑Paul de Besançon est arasé au niveau de la toiture de la nef
  • Démolition du château Renaissance de Sarcus en Beauvaisis.

1834. Restauration destructrice des fresques Renaissance du château de Fontainebleau par Abel de Pujol et Alaux.

  • Lotissement philanthropique par le banquier Laffite du parc du château de Maisons.
  • Démolition de la Douane de Rouen, décorée par Coustou, pour élargir le quai de la Seine.

1835. Sabotage des statues des portails de la cathédrale de Bourges par le restaurateur Caudron.

  • Exportation en Angleterre des sculptures de Saint‑Remi d’Amiens,
  • Démolition du château de Navarre, près d’Evreux.

1836. Le service des Ponts et Chaussées ampute l’église Notre‑Dame‑sur‑l’Eau de Domfront pour élargir une route.

  • Démolition de l’église Saint‑Côme à Paris.

1837. Démolition de Saint‑Pierre-aux‑Boeufs dans la Cité. Le portail est remonté à la façade de Saint‑Séverin.

1839. Réfection caricaturale des tympans latéraux de la façade Saint‑Denis par le sculpteur Brun.

1840. Démolition de l’hôtel de Bretonvilliers dans l’île Saint‑Louis pour construire le Pont Sully.

  • Destruction du château de Crécy, près de Dreux.
  • Amputation du cimetière des Alyscamps à Arles par le Chemin de fer de Lyon à Marseille.
  • Les ruines de l’Abbaye de Saint-Bertin à Saint‑Omer servent de carrières un entrepreneur pour bâtir l’Hôtel de Ville.

1841. Démolition de l’hôtel de La Trémoille à Pads.

1842. L’arc de triomphe de la porte du Bois, à l’entrée du château de Vincennes, est masqué par des casemates.

1843. Démolition de l’abbaye Saint-Sauveur à Nevers.

  • Mise en vente par l’administration des Domaines des tapisseries de l’Apocalypse  d’Angers.

1844. On démolit la tour nord de la façade de Notre‑Dame de Mantes.

1845. Affectation du couvent des Bernardins de Paris à une caserne de pompiers.

  • Restauration déplorable des statues colonnes du portail de la cathédrale de Senlis.
  • Remaniement arbitraire de la façade de Saint‑Ouen à Rouen,
  • Démolition de l’église et de trois galeries du cloître de l’abbaye du Val près de Pontoise.
  • Déplacement de l’Arc de Triomphe de Germanicus formant l’entrée du pont de Saintes, réédifié sur le quai de la Charente.

1846. Écroulement de la tour nord de Saint‑Denis par suite des malfaçons de Debret.

  • Dépose de la façade de Saint‑Nicolas de Civray.
  • Restauration pitoyable de la Galerie François lr au château de Fontainebleau.
  • Destruction des peintures du Primatice et de Niccolo dell’Abbate dans la chapelle de l’hôtel de Guise (Archives nationales).

1847. Démolition de l’église des Célestins.

1848. Pillage des Tuileries.

  • Saccage du Palais‑Royal.
  • Incendie du château de Neuilly appartenant à Louis‑Philippe.
  • Démolition de la façade de Saint-Martin d’Angers.
  • La municipalité de Poitiers propose la démolition du temple Saint‑Jean.

 

SECOND  EMPIRE (1850‑1870)

1851. Tatouage de Notre‑Dame‑la‑Grande à Poiriers.

1852. Démolition de la tourelle de la place de Grève à Paris. Restaurations excessives de la Cité de Carcassonne par Viollet‑le‑Duc.

  • Restauration radicale de Saint‑Front de Périgueux par Abadie.

1853. Démolition de l’hôtel du Grand  Prieur dans l’enclos du Temple.

  • Restaurations de Boeswillwald à la cathédrale de Laon: massacre des sculptures des portails.
  • Vente du musée espagnol de Louis-Philippe à Londres.

1853‑1870. Eventrement du vieux Paris par Haussmann.

1854. Démolition des églises Saint-Jean de Latran, Sainte‑Opportune et Saint‑Benoît‑le‑Bestourné à Paris.

1855. Destruction par Lefuel, sur l’ordre du ministre d’État Fould, de l’escalier du musée Napoléon construit en 1812 par Percier et Fontaine.

  • Démolition du pavillon de chasse de Saint‑Hubert construit par Gabriel.

1857. Remplacement des Arènes romaines de Poitiers par un marché couvert.

  • Démolition de l’église Saint‑Martin de Vendôme.
  • Du cloître de Saint‑Barnond de Romans.

1858. L’abside de l’église Saint-Leu-Saint-Gilles de Paris est remplacée par un chevet plat pour le percement du boulevard Sébastopol.

  • Dégradation de l’Hôtel Jacques‑Coeur de Bourges aménagé en Palais de Justice.

1860. Démolition du cloître de Notre‑Dame‑la‑Grande Poitiers.

  • Démolition du cloître gothique de la cathédrale d’Agde.
  • Restaurations d’Abadie à Sainte‑Croix de Bordeaux.
  • Destruction de la plupart des Propylées (barrières d’octroi) de Ledoux.
  • Démolition de l’Arc de Triomphe du pont sur la Garonne à Toulouse.

1861. Démolition du château de Bercy et dispersion des boiseries.

  • Démolition du Bureau des Drapiers, rue des Déchargeurs. La façade a été remontée dans la cour du musée Camavalet.
  • Démolition de l’hôtel de La Guimard construit par Ledoux.

1862. Dispersion de la Galerie Campana.

1863. Réfection complète du château de Pierrefonds par Viollet‑le‑Duc.

1865. Haussmann ampute l’église Saint‑Laurent de ses deux premières travées pour aligner la nouvelle façade sur le boulevard de Strasbourg.

1866. Démolition du jubé de la cathédrale Saint‑Étienne à Toulouse.

  • Restauration radicale par Abadie de la façade romane de la cathédrale d’Angoulême.

1867. Restauration excessive de la chapelle carolingienne de Germigny‑des‑Prés par Lisch.

  • Abbatiale de Saint‑Matthieu (Finistère) à ciel ouvert.
  • Démolition du pavillon de chasse de Saint‑Hubert, dans la forêt de Ranibouillet.

1869. Le groupe de la Danse de Carpeaux est maculé d’encre par un tartufe.

1870. Abadie démolit le cloître de la cathédrale Saint‑André de Bordeaux pour lui substituer des sacristies de sa façon.

 

LA GUERRE DE 1870 ET LES INCENDIES DE LA COMMUNE

1870. Bombardement de la cathédrale Strasbourg (24 août).

  • Incendie du Temple neuf et destruction de la bibliothèque avec le célèbre manuscrit enluminé de l’Hortus Deliciarum.
  • Destruction du musée de peinture et sculpture de l’Aubette.
  • Siège de Paris.
  • Incendie du château de Saint‑Cloud (3 octobre).
  • Incendie du Château Neuf  de Meudon.

1871. Ravages de la Commune: Renversement de la colonne Vendôme (16 mai).

  • Incendie des Tuileries (24 mai).
  • Incendie de l’Hôtel de Ville. Destruction des plafonds d’lngres et de Delacroix, de la bibliothèque et des Archives de la Seine.
  • Incendie du ministère des Finances.
  • Incendie de la Cour des comptes. Destruction des fresques de Chassériau.
  • Incendie du palais de la Légion d’honneur.
  • Incendie de la Bibliothèque du Louvre, de la Manufacture des Gobelins.
  • Tentative d’incendie de Notre‑Dame (26 mai).

 

LA TROISIÈME REPUBLIQUE (1870-1914)

1872. La Commission municipale de Lille vote la démolition de la Porte de Paris.

  • Dépècement du château de La Bastie d’Urfé en Forez.
  • Dispersion de la Collection Campana.

1878. Le Château Neuf de Meudon est défiguré pour servir d’Observatoire.

1881. Mutilation de la chapelle du château de Pagny. Chancel transféré à Paris dans la collection Foulc, puis au musée de Philadelphie.

1882. Démolition des ruines du palais des Tuileries votée le 4 décembre par la chambre des députés.

  • Vente et dispersion des sculptures du château de Montal (Lot).

1883. Démolition de l’église Saint-Fulgent (XIIe siècle) à Bourges.

1891. Ruines du château de Saint‑Cloud  rasées.

1892. A Agen, démolition de l’église Sainte‑Foy (XIIe siècle), élevée à l’endroit où la sainte aurait subi le martyre.

1895. Démolition partielle à la dynamite des remparts d’Antibes construits par Vauban.

1897. Legs de la collection Wallace, formée à Bagatelle, à la nation anglaise.

1898. Ruines de la Cour des comptes rasées pour la construction de la gare d’Orsay.

  • Démolition de la Galerie des Machines.

1900. Lotissement des terrains en bordure du Champ‑de‑Mars.

1902. La municipalité de Tonnerre demande la transformation de l’Hôpital du XIIIe siècle en Marché couvert.

1904. Démolition du Pont Neuf de Cahors, fortifié comme le pont Valentré.

  • Destruction des restes de Saint‑Evremond de Creil.

1906. Démolition de l’Abbaye‑aux-Bois, à Paris.

  • Vente de l’Ange du Lude exporté à New York.

1907. Le génie militaire rase le cloître de la Trinité de Vendôme.

1908. Démolition de la Tour Dagobert, vestige du cloître Notre‑Dame à Paris.

  • La Compagnie du Gaz de Besançon démolit le choeur et le transept de l’abbatiale Saint‑Paul pour agrandir son usine.

1909. Démolition de l’hôtel de Luynes, construit en 1650 par Le Muet dans le faubourg Saint‑Germain et décoré de fresques par les Brunetti.

1912. Transfert du cloître de Saint-Michel de Cuxa au musée des cloîtres de New York.

  • Démolition du cloître de l’ancien couvent des Minimes de la place Royale dans le quartier du Marais.

 

 

De 1914 à 1958

 

LA PREMIÈRE GUERRE MONDIALE (1914-1918)

1914. Premier bombardement de Reims (3 septembre).

  • Incendie de la façade de la cathédrale ((9 septembre).
  • Destruction d Arras (21 octobre). L’hôtel de ville et le Beffroi pulvérisés; les deux places à arcades en ruines.
  • Ruine partielle des cathédrales de Soissons et de Noyon.

1917. Les Allemands en retraite font sauter le château de Ham et le donjon de Coucy.

  • Ils minent les piliers de la collégiale de Saint‑Quentin (15 août).
  • Destruction de l’ancienne abbatiale de Nesle‑en‑Vermandois,
  • de l’église Saint-Eloi à Tracy‑le‑Val.

1918. Incendie de Saint-Rémi de Reims.

  • Bombardement de l’église Saint‑Gervais à Paris le Vendredi saint (29 mars) par un canon à longue portée du type Bertha (Krupp).

 

L’ENTRE‑DEUX‑GUERRES (1918-1939)

1920‑1940. Enlaidissement de Nantes.

1913. Démolition de la Chancellerie d’Orléans près du Palais‑Royal pour permettre à la Banque de France de s’agrandir.

1925. Les travaux du port autonome de Bordeaux marquent la Garonne.

1926. Démolition du château de Conflans.

  • Un vandale fait sauter le bâtiment principal des Salines de Chaux.
  • Exode en Amérique des statues de Saint‑Martin d’Angers.

1927. Exportation à Philadelphie des sculptures de la Chapelle de Pagny.

1928. Ecroulement de la Tour Charlemagne, vestige de l’abbatiale Saint-Martin de Tours.

1931. Démolition de l’hôpital Saint-Lazare à Paris.

  • La salle capitulaire de l’abbaye de Pontaut (Landes) exportée au musée des Cloîtres de New York.

1938. Le cloître des Dominicains de Collioure est déménagé à Anglet, prés de Biarritz.

 

LA SECONDE GUERRE MONDIALE (1939-1944)

1940. Dévastation de Beauvais, Rouen, Orléans, Tours.

  • Église Saint‑Vulfran d’Abbeville bombardée et incendiée.
  • Le théâtre d’Amiens en style Louis XVI est incendié.
  • Mutilation de la cathédrale d’Evreux.
  • Incendie de l’église de la Madeleine â Châteaudun.
  • A Bordeaux, le 8 décembre, incendie des bâtiments de l’ancienne Place Royale par des bombes d’avions.
  • Incendie du château de Petit‑Bourg.
  • Destruction de la porte Guillaume à Chartres.
  • A Vendôme, hôtel de ville (ancienne porte Saint‑Georges) calciné.
  • Château de Gien: couvertures soufflées, charpentes détruites, façades endommagées,
  • Église du château rasée, sauf la tour.
  • Destruction par l’aviation italienne de l’église de Châteauneuf‑sur‑Loire et mutilation du tombeau de Phélypeaux de la Vrilliére, oeuvre d’un sculpteur italien.

1941. Cession illégale par le gouvernement provisoire de Vichy d’oeuvres d’art espagnol appartenant aux musées nationaux du Louvre et de Cluny.

1942. Porche latéral du château de Verneuil‑sur‑Oise rasé par les Allemands qui y installent une piste d’aérodrome,

1943. Destruction par les Allemands du quartier du Vieux‑Port à Marseille, aux alentours de l’hôtel de ville.

1944. Bombardement de Caen (6 juin-15 août). Écroulement de la flèche de Saint‑Pierre.

  • Ruine de la cathédrale de Saint‑Lô, de l’abbatiale de Lessay, de Saint‑Gervais de Falaise, de Saint‑Jacques de Lisieux, de Saint‑Germain et de Saint‑Marin d’Argentan.
  • Incendie du château de Thury‑Harcourt.
  • Incendie de Saint‑Malo  par les Allemands.
  • Destruction de Brest.
  • Massacre de Rouen, la ville‑musée: incendie de la tour Saint‑Romain à la cathédrale; graves dégâts à Saint‑Maclou; destruction de l’église Saint‑Vincent; incendie du Palais de justice.
  • A Chartres, les Allemands font sauter la Porte‑Guillaume.
  • Bombardement du château d’Angers.
  • Bombardement de l’église Saint‑Leu d’Esserent.
  • Destruction du Havre, de Boulogne, Calais, Dunkerque, Cambrai, Valenciennes,
  • A Douai le bombardement aérien du musée pulvérise les gisants en albâtre du tombeau des comtes de Lalaing.
  • Incendie de Saint‑Dié: cathédrale dynamitée par les Allemands (novembre1944).
  • A Strasbourg, bombardement aérien du château des Rohan et du musée de l’OEuvre Notre‑Dame. Destruction de l’église Saint‑Étienne (Il août).
  • A Vincennes, les Allemands font sauter plusieurs travées du pavillon du Roi, incendient le pavillon de la Reine.
  • Destruction des ponts de Lyon sur le Rhône et la Saône.
  • Beffroi de Bergues dynamité.

 

LA QUATRIÈME REPUBLIQUE (1944-1958)

1946. Démolition de l’Hôtel du Gouverneur â Vendôme,

1950. Écroulement de la tour non étayée de l’abbaye de Saint‑Bertin à Saint‑Omer.

  • Surélévation de la nouvelle École de médecine de la rue des Saint‑Pères à Paris.

1954. Incrustation de peintures de Braque dans les caissons sculptés dun plafond Renaissance au Louvre.

  • Démolition du vieux pont en pierre de la Guillotière à Lyon.

1956. Destruction des remparts de Besançon construits par Vauban. La porte Battant est dynamitée.

1959. Les baraquements provisoire de l’OTAN obstruent encore les jardins en terrasses du Trocadéro.

  • Le pavillon de Flore reste occupé par le ministère des finances aux dépens du musée du Louvre qui n’a pas la place d’exposer ses collections de sculpture française.

 

XXe SIECLE CINQUIEME REPUBLIQUE

 

VANDALISME MUNICIPAL

province

Liste (malheureusement non exhaustive) de patrimoine disparu, dégradé, ou dévalorisé par son entourage

 

  • 1654-1958 quartiers anciens dépecés pour la circulation : quartier Saint-Ferroy (maisons des XVIe, XVIIe et XVIIIe). Deux hôtels Renaissance (classés monuments historiques)
  • 1956 maison où Rabelais vécut deux ans (XVIe)
  • 1959 maison du XIIIe  (devenue banque)
  • 1960 monastère des Visitandines (1625)
  • 1963-64 îlot du Change (maisons Renaissance et médiévales, certaines ornées de fresques
  • 1964 chapelle néo-gothique des Missionnaires
  • 1964-75 quartiers Saint-Jacques, Outre-Seille, Saint-Nicolas
  • 1965 maisons rue de la Chèvre (XVIe XVIIe, hôtel Louis XIII)
  • 1966-70 îlot Sainte-Croix
  • 1967 château de Maurepas (XVIIe, avec décor Louis XIV intact)
  • 1967-74 quartier Pontiffroy
  • 1970 chapelle du calvaire (Resturation)
  • 1970 château du Teinchurier (XVIIIe) pour aménagement d’une ZAC
  • 1970 îlot des Halles et tout le quartier ancien (site archéologique détruit pour parc de stationnement souterrain), dont des maisons des Xve et XVIe
  • 1970 manoir de la Motte-au-Chancelier (début XVIe)
  • 1974 monastère des Filles de Notre-Dame (1689, 1757)
  • 1977 ancien Hôtel-Dieu (XVIIe XVIIIe)
  • 1979 couvent des Ursulines (XVIIe XVIII) (supermarché)

AJACCIO : quartier Saint-Jean, couvent Saint-Jacques (1612), caserne Abaytucci (1780)

  • 1989/90  En Corse, destruction des tours génoises de Ghisonaccia et Linguizetta,

ALES : 1960 quasi totalité de la ville médiévale

ANGERS : 1983  chapelle des Augustins rue Valdemaine (XVIIe)

ARRAS : destruction de deux corps de bâtiment de l’orphelinat Sainte-Agès (fin XVIIe)

AUCH : tour des comtes d’Armagnac, maisons de l’impasse Cascouille

AVIGNON : quartier de Limas-La-Balance

BEAULIEU-LES-LOCHES : maisons de bois remplacées par une usine

BORDEAUX : 1988/90 presqu’île d’Ambès

  • totalement saccagé à l’heure actuelle par les « grands projets » d’urbanisation

BOURGES : maisons XVIIe et XVIIIe siècles

BREST : ancien théâtre Louis XV démoli pour faire un immeuble de 7 étages

BRIOUDE : 1962 ancien presbytère et maisons anciennes dont celle de La Fayette pour élargisssement des rues

BRIVE : maisons anciennes

CARCASSONNE : 1966 chapelle Sainte-Croix (XIVe Xve)

CHAMBERY : centre ancien, hôtel des Lescheraines

CHATEAUROUX : 1960 hôtel de Verneuil célèbre pour son grand escalier de pierre, maison de 1749 avec tourelle d’escalier, belles maisons XIXe

  • 1988/90  Colombier à Notz, maison du Gros Caillou route de Limoges, maison Legrand rue Saint)Luc

CHEILLE : chapelle Saint-Blaise (parc de stationnement)

  • couvent de la Visitation (construction du lycéeJeanne d’Arc)
  • couvent des Récollets et sa chapelle (résidence Clémenceau)
  • couvents Marie-Auxiliatrice et des Minimes
  • démontage du plafond à solives peintes de l’hôtel de Rességuier-Duranti (grand magasin)

CRIQUETOT-L’ESNEVAL : manoir d’Azelonde (XVIe)

DIJON : 1976, pavillon Régence rue Michelet

  • 1987  démolition des parties basses du Château des Gendarmes
  • 1990  immeuble du XVIe 35 rue Chabot-Charny
  • grandes maisons bourgeoises des industriels Pernod, Lanvin, Robert Houdart

DISTROFF : château XVIIIe

DOLE : 1970  vieilles maisons, dont plusieurs de la Renaissance, de la rue Chifflot (par le maire Jacques Duhamel, plus tard ministre de la Culture !)

DRAGUIGNAN : centre ancien

ECOUFLANT : château d’Eventard (XVIe)

FAVARS : Château de La Farge (XVIIe XVIIIe)

GUEBWILLER : Château d’Angreth (XVIe)

  • Hôtel du XVIIIe rue Saint-Charles (Détruit en 1975 sur ordre de la municipalité)

LILLE ; Entre autres, quartier Saint-Sauveur, dont 3 ailes de l’hospice avec l’oratoire de la comtesse Jeanne de Constantinople (XIIIe)

LIMOGES : 1955 couvent des Carmélites (église du XIe)

  • 1988  maison de 1625

LYON : rues Mercière, de la Monnaie, du Petit-David (XVIe)

  • maison des Carmes (parc automobile)
  • maisons du XVIIe (agrandissement du centre hospitalier universitaire)

MARSEILLE : monuments XVIIe XVIIIe : couvent des Ignorantins (jeu de boules à la place), couvent du Refuge, chapelle des Carmélins, bastides, …

MASSIAC : halles de bois (XVIIIe),

MAURIAC : tour du doyenné (XVe)

METZ : Autrefois parmi les plus belles villes de France

  • 1954/58  quartier Saint-Ferroy rasé (maisons des XVIe, XVIIe, XVIIIe) dont deux hôtels classés 9 rue Saint-Ferroy et 2 rue Marcnant
  • 1956  maison où Rabelais avait enseigné la médecine
  • 1959 dernière maison du XIIIe 13 place Saint-Martin (pour une banque)
  • 1963/64  îlot du Change (maisons des XIVe, dont certaines décorées de fresques, et XVIe)
  • 1965 maisons des XVIe et XVIIe, parmi lesquelles un hôtel Louis XIII rue de la Chèvre
  • 1966/70  îlot Sainte-Croix, berceau de la ville
  • 1967/74  quartier Pontiffroy
  • 1964/75  quartier Saint-Jacques
  • 1987/88  quartiers Outre-Seille et Saint-Nicolas

NANCY : 1970 la construction d’immeubles (gratte-ciel  entre autres) défigure toutes les belles perspectives de la ville

NARBONNE : quasi totalité du quartier de la Charité

  • très récemment, disparition de vestiges archéologiques au profit d’un parking souterrain sous la nouvelle médiathèque

NEVERS : 1960 couvent de la Visitation, chapelle Saint-Nicolas, jeu de paume, carmel, maisons au confluent de la Nièvre, etc.

NIMES : 1986  façade dépecée de l’ancien théâtre pour médiathèque

  • 1986  cloître du couvent des Capucins (Louis XIV) et sacristie de l’église voisine (pour construction du centre Atria)
  • 1989  quinze immeubles rue du Mûrier d’Espagne et rue de la Ferrage (en plein secteur sauvegardé), parmi lesquels une maison du XVIIIe et une autre de la fin du Moyen Age avec un escalier à vis et des peintures murales (pour construire un centre commercial)

POITIERS : chapelle néo-romane de l’ancien collège Saint-Stanislas, et derniers vestiges du couvent des Jacobins, fondé par saint Dominique au XIIIe (une série de médaillons Renaissance envoyés à la décharge)

RENNES : quartier de Bourg-l’Evêque,

  • 1993 destruction (illégale) du donjon de Tremeven (XIIe) pour permettre l’extension d’une carrière

ROUEN : îlot de maisons à pans de bois (3 hectares) près de l’église Saint-Ouen

  • Rue de la Grande-Fusterie
  • Rue de Limas
  • Rue des Grottes
  • Maison du faïencier Potherat (XVIIIe)

SAINT-AVOLD : maisons du XVIIIe

SAINT-MICHEL-SUR-LOIRE : chapelle des noyés (élargissement du pont)

SAUMUR : centre ancien

STRASBOURG : hôtels Renaissance, dont celui de Réformateur Jean Sturm

TOULOUSE : escalier XVIIe du couvent des Minimes (élargissement de la rue)

TULLE : maisons XVIe XVIIe

VELLES : château de Courcenay (XVe)

WETTOLSHEIM : château de Martinsbourg

Etc.etc.

 

Saccage des enceintes

Disparition, amputation, dégradation, mauvaises restaurations, des dernières fortifications au profit du développement urbain :

A Bar-sur-Aube, Sermur (Creuse), Strasbourg, Tours, Toul (Vauban, classée), Eringes (Côte d’Or), Provins, Agde…

 

Massacre des banlieues

Les banlieues des grandes métropoles se sont enlaidies de façon irrémédiable, en perdant l’essentiel de leur patrimoine ancien. Exemple : A Chanteloup-les-Vignes, en 1970, un projet immobilier de 4000 logements sociaux est confié à Emile Aillaud : « L’idée que l’herbe fait partie de l’existence urbaine est une invention humaine. Je suis pour les fortes concentrations urbaines, le grand nombre ; l’innombrable est la seule façon de conserver en ville des possibilités de solitudes… A Chanteloup il n’y aura pas d’espaces verts » (Aillaud à l’Express, 1972). NB- Lui-même habitait un hôtel du XVIIIe siècle à Saint-Germain-des Prés !

La majorité des petites villes d’Ile-de-France sont noyées dans le béton.

Monuments disparus (entre autres) :

  • Antony : château Louis XVI
  • Châtenay-Malabry : maison du comte de Girardin (XVIIIe)
  • Chatillon : la Folie Regnault,
  • Chatou : ancien baillage
  • Chaville : Ancienne église (XVIIe), château Saint-Paul, ancien quartier des blanchisseurs du Doisu (XIVe),
  • Colombes : église (ne reste que le clocher)
  • Courbevois : centre ancien, caserne construite en 1757 par Louis XV pour les gardes suisses
  • Fontenay-aux-Roses : château de Bécon, maison du chirurgien Petit (XVIIe), chapelle Sainte-Barbe (œuvre de Viollet-le-Duc
  • Issy-les-Moulineaux : communs du château des Conti
  • Lyon-banlieue (Pierre-Bénite) : début de destruction du château de Perron (XVIe)
  • Maisons-Alfort : château de Charentonneau (Louis XIV, inscrit à l’inventaire des Monuments Historiques en 1929), en parfait état
  • Meudon : ailes et jardin du château de Bellevue
  • Nanterre : église du XVe avec portail XVIIe
  • Noisy-le-Grand : château (XVIIIe)
  • Rambouillet : en 1988, vente et dispersion des sculptures du parc du palais de Roi de Rome
  • Saint-Denis : caserne des suisses construite en 1756, et tous les bâtiments XVIIe XVIIIe siècles autour de la basilique (dont une ferme très ancienne inscrite à l’inventaire des monuments historiques et laissée volontairement se dégrader par la municipalité)
  • Saint-Germain-en Laye : saccage du site par la construction de l’A 14 sous les terrasses du château
  • Sèvres : grande partie du centre ancien
  • Verrières-le-Buisson :Château de Mignaux (XVIIe)
  • Versailles : destruction de la Petite-Place (Louis XIV) vendue en 1963 pour financer un palais des Congrès
  • Ville-d’Avray : château de La Ronce (XVIIe)

Etc. etc. L’Ile-de-France était émaillée de châteaux de plaisance et de forêts… tous disparus.

 

Paris

1969 Opération des Halles :

  • les rues les plus anciennes de Paris : de la Lingerie et de la Poterie, au Lard, des Bourdonnais, de la Réale, Pirouette, Grande-Truanderie (56 immeubles en bon état). Pavillons de Baltard, avec leurs sous-sols voûtés d’arêtes en brique et fer. Ceci au moment où l’architecture de fer venait d’être classée, mais Duhamel, ministre de la Culture, s’opposera au classement des Halles.
  • Beaubourg :  les maisons qui avaient échappé aux destructions massives de 1930-35 sonr sacrifiées à la construction du centre : parmi elles, 4 maisons des XVIIe et XVIIIe (récemment restaurées), la maison Presty, dont l’escalier était l’un des plus beaux et les plus originaux de Paris, une maison Renaissance à escalier à vis. En tout, 27 immeubles rasés entre 1971 et 1973.
  • Quartier de l’Horloge : 60 immeubles disparus, dont les belles maisons anciennes de la rue Brantôme
  • Hôtel de la Michodière (XVIIe) rue des archives
  • 1973  Maison du XVIIe rue de Thorigny
  • 1974 Hôtel Sourdis 5 rue Charlot

NB- Au total, 132 immeubles détruits dans le secteur des Halles entre 1970 et1980, dix rues anciennes disparues. Et cela continue…

  • 1984/85  tous les bâtiments anciens entre la rue Vieille-du-Temple et la rue des Guillemites, disparition du passage des Singes
  • 1992 Cour de Rome

Faubourg Saint-Antoine :

1956  Hôtel de Chabanais (Louis XV)

1958  Caserne des Mousquetaires noirs (Louis XIV)pour reconstruire l’hôpital des Quinze-Vingt

?         Mutilation de l’Hôtel de Mortagne rue de Charonne (1662)

1971  Mutilation de la maison de santé du docteur Belhomme

Opéra Bastille :

  • Destruction de la gare du XIXe siècle
  • Destruction d’une dizaine de maisons des XVIIe et XVIIIe siècles
  • Reconstruction « à l’identique », de fait défiguration, de la Maison de la Tour d’argent qui avait vu les évènements de 1789
  • Destruction (précédemment) d’une entrée de métro Guimard

1967/68  Hôtel de Marbeuf 31 rue du Faubourg Saint-Honoré

  • Théâtre de l’Ambigu-Comique (Restauration)

1969  Hôtel Danès rue de la Clef (1730)

Années suivantes : ateliers d’artistes du quartier Montparnasse disparus par centaines

  • Ateliers de la rue Denfert-Rochereau installés dans les écuries d’un ancien relais de poste
  • Ateliers de la rue Moulin-de-Beurre, de la rue Vandamme, de la cité Vérel et de la cité Blanche rue Vercingétorix
  • Démolition (illégale) en 1992 de la Maison Rouge, quai de la gare, un des derniers vestiges de l’activité portuaire
  • 1991  dernier immeuble Louis XVI de la rue Matignon

 

VANDALISME ECCLESIASTIQUE

Vague de vandalisme sans précédent depuis la Révolution, due à la déchristianisation, à l’exode rural, à l’application des prescriptions (mal interprétées ?) du concile « Vatican II ». Disparaîssent des maîtres-autels et leurs retables (entre autres à Paris Saint-Séverin, Saint-Gervais, à Mende la cathédrale…) Parallèlement les églises sont pillées par des revendeurs ou le clergé lui-même, démolies pour des opérations immobilières ou de voierie.

  • Destruction des anciennes églises en banlieue parisienne (Nanterre, Colombes, Chaville, Bobigny, Vaucresson)
  • 1962  Villaines-la-Juhel : destruction de l’église Saint-Georges, rare spécimen du XIVe en Mayenne, sur ordre du maire Robert Buron, ministre du tourisme et des travaux publics, avec accord de l’évêché (n’en est gardé que le clocher après une campagne de presse musclée) et de la chapelle Saint-Nicolas (XIIIe)
  • 1969  Locminé : l’abbé Laudrin, maire, conseiller général et député, fait détruire l’église à double nef du XVIe
  • Chapelles des pénitents de Langogne et du Malzieu
  • Uzurat : église du XVe
  • Nombreuses croix de chemin des XVIIe et XIXe
  • Laval : Saint-Michel, collégiale gothique, vendue en 1968 pour faire un supermarché
  • Vitré : biens des Augustines de la Miséricorde vendus peu à peu par les religieuses pour survivre, puis bâtiments vendus à une association

 

VANDALISME D’ETAT

Le ministre de la Culture étant habilité à trancher de toute affaire relative à la protection des monuments historiques, il n’est guère utile, dans certains cas, d’avoir classé un monument. Exemple : à FREJUS, en 1988,  destruction des thermes et des vestiges du port romain par Léotard, maire et… ministre de la Culture !

Les vandalismes peuvent résulter :

de la décision d’un ou plusieurs personnages de l’Etat se croyant (ou étant) au-dessus des lois

de  grandes administrations ou institutions : Tous les ministères, dont en premier lieu celui de l’Education ( !!), puis de la Justice, l’administration des postes, l’EDF, les établissements de crédit dépendant de l’Etat (Banque de France, Crédit National, Caisse des dépôts et consignations)

 

VANDALISME PRIVE

Je renonce à tenter d’établir une liste, tant les destructions et dépradations sont nombreuses et continues.

Ce qu’il faut savoir, c’est que depuis plus d’un siècle la France a des lois de protection des monuments historiques, souvent non respectées.

  • Les protections sont de deux ordres : par classement, ou par inscription à l’inventaire complémentaire.
    Un monument classé (selon une procédure complexe mettant en œuvre plusieurs instances) ne peut étre détruit, cédé, déplacé ou modifié, restauré ou réparé, sans accord du ministre de la Culture. Une procédure d’urgence, dite instance de classement, intervient lorsqu’un monument est en danger. Il ne peut plus y être fait atteinte, mais si le classement proprement dit n’intervient pas dans un délai d’un an, la procédure devient caduque.                                                                                                                                                                                         Pour lever une protection par classement, il faut une procédure en Conseil d’Etat : les déclassements sont donc rares, d’autant qu’il est bien plus facile pour se débarrasser d’un monument d’attendre… qu’il tombe en ruines. Le classement n’oblige pas l’Etat à verser au propriétaire quelque indemnité que ce soit, mais l’usage en étant admis, l’Etat se retranche derrière l’excuse du manque d’argent pour ne pas classer, ou ne classer que partiellement (ce qui autorise à détruire les parties non classées !) certains monuments.
  • L’inscription à l’inventaire supplémentaire des monuments historiques est une mesure plus simple et plus souple, moins sûre aussi. Les travaux sur ces monuments ne doivent être soumis qu’à l’approbation du directeur régional des affaires culturelles. Il est également beaucoup plus facile de les rayer de la liste, le Conseil d’Etat n’ayant pas à intervenir.

 

Conclusion : tout (ou presque) est permis. Il suffit de se montrer patient, malin, ou argenté…

Heureusement, quelques mécènes encore (souvent, hélas! étrangers), attachés à la France, sauvegardent par-ci par-là un héritage que nous (nos impôts) devrions respecter et entretenir nous-mêmes.

 

5 réponses à Le vandalisme culturel

  1. Bonne lecture , je viens de passer ce sur un collègue qui faisait des recherches sur ce sujet. Et il me vient d’acheter le déjeuner parce que j’ai trouvé pour lui sourire Alors laissez -moi reformuler : Merci pour le déjeuner ! ” Que c’est beau la masculinité est , si elle trouve son expression la droite . ” par D. H. Lawrence . 😉 😉

  2. hochart dit :

    Autre exemple pas trop lointain : Nous ne devons pas aux politiques le patrimoine qui a été sauvegardé, exemple régional : le vieux Lille que les projets socialistes des années ’70 prévoyaient de raser a été sauvé grâce aux associations de Lillois. Aujourd’hui ces élus revendiquent la beauté préservée du vieux Lille…

  3. Gérard Dalmaz dit :

    Excellente et HÉLAS longue remise en memoire des sottises des personnes ou institutions qui auraient dû RÉFLÉCHIR avant de démolir…Un détail : pour 1918 évitez de faire la même erreur que nombre d’historiens ,ou prétendus tels:ce n’est pas la Grosse Bertha , un énorme mortier(il y en avait 3 autour de Verdun et n’en sont alors jamais partis!)mais une pièce de marine allongée,modifiée,sur rails ,le Pariser Kanon,placée à 119 km. de Paris, dans l’Aisne qui a tiré sur la capitale! D’ailleurs il y en avait peut-être plusieurs tirant des projectiles, approchant la tonne. Les francais emploieront la même méthode sur le front allemand finissant.Cordialement,Gérard Dalmaz(auteur histoire,patrimoine,nota. sur Viollet-le-Duc).

  4. Gérard Dalmaz dit :

    Très bien comme remise en memoire MAIS erreur sur la prétendue Grosse Bertha en 1918 !

    • claudereyt dit :

      Je sais que ce n’était pas la Grosse Bertha, mais un canon de gros calibre (canon de Guillaume) que les parisiens appelaient Grosse Bertha en référence à la puissance de celle-ci.

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