Chronologie de l’histoire des arts visuels

PREHISTOIRE: 

L’art pariétal (gravure et peinture sur les parois des grottes) : il apparaît vers 100 000 ans avant notre ère,  se continue tout au long du Paléolithique (entre -100 000 et -8000), et donne ses représentations les plus abouties entre -35000 et  -8000.

Sites de référence: Chauvet (Ardèche), -31000, Lascaux (Dordogne), -17000, Altamira (Espagne), -14000

Sculpture :

Au Gravettien (-27000-19000) Une série de statuettes féminines, appelées  «vénus», façonnées dans des matériaux très divers (pierre, ivoire, terre cuite) se  retrouvent dans toute l’Europe. Elles répondent à  un canon précis: larges hanches, seins pendants, sexe marqué, absence de traits pour le visage. Ces règles  stylistiques communes à des populations distantes de  plusieurs milliers de kilomètres tendent à  accréditer l’hypothèse de représentations  sacrées.

Avec la fin de la préhistoire (Néolithique) apparaissent des figurations humaines masculines et féminines, (peintures de la région des Tassili, Algérie, -6000 à -2000)

ANTIQUITE 

Egypte : La civilisation égyptienne se développe  à partir de – 5000 en une suite de périodes (Pré-dynastique, Thinite, Ancien Empire, Moyen Empire, Nouvel Empire, Basse Epoque, Ptolémaïque) jusqu’à l’annexion romaine en 30 av.JC.  L’art se manifeste sur tous les registres : architectural, sculptural, pictural, avec une constante remarquable des formes. Architecture : monuments funéraires (pyramides et mastabas) et religieux.  Essor de -1500 à -1100 : temples D’Abou Simbel, de Karnak, de Louxor,  de Toutankhamon (1532 av. J.C., découvert en 1922).

Grèce :

Avant la guerre de Troie (vers -1280), deux civilisations importantes : en Crète (-2000 à -1450) et, sur le continent, à Mycènes (-1450 à -1200). De la première, restes archéologiques de palais (Cnossos), avec des peintures murales, et de vases décorés de motifs naturalistes. De la deuxième, sites de Mycènes (masques d’or) et de Tirynthe : Statuettes, vases peints, orfèvrerie.

VIIIe av.JC : période géométrique (vases peints et statuettes géométrisés)

VIIe av.JC : période orientalisante : la céramique s’enrichit de motifs orientaux

VIe av.JC : période archaïque. Apparition de la statuaire (Couroi et Corai, jeunes gens et jeunes filles). Urbanisme et construction de temples, de théâtres. Architecture fondée sur les proportions et la symétrie, articulée par les « ordres » (dorique, ionique, et au Ive siècle av.JC, corinthien – inventé mais jamais utilisé en Grèce) qui seront la base de toute l’architecture européenne. Peinture de vases « à figures noires », puis (après -530, « à figures rouges »)

Ve av.JC : Premier classicisme (siècle « de Périclès »). La sculpture devient de plus en plus naturaliste. Apparition du canon (proportions idéales). Reconstruction de l’Acropole d’Athènes (ruinée par les perses pendant les guerres médiques, 490-479) : temples d’Athéna Nikè, de l’Erechteion, du Parthénon. Architectes : Ictinos. Mnésiclès. Sculpteurs : Phidias (v.-490, après -430), Myron, Polyclète. La peinture de chevalet (sur bois) ayant disparu, on en cherche le reflet et l’évolution dans les céramiques.

Œuvre de référence : Le Parthénon, Athènes (447-438 av. J.C.,).

IVe av.JC : deuxième classicisme. La sculpture change de canon : formes plus étirées ou plus massives, hanchement, torsions. Sculpteurs : Lysippe, Scopas, Praxitèle. Peintres (dont rien ne reste que leurs noms) : Parrhasios, Zeuxis, Apelle). De -431 à -404, la guerre du Péloponnèse ruine les cités grecques. Philippe de Macédoine, puis Alexandre le Grand, les soumettront et constitueront un nouvel Empire.

Période hellénistique (de la mort d’Alexandre en -323 à la bataille d’Actium, -31. Les formes se font de plus en plus inventives, mais la grande période de l’art grec est terminée.

Œuvre de référence : La Vénus de Milo (vers 100 av. JC).

Italie : s’y installent les Italiques, les Etrusques, puis les colons grecs. La civilisation étrusque (VIIIe-IVe siècles av.JC) développe architecture et urbanisme originaux (utilisation de la voûte, inconnue dans le monde grec), et un art fortement imprégné d’influences grecques et orientales, qui n’en a pas moins ses caractéristiques propres et des productions particulières, notamment par l’intérêt porté au portrait : nombreux vases funéraires canopes (à couvercle en forme de tête), sarcophages antropomorphes de terre cuite peinte, portraits de bronze.

Celtes : Au moment où s’achève l’âge de bronze (v.-900), l’Europe est occupée par les Celtes qui apportent la civilisation du fer. Installés en Gaule, ils développeront à partir de 500 av.JC un art fait de géométrie curviligne (courbes, contre-courbes, spirales, rinceaux), avec monstres et têtes humaines. Vaisselle, offrandes funéraires, objets de parure, masques votifs et statuettes. Les relations avec la Grèce se manifestent dans le

Trésor de Vix, tombe à char contenant un cratère de bronze grec (v. 500 av. J.C., haute vallée de la Seine en Côte d’Or). Aux IVe et IIIe siècles av.JC, la culture celtique gagne l’Angleterre et l’Irlande.

Rome (IVe siècle -1er siècle av.JC) : essaime dans l’Europe entière et y diffuse un art très varié, dont les inventions propres ne concernent qu’une partie de leurs créations, l’essentiel en étant importé ou imité de la Grèce. Architecture : art triomphal, conséquence naturelle des victoires militaire (arcs de triomphe). Basiliques, temples, sont les mêmes qu’en Grèce. Vers 100 av.JC, des solutions nouvelles l’émancipent : mise au point du mortier hérité des Etrusques (d’où des constructions diversifiées : aqueducs, thermes, …), utilisation de l’ordre corinthien, invention d’autres ordres (toscan et composite). Peinture : abondance de mosaïques et fresques, qui nous sont connues depuis la découverte de Pompéi au XVIIIe siècle (quatre styles s’y succèdent de -200 au début du 1er siècle de notre ère). Sculpture : calquée sur celle de la Grèce, mais une originalité : le portrait.

Oeuvres de référence : Un monument gallo-romain (arc de triomphe, arènes, théâtre…), une mosaïque : Les Travaux et les jours de Saint-Romain-en-Gal (1er siècle av. J.C.- IIIe siècle ap. J.C., Musée des Antiquités Nationales, Saint-Germain-en-Laye).

Art paléo-chrétien : né au IIe siècle, développé sur tout l’Empire romain, il se réfugie dans les catacombes, sur les sarcophages, et use d’un symbolisme chrétien (pain, vase à boire, poisson, allusions à l’Eucharistie et au Christ) assorti de thèmes mythologiques. Au IVe siècle, sous Constantin, le christianisme devient religion d’état et commence à construire des basiliques (modèle antique civil jugé le seul convenable pour le culte).

ART BYZANTIN : L’Empire Romain d’Orient, de Constantin (306-337) à Justinien (627-565) voit apparaître un art au service de l’Eglise et de l’Empereur développé des environs de 600 à 1453 (prise de Constantinople par lesTurcs).Architecture : églises en à coupole, à plan généralement en croix grecque. Représentations figurées (mosaïque, fresques, icones) à l’irréalisme spatial et l’idéalisation symbolique. Exemple le plus connu : Eglise Saint-Vital de Ravenne (Impératrice Théodora, Empereur Justinien), milieu Ve siècle.

MOYEN AGE : 

les dates (discutées) en sont artificiellement fixées de 476 à 1492 . Du VIe siècle à l’an mil, arts mérovingien  et carolingien : architecture religieuse (églises et monastères), enluminures, orfèvrerie.

Art roman (XIe-XIIe siècles) : le voûtement de la nef des églises entraîne des recherches audacieuses et pluriformes. Essor de la fresque et de la sculpture ornementale (chapiteaux, portails).

Art gothique (environ 1140 à 1500). Trois périodes : gothique primitif (1140-1240, ex Notre-Dame de Paris), rayonnant (1240-1350, ex : cathédrale de Reims), flamboyant (1350-1520, ex : portail de la cathédrale d’Albi)). Architecture religieuse : l’invention de la croisée d’ogives permet l’ouverture de baies (apparition du vitrail) et une élévation de plus en plus importante des nefs. Architecture civile en plein essor : Donjon de Philippe Auguste au Louvre, Château de Plessis-les-Tours, Hôtel Jacques Cœur à Bourges, Hôtel-Dieu de Beaune, Hôtel de Sens à Paris, Palais de Justice de Rouen, etc.

Développement de la tapisserie  (Apocalypse d’Angers, vers 1380)

Sculpture : de plus en plus indépendante de l’architecture. Disparition des monstres romaans, allongement des formes, tendance au réalisme.  Développement des tombeaux, (gisants).

Peinture : En France, enluminures et retables, première peinture civile (Portrait de Jean le Bon, Girard d’Orléans, Louvre). En Italie, écoles siennoise (Duccio, années 1300) et florentine  (Giotto, vers 1267-1337).

Au XIVe siècle, gothique « international » : courant répandu dans toute l’Europe avec un style homogène, caractérisé par la sophistication des formes, le raffinement des couleurs et des lignes. Apogée dans les années 1400, alors que commence en Italie la Renaissance. Ex : les frères Limbourg, Les très riches heures du Duc de Berry (1411-1416, Musée Condé, Chantilly).

RENAISSANCE

XVe siècle (Quattrocento): En Italie nourrie d’humanisme, l’art renoue avec l’Antiquité et se donne pour règle l’illusionnisme.Invention de la perspective, réalisme de la représentation qui cependant tend vers un idéal debeauté. Les nouvelles recherches se mènent dans toutes les régions, mais surtout dans la Florence des Médicis.  Peintres: Masaccio (14011428), Fra Angelico (v.13951455), UcceIlo (13971475), Mantegna (14311506),  Piero della Francesca (1415,20-1492), Filippo Lippi (14061469), Botticcelli (14451510), Pérugin (1446-1524), Antonello de Messine (V.14301479), Giovanni Bellini (v.14301516).  Sculpteurs: Brunelleschi(13771446), Ghiberti (v.13781455), Donatello (13861466). Architectes: Brunelleschi, Alberti (14041472).

Dans les Flandres, les innovations sont du même ordre, mais la peinture est moins soumise à des règles mathématiques, plus expérimentale et plus sensible à la surface des   choses.  Peintres: Robert Campin (Maître de Flémalle, actif entre 14101440), Van Eyck (v.14901441), Van der Goes (v.14351482), Van der Weyden (v.14001464) Memling (1435,40-1494), Bouts (v.1415-1475). Christus (v.1420-1473).

En France, le gothique est encore très présent (Pietà d’Avignon, vers 1455, Musée du Louvre), mais les influences extérieures, de l’Italie et surtout des Flandres, vont conduire aussi une évolution, essentiellement dans le domaine pictural: Fouquet (v.1425-1480), Nicolas Froment (v.1435 v. 1483), Maître de Moulins (2e moitié du siècle).

Même chose pour l’Allemagne avec Schongauer (1453-1491).

 

XVIe siècle : Le début du siècle, dit « seconde Renaissance », est dominé en Italie pour la peinture par les personnalités de Leonard de Vinci (1452-1519), Raphaël (1484-1520) et Michel-Ange (1475-1564). Les techniques de l’illusionnisme (perspective et clair-obscur) sont parfaitement maîtrisées et chacun les utilise à sa manière propre. A Venise se développe un style «coloré»: Giorgione (v.1477-1510), Le Titien (v.1489-1576), Véronèse(1528-1588), Tintoret (1518-1594). 

Sculpture: Michel  Ange. Architecture: Bramante (1444-1514).

Flandres: Bosch (v.14501516), Bruegel l’ancien (1525,30-1569).

Allemagne: Altdorfer (v.1480-1538), Grünewald (1460,75-1528), Dürer (1471-1528), Cranach (1472-1553), Holbein (1497-1543)

«Maniérisme»: En 1525, le sac de Rome par les troupes de Charles Quint va engendrer en Italie des incertitudes tant politiques que chrétiennes. S’ensuit une période artistique troublée où les artistes peignent «à la manière de» Raphaël ou MichelAnge, considérés comme insurpassables. Vite répandu dans toute l’Europe, le Maniérisme développe formalisme allégorique et outrance, bizarrerie, déformations, ambiguïté, intellectualisme, élégance et artifice, reniant tout en les imitant les formes créées par la Renaissance.

Italie: Architecture: MichelAnge. Palladio (1508-1580) et Vignole (1507-1573). Développement de la villa suburbaine. Sculpture: Cellini (1500-1571), Jean de Bologne (1529-1608). Ligne serpentine, ondulation des formes. Peinture: Bronzino (1503-1572), Jules Romain (1499-1546), Le Parmesan (1503-1540), Pontormo (1494-1556)

Espagne: Le Greco (1541-1614).

Flandres: Spranger, qui travaillera à Vienne et Prague(1546-1611).

France: Ce n’est qu’avec François 1er que la Renaissance va s’installer en France

D’abord dans les Châteaux de la Loire, mais sous une forme plus ornementale que structurale (cheminées de Chambord). Puis, après Pavie (1525), plus près de Paris: à Fontainebleau se construit un palais « à l’italienne » et le roi fait appel à des artistes italiens pour le décorer (Le Rosso, 1494-1541, le Primatice, 1504-1570). C’est la naissance de « l’école de Fontainebleau » qui place la Renaissance en France sous le signe du Maniérisme. Peintres: hors les italiens, les Clouet, les Cousin, Corneille de Lyon (1500,10-1575), Caron (v.1527-1599). 

Sculpteurs:  Goujon (v.1510-v.1556), Bontemps (v.1507-v.1570), Pilon (1528-1590), Ligier Richier (v.1500-1566).

Architectes: Bullant (1510,20-1578),  Delorme (v.1510-1570), Lescot (architecte du Louvre, 1515-1578), Serlio (italien, 1475-1555).

Réforme et Contre-Réforme : L’Europe est bouleversée par la Réforme protestante, qui met en cause le rôle de l’Eglise Romaine. L’église catholique va réagir après le concile de Trente (1545-1563) par la Contre-réforme, et promouvoir un art plus austère, proche des règles ecclésiastiques. Peinture : les Carrache (Annibale, Ludovico et Agostino). Architecture : églises romaines du Gesù (Vignole, 1568) et de Sainte Anne des Palefreniers (Vignole, 1572), église vénitienne du Rédempteur (Palladio, 1577).

XVIIe SIECLE 

Des recherches multiples fondent des styles différents : cohabitent Baroque, réalisme, luminisme, classicisme, et le siècle est loin d’être monolithique, chaque pays européen interprétant à sa manière les formes et les transformant en caractéristiques « nationales ».

Luminisme : Initié par le Caravage qui travaille à la lumière artificielle de torches, il se répand partout sous des formes diverses. Il ne faut pas confondre l’éclairage des « caravagesques » (extérieur au tableau, frappant latéralement les formes, forte dramatisation) et les éclairages intérieurs à l’œuvre (de La Tour) qui au contraire diffusent de façon centripète à partir d’un centre lumineux repérable.

Réalisme : Il découle non d’une idéologie, mais d’une curiosité née de découvertes scientifiques et d’un intérêt nouveau prêté au « naturel », la réalité n’apparaissant plus comme idéale ni immuable, comme l’avaient imaginé les certitudes renaissantes, mais comme relative. Il se manifeste dans des formes nées d’une observation attentive, mais surtout dans les sujets « populaires ».

Classicisme : est surtout français, même si ses peintres les plus représentatifs (Poussin, Le Lorrain) ont fait toute leur carrière en Italie. Art dominé par la raison, compositions fondées majoritairement sur horizontales et verticales, éclairages non dramatisés, atmosphères stables et calmes, nature idéalisée.

Le Baroque : est d’abord le style par excellence de l’église romaine qui affiche sa puissance, avant que d’essaimer dans l’Europe catholique tout entière. Après la relative austérité de la Contre-Réforme, l’art s’épanouit dans un spectacle destiné à la propagande et à la promotion. Pompe, apparat, dynamisme, compositions fondées sur des obliques, richesse colorée, grandioses mises en scènes.

Italie : Architecture : Le Bernin (1598-1680, place Saint-Pierre), Borromini (1599-1667), Guarini (1624-1683), Longhena (1598-1682). Sculpture : Le Bernin. Peinture : Caravage (1573-1610), Cortone (1596-1669), Guerchin (1591-1666), Reni (1575-1642), Pozzo (1642-1709).

Allemagne : l’architecte et sculpteur Fischer von Erlach (1656-1723)

Flandres : les peintres Rubens (1577-1640), Hals (v.1580-1666), Jordaens (1593-1678).

Hollande : cas à part, pour des raisons politiques (autonomie récemment gagnée) et religieuses (protestantisme dominant). Refusant le baroque, elle s’invente des « genres » représentatifs d’elle-même : paysage, portrait, marine, nature morte, intimiste, animalier. Refusant les images de la foi, considérées comme « romaines », elle use de symboles dans les représentations du quotidien (nature mortes particulièrement). Peintres : Rembrandt (1606-1669), Vermeer (1632-1675), Ruysdaël (v.1600-1670), Van de Velde (1633-1707), Heda (v.1594-1680,82), etc.

Espagne : Le XVIIe est son « siècle d’or ». Une peinture originale s’y développe, marquée avant tout par le réalisme. Velázquez (1599-1660), Zurbarán (1598-1664), Murillo (1618-1682), Ribera (1591-1652).

Œuvre de référence : Diego Velázquez, Les Ménines (Musée du Prado, Madrid).

France : Au début du siècle, sous les règnes de Henri IV et Louis XIII, recherches nombreuses et styles très diversifiés : Baroque :  Vouet (1590-1649). Réalisme (les frères Le Nain, de la Tour). Luminisme (le caravagesque Valentin, 1591-1632, De La Tour, 1593-1652). Classicisme ( Poussin, 1594-1665, le Lorrain, 1600-1682). Architecture : Saint-Paul-Saint-Louis, Saint-Gervais-Saint-Protais, collège des Quatre Nations (Le Vau), architecture civile caractéristique de brique et de pierre.

Puis, sous le règne de Louis XIV,  refus du Baroque pour des raisons politiques (démêlés du monarque avec le pape) et promotion d’un classicisme « à la française » entièrement dévolu à la propagande royale. Création de l’Académie (1635). Architecture : Le Vau (1612-1670), Mansart (1598-1666,Val de Grâce), Hardouin-Mansart (1646-1708, Invalides), Perrault (1613-1688, colonnade du Louvre), Le Nôtre (1603-1700, paysagiste). Versailles servira de modèle aux palais princiers dans toute l’Europe. Peinture : Le Brun (1619-1690), Mignard (1612-1695). Sculpture : Girardon (1628-1715), Coysevox (1640-1720), Puget (1622-1694).

XVIIIe SIECLE 

Rococo : considéré souvent comme une suite et un développement du Baroque, le style ainsi nommé en est pourtant fort différent. A la puissance il préfère la grâce, à l’apparat l’intimisme. Le Baroque y a perdu son élan vital pour se perdre en une surcharge décorative (style « rocaille »), des lignes contournées à l’excès, des formes alanguies, qui annoncent la fin d’un monde (l’Ancien Régime).

France : Architectes : Soufflot (1713-1780, Panthéon), Gabriel (1698-1782, Petit Trianon à Versailles, place de la Concorde), Ledoux ( 1736-1806, Salines d’Arc en Senans), Aubert (?-1741, écuries de Chantilly). Sculpteurs : Coustou (1716-1777), Houdon (1741-1828), Pigalle (1714-1785). Peintres : Watteau (1684-1721, transition), Boucher (1703-1770), Oudry (1686-1756), Robert (1733-1803), Fragonard (1732-1806). Si ceux-ci sont typiquement peintres de cour,  Chardin (1699-1779) et Greuze (1725-1805) illustrent la montée de la société bourgeoise.

Angleterre :Gainsborough (1727-1788), Reynolds (1723-1792).

Italie :les vénitiens Canaletto (1697-1768), Guardi (1712-1793), Piranèse (1720-1778), Tiepolo (1727-1804).

Néoclassicisme : En France, avec la Révolution, la vie devient difficile pour les artistes (plus de commanditaires). Un seul tirera son épingle du jeu, et deviendra le maître à penser de toute une génération, David (1748-1825). En réaction contre les contournements du Rococo, s’instaure un art fondé sur les lignes classiques (horizontales et verticales), une peinture qui doit « ressembler aux bas-reliefs romains » et utiliser des couleurs « pompéiennes » (la découverte de Pompéi n’est évidemment pas étrangère à cette antiquité retrouvée). Le néoclassicisme va essaimer dans toute l’Europe, aura ses théoriciens, et un long avenir.

Espagne :Goya (1746-1828), débuts néo-classiques, puis style propre.

XIXe SIECLE

S’y succèdent des mouvements dont les dates coîncident plus ou moins en France avec celles des révolutions.

Le Néoclassicisme règne en maître, sous la férule de David, tout au long de l’époque napoléonienne. Peintre: David, sculpteur: Canova (1757-1822).

Marginalement, en Angleterre, Turner (1775-1851) analyse les effets atmosphériques et les jeux de lumière : il aura grande influence sur les Impressionnistes.

Le Romantisme, mouvement européen, exalte l’imagination, l’émotion, l’individu. En Angleterre : Constable (1776-1837), en Allemagne Friedrich (1774-1840), en Suisse Füssli (1741-1825). En France, où il apparaît vers 1830, il est en grande partie fondé sur le mythe du « héros » et la nostalgie des victoires napoléoniennes : Géricault (1791-1824), Delacroix (1798-1863), Ingres (1780-1867), classique dans la forme, romantique dans ses sujets).

Le Réalisme : Réaction contre les « inventions » romantiques, il lui succède aux environs de 1848. Volonté : représenter la réalité telle qu’elle est et y puiser ses sujets. Courbet (1819-1877), Corot (1796-1875), Daumier (1808-1879), Millet (1814-1875), et les peintres de « l’école de Barbizon ».

En 1863, le jury du salon refuse tant d’artistes que Napoléon III les autorise à exposer en marge du Salon officiel : ce sera le « Salon des refusés », où fait scandale Le Déjeuner sur l’herbe (1863, Musée d’Orsay) d’Edouard Manet (1832-1883). Une rupture s’opère pour la première fois entre artiste et public, art officiel et art « nouveau ». Face aux jeunes artistes qui refusent les règles établies, les peintres admis aux Salons (donc reconnus) formeront le clan des officiels, des académiques (dits par dérision « pompiers »).

Impressionnisme : en 1874 le mouvement prend son nom lors d’une exposition des jeunes peintres chez Nadar.  Volonté de peindre « vrai » en installant son chevalet dans la nature (peinture de plein air). En découle une peinture rapide (touche morcelée) et une conscience nouvelle de la fugacité, la lumière faisant subir aux formes des transformations qu’il faut saisir. Monet (1840-1926), Pissarro (1830-1903), Renoir (1841-1919), Sisley (1839-1899), Cézanne (1839-1906).

Contemporains, mais étrangers à l’Impressionnisme,  Degas (1834-1917) et Toulouse-Lautrec (1864-1901)

En 1884, premier salon des « Indépendants ». Deuxième génération impressionniste  ou Post-Impressionnisme, fondée sur le refus de la dissolution impressionniste des formes et la volonté de construire une vision solide de la nature (Cézanne), une peinture « synthétique et symbolique » (Gauguin, 1848-1903) « expressive » (Van Gogh, 1853-1890) ou « scientifique » (Seurat, 1869-1891, et le néo-impressionnisme.

Parallèlement se constitue le Symbolisme : en France avecRedon (1840-1916), Moreau (1826-1898), Puvis de Chavannes (1824-1898), en Suisse avec Hodler (1853-1918), en Angleterre avec Beardsley (1872-1898) et les Préraphaélites, en Italie avec Segantini (1858-1899), et s’ébauche l’Expresionnisme (le belge Ensor, 1860-1949, le norvégien Munch, 1863-1944).

Sculpture : Rude (1784-1855), Barye (1796-1875), Carpeaux (1827-1875),  Rodin (1840-1917),

Architecture : avec le Néo-classicisme, bâtiments prestigieux au service de l’ »Etat ». Chalgrin (1739-1811, Arc de Triomphe, Paris), Contant d’Ivry (1698-1777, la Madeleine), Bélanger (1744-1818, Halle au blé, Paris), Percier (1764-1838) et Fontaine (1762-1853, arc du Carrousel). Suit une période dite « éclectique », où rien ne s’invente : on se contente d’imiter les architecture du passé (néo-grec, néo-byzantin, néo-gothique). Sous le Second Empire, apparition d’un urbanisme concerté avec Haussmann (1809-1891), créations originales de Garnier (1825-1898), apparition d’un souci de conservation et de restauration des monuments historiques avec Viollet-Le-Duc (1814-1879). Enfin, renouveau grâce à l’invention de nouveaux matériaux : le fer (Baltard, 1805-1874, Eiffel, 1832-1923), puis le béton à la fin du siècle (Perret, 1874-1954)

Photographie : inventée en 1816 par Niepce, développée ensuite par Daguerre (1829), Talbot (1842), Nadar (1858)

Invention du cinéma par les frères Lumière (1895) et Méliès (1896).

Dans les années 1900, la volonté de créer un style entièrement original conduit l’invention du Modern Style (dit aussi art nouveau ou style nouille) fondé sur l’utilisation d’éléments végétaux comme décor et comme structure, ce qui conduit à éliminer totalement la ligne droite : sinuosités, formes contournées, sont maîtresses. Cet art architectural et mobilier aura un succès aussi grand qu’éphémère. Architectes : Horta (Belgique, 1861-1947), Van de Velde (Belgique, 1863-1957), Gaudi (Espagne, 1852-1926), Guimard (France, 1867-1942, entrées de métro). Arts appliqués : Gallé (1848-1904), Majorelle (1859-1926), Mucha (peintre, affichiste et décorateur, 1860-1939).

XXe SIECLE 

Première moitié du siècle : les recherches se multiplient, les mouvements se forment et se dissolvent, tous fondés sur le refus des représentations traditionnelles et la volonté corollaire de trouver de nouvelles voies, d’autres moyens d’expression.

Avant 1950:

Peinture : 

Au tout début du siècle, les Nabis (du terme hébreu=prophète) s’inspirent de l’art japonais et de la photographie pour découvrir, entre autres, de nouveaux cadrages: Vuillard ( 1868-1940), Bonnard (1867-1947), Sérusier(1864-1927), Marquet (1875-1947), Ranson (1864-1919), Denis (1870-1943).

Expressionnisme : développé surtout en Allemagne et en Autriche. Schiele (1890-1918), Kirchner (1880-1938), Nolde (1867-1956), Kokoschka (1886-1980), Schmidt-Rottluff (1884-1976). En France, Soutine (1893-1942) et Rouault (1871-1958).

Fauvisme : Recherche de l’expression par la couleur. Palette vive, couleurs tranchées qui visent à transcrire tout à la fois l’espace, la lumière, la sensation. Matisse (1869-1954), Derain (1880-1954), Vlaminck (1876-1958). Marginalement, Dufy (1877-1953).

Cubisme : Né, par oppsition au Fauvisme, d’une volonté de réfléchir sur la forme et de revenir à une peinture raisonnée. Décomposition de l’objet, géométrisation, théorisation. Chaque artiste se crée sa propre démarche, ce qui conduit des œuvres très différentes.  Delaunay (1855-1979), Gleizes (1881-1953), Villon (1875-1953), Gris (1887-1927), Braque (1882-1963) Picasso (1881-1973)

Abstraction : développée sous deux formes principales, du moins à ses débuts :  lyrique (expression de la « vision intérieure ») avec Kandinsky (1866-1944), géométrique (mystique de l’angle droit et de la couleur pure) avec Mondrian (1872-1944). A peu près tous les cubistes (Delaunay, Sonia Delaunay (1855-1979), Gleizes, Villon) auront un passage par l’abstraction, avant qu’elle ne devienne l’expression à part entière de certains autres. Malevitch (1878-1935), Kupka (1871-1957), Magnelli (1888-1971), Manessier (1911-1993), Estève (1904-2001), Poliakoff (1906-1969), etc.

Dada : né de l’opposition à une société qui a généré la guerre de 1914, créé en 1915 à Zurich, manifeste un refus violent des règles établies par des créations où se manifeste dans l’absurde la critique politique et sociale. Duchamp (1887-1968), Picabia (1879-1953), Arp (1887-1966), Schwitters (1887-1948).

Surréalisme : Se forme à Paris et est théorisé par André Breton en 1924. Comme le Dadaïsme, il nie le savoir-faire et préconise la découverte par automatisme. Se fondant sur les découvertes de la psychanalyse, il affirme l’importance du rêve dans la création artistique. Ernst (1891-1976), Masson (1896-1987), Miró (1893-1983), Delvaux (1897-1994), Magritte (1898-1967), Dali (1904-1989), Meret Oppenheim (1913-1985), etc.

Sculpture : Elle se découvre des voies différentes par retour aux arts « primitifs » : Grèce cycladique et archaïque, arts africains, égyptien, mexicain, etc. Recherches multiples : géométrisation, simplification, décomposition et déplacement des éléments, mise en évidence du matériau, assemblages, mouvement, jeu sur les pleins et les vides (souvent en contradiction : le plein devient un vide et vice versa), etc.

Brancusi (1876-1957), Lipchitz (1891-1973), Laurens (1855-1954), Archipenko (1887-1964), Duchamp-Villon (1876-1918), Zadkine (1890-1967), Giacometti (1901-1966), Calder (1898-1976)

Après 1950

Les traditionnelles séparations peinture/sculpture n’ont plus cours. Les artistes, à la recherche d’expressions totalement neuves, explorent toutes les possibilités des matériaux et des objets.  Les champs sont si divers, les artistes si nombreux et si originaux, qu’il n’est pas question de les énumérer, non plus que de chercher à les qualifier précisément. On se bornera à donner quelques repères (sous toutes réserves, les classement étant plus que jamais discutables). De même, la mention du pays est mention d’origine, mais les mouvements ont souvent essaimé ailleurs où ils ont pris (ou non) d’autres appellations.

Expressionnisme abstrait (surtout USA): pas de style général, sinon, comme le terme l’indique, l’expression dans une forme d’abstraction particulière à chaque artiste :  Newman, Rothko, Motherwell, Mitchell, Riopelle.

Action Painting (USA, 1947) : forme de gestualité, avec comme particularité le gigantisme et des formes d’action ou de représentation singulières : Pollock (« dripping », égouttage), De Kooning, Kline, Guston…

Art informel (1950-70): terme commode pour qualifier l’inclassable, des artistes divers travaillant dans « l’informel », le spontané, avec peinture et/ou autres matériaux : Francis, Tobey, Tapies, Michaux, Fautrier, Degottex, Burri…

Abstraction gestuelle (1947) : L’artiste se crée une gestualité propre (avec ses outils particuliers) et l’utilise comme écriture : Mathieu, Hartung, Vieira da Silva, Debré, Soulages…

Nouveau réalisme (1960-70) : intérêt pour les objets de rebut, élevés au rang « d’œuvres d’art » et présentés sous des formes si diverses que l’on ne peut les résumer : Klein, Raysse, Tinguely, Niki de Saint-Phalle, Arman, César, Spoerri, Raynaud, Hains, Villeglé, Rotella.

Néo-dadaïsme : proche du précédent, mais phénomène américain : Rauschenberg, Johns, Nevelson, Bourgeois, Segal, …

Pop Art (popular art,1960) : essentiellement en Grande- Bretagne (Hamilton, Hockney, Jones)et aux USA (Warhol, Oldenburg, Lichtenstein,) : images « populaires » de la vie quotidienne (bandes dessinées, produits alimentaires, stars) dont la banalité est mise en évidence.

Art cinétique, Op’art (optical art,1955-60) : mise en mouvement, réelle ou illusoire (optique) de l’œuvre : Vasarely, Soto, Schöffer, Agam, Riley.

Land Art (1966) : Utilisation du paysage, transformé sur place ou reconstitué : Smithson, Oppenheim, Long, Heizer, Christo (un peu en marge)…

Body Art (1965) : mise en scène du corps de l’artiste, par sa présentation, par sa représentation répétitive, par l’action menée sur lui (mutilations) : Lüthi, Gina Pane, Gilbert et George, Schwarzkogler…

Art conceptuel (1965) : n’expose plus une œuvre, mais un concept. Supériorité de la pensée de l’artiste sur l’exécution et la production : Kosuth, Boetti, Weiner, Rutault, Haacke, etc.

BMPT (1966-67, France) : Mouvement français réunissant Buren, Mosset, Parmentier, Toroni. Les quatre artistes se partagent les formes élémentaires : bandes verticales (Buren), cercles (Mosset), bandes horizontales (Parmentier), touches en semis régulier (Toroni).

Support-Surface (France, 1970-75) : Comme le nom l’indique, il s’agit de travail sur le support (toile ou cadre) devenu surface, par des moyens simple lui laissant son évidence : empreinte (Viallat), tissage (Rouan), agrafage (Dezeuze), nouement et trempage (Hantaï), détaillage/reconstitution/présentation du cadre ou de son bois (Buraglio, Dezeuze)

Arte Povera (Italie, 1965-67) : Contact direct avec la vie quotidienne dans ses aspects les plus ordinaires. Matériaux bruts présents dans l’environnement, présentés sans prétention à « l’artistique » : Merz, Anselmo, Kounellis, Pistoletto…

Figuration narrative (1965, France) : retour à une figuration précise, voire photographique, et/ou signifiante : Adami, Arroyo, Télémaque, Stampfli, Aillaud, Cueco, Monory, Fromanger, Velickovic, Rancillac, Jacquet (Mec(anic) Art), Cremonini, Klasen.

Figuration libre (1981, France) : Recherche de « puérilité », peinture « rigolote, sobre et décontractée » : Combas, Di Rosa, Garouste.

Néo-expressionisme allemand (1978) : Rainer, Baselitz, Brus, Polke.

Graffiti Art/ Bad painting (1980-81) : Basquiat, Haring…

Hyperréalisme (1965, USA) : Se réclame de la photographie (projetée et repeinte sur la toile, ou reprise dans ses moindres détails). Représentation d’un quotidien que l’on ne regarde plus : Morley, Close, Estès, Andrea, Anson…

Art vidéo (1970) : emprunt aux techiques cinématographiques et télévisuelles, mais avec un langage qui leur échappe (bouleversement du temps du récit, images superposées et répétées dans une totale liberté) : Viola, Nauman, Nam June Paik. Œuvre de référence : Une installation vidéo de Nam June Paik : Moon is the oldest TV (1965, MNAM, Paris).

Pour l’art actuel, on peut choisir des œuvres dans les Fonds régionaux d’art contemporain (FRAC) et les centres d’arts

 

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