L’art académique

 

I – CARACTERISTIQUE

La caractéristique de l’art académique réside dans le fini d’éléments très figuratifs et dans leur précision, conception souvent associée par dérision à un simple artisanat habile, soi-disant signe d’un manque de talent et d’originalité. Il est une émanation directe des règles strictes du classicisme et du néoclassicisme.

1 – GENERALITES

Au XIXème siècle, la culture générale, réservée au faible pourcentage d’une classe d’âge qui possède le privilège de fréquenter les lycées, reste fondée pour une part essentielle sur les “humanités”, à savoir l’apprentissage des langues anciennes. La finalité des études se fonde sur le discours et la dissertation, et en particulier le discours latin. Ce type d’apprentissage se retrouve à l’école des Beaux-Arts, où dominent le néo-classicisme et Jean-Auguste Dominique Ingres. Ingres donne comme modèle un idéal de beauté classique atteint par l’étude et la mise en forme des sources antiques, ce qui confirme la primauté du dessin sur lacouleur, de la composition sur le mouvement. Les professeurs s’efforceront de maintenir cette tradition néoclassique, appelée ensuite système des Beaux-Arts : les étudiants copient des plâtres antiques et dessinent des modèles vivants aux pauses classiques. Quant aux sujets des concours du Prix de Rome, ils sont très souvent choisis parmi la littérature gréco-romaine. Et la statuaire antique reste considérée comme la référence du Beau.

Parallèlement, une mouvance dite éclectique connaît un large succès à la fin du règne de Louis- Philippe, sous Napoléon III et la Troisième République, à laquelle on donnera plus tard péjorativement l’étiquette d’art pompier. Ses représentants fondent leur art sur une doctrine, l’historicisme, et puisent leurs sources à toutes les époques sans aucune hiérarchie (Antiquité,Orient, Moyen-Age, Renaissance), pour en reprendre dans leurs oeuvres costumes et décors avec le maximum de précision archéologique,

1- Planche: Eclectisme-4 grands du second Empire

– Caïn, Fernand Cormon 1880

Inspiré d’un épisode tiré de la Bible, ce tableau aux dimensions monumentales fut un grand succèsdu peintre au Salon de 1880. Il évoque les vers de Victor Hugo écrit en 1859 dans La Légende desSiècles : “Lorsqu’avec ses enfants vêtus de peaux de bête, échevelé, livide au milieu des tempêtes,Caïn se fut enfui devant Jéhovah…”

Cormon s’était créé une spécialité : la préhistoire. Cela lui valut un flot de commandes de l’Etat: à25 ans il était déjà médaille d’or du Salon et à 35 officier de la Légion d’honneur. Devenu célèbre avec La Fuite de Caïn, il fut un des peintres “Pompiers” qui eurent le plus grand nombre d’élèves et formera certains des peintres les plus novateurs comme Toulouse-Lautrec, van Gogh, les Nabis, Matisse ou encore Picabia.

– Les Romains de la décadence, Thomas Couture, 1847

Avec ses Romains de la décadence, Thomas Couture fait un triomphe au Salon de 1847. Il y reçoit la plus haute distinction, une médaille de première classe. Cette oeuvre ambitieuse qu’il a mis trois ans à terminer, s’approprie tous les critères de la peinture d’histoire pour faire allusion à la société française décadente de la bourgeoisie sous Louis-Philippe. Cette grandiose mise en scène qui oppose passé vertueux et vices contemporains marque aussi le point de départ chronologique des oeuvres du musée d’Orsay.

– Alexandre Cabanel, Cléopâtre essayant des poisons sur ses prisonniers

– Jean Léon Gérôme, Combat de coqs

2- Planche: Eclectisme-sculpture

David, Antonin Mercié (1845-1916) 1872, et David, Donatello

A l’âge de 27 ans, Mercié gagne la célébrité avec son David qui illustre le goût de la Troisième

République pour la sculpture inspirée de la Renaissance florentine, d’où émane son élégance et sa ligne serpentine. Il est représenté au moment où il remet son épée dans son fourreau après avoir tranché la tête du géant Goliath. Mercié reçut, pour cet envoi de Rome, une médaille de première classe et la légion d’honneur alors qu’il était encore pensionnaire à la Villa Médicis.

 

2 – LE SYSTÈME DES BEAUX-ARTS, RÈGLES ET INSTITUTIONS

Les années 1848-1870 représentent une époque charnière dans l’histoire de l’art français. Les courants dominants de la première moitié du siècle, Romantisme et Néo-classicisme, se poursuivent jusqu’à la naissance de l’impressionnisme. Persistent les structures qui constituent le système des Beaux-Arts, et les artistes doivent se situer par rapport à ce système. La plupart d’entre eux en acceptent les règles et obtiennent – généralement – la faveur du public et de la critique. D’autres, sans remettre totalement ce système en cause, évoluent à sa marge et il leur est plus difficile de faire admettre leurs oeuvres.

Le système des Beaux-Arts s’appuie à la fois sur des principes et sur des institutions :

A- Des Principes

Ceux-ci se sont progressivement figés avec le temps et ont fini par constituer un carcan contre lequel vont peu à peu s’insurger des artistes et des critiques. Il convient cependant de remarquer que la reconnaissance des courants novateurs du dernier quart du XIXème siècle, impressionnisme, nabis, fauves… opérée par l’opinion du XXème siècle a d’ailleurs entraîné un rejet global des principes de l’Académie, et le terme “académisme” a pris une connotation péjorative avec l’expression “art pompier” qui lui a été attribuée comme synonyme.

Le mot “Pompier” synonyme avec dérision d’art académique apparaît selon le Robert en 1888, ce vocable englobe le néoclassicisme, l’éclectisme, l’orientalisme et le “Victorian-neoclassicism” anglais et, plus généralement, toute peinture figurative de facture soignée avec figure humaine . Il semble que cette dénomination d’art pompier provienne d’une plaisanterie d’élèves des Beaux-Arts, qui auraient comparé les casques grecs ou romains des guerriers du répertoire néoclassique à des casques de pompiers.

– Hiérarchie des genres

Enoncée par Félibien en 1667, la hiérarchie des genres considère la peinture d’histoire comme le “grand genre”, c’est-à-dire les sujets religieux, mythologiques ou historiques porteurs d’un message moral. Viennent ensuite, en valeur décroissante : les scènes de la vie quotidienne dites “scènes de genre”, les portraits, puis le paysage et enfin la nature morte. Même gradation pour les formats: grand format pour la peinture d’histoire, petit format pour la nature morte.

Bien que progressivement remise en cause, cette hiérarchie perdure pendant tout le XIXème siècle.

– Primauté du dessin sur la couleur

A la naissance des Académies, il s’agissait de mettre l’accent sur l’aspect spirituel et abstrait de l’art:

le trait ne se rencontre pas dans la nature. L’artiste l’utilise, ainsi que les contours et l’ombre, poucréer l’illusion des trois dimensions sur une surface plane. Quant à la couleur, présente dans la nature, donc concrète, elle est confinée dans un rôle secondaire et son apprentissage n’est pas jugé nécessaire. “Le dessin comprend les trois quarts et demi de ce qui constitue la peinture” affirme Ingres.

– Etude du nu

Etude qui se fait à partir de la sculpture antique et du modèle vivant. Il ne s’agit pas seulement de copier la nature, mais de l’idéaliser, conformément aux arts antique et Renaissant. Le dessin du corps humain est l’expression supérieure et l’incarnation de l’idéal le plus élevé.

– Primauté du travail en atelier par rapport au travail sur le motif

Si cette dernière pratique est tolérée, c’est dans l’exécution de croquis et d’ébauches réalisés et à seule fin d’être utilisés ensuite en atelier dans les grandes compositions.

– Recherche du “fini”

Achever les oeuvres signifie facture lisse et touche non visible. Ingres note : “La touche, si habile qu’elle soit, ne doit pas être apparente: sinon elle empêche l’illusion et immobilise tout. Au lieu de l’objet représenté elle fait voir le procédé, au lieu de la pensée elle dénonce la main”. Et Delacroix “il faut toujours gâcher une oeuvre pour l’achever… Mais cela est nécessaire”.

– Imitation les anciens, et de la nature

C’est par l’imitation des anciens que passe, toujours pour Ingres, l’imitation de la nature : “Il faut

copier la nature toujours et apprendre à bien la voir. C’est pour cela qu’il est nécessaire d’étudier les antiques et les maîtres, non pour les imiter, mais, encore une fois, pour apprendre à voir. (…) Vous apprendrez des antiques à voir la nature parce qu’ils sont eux-mêmes la nature: aussi il faut vivre d’eux, il faut en manger”.

B. Des Institutions

– L’Ecole des Beaux-Arts

L’enseignement dispensé aux étudiants est fondé sur le seul dessin, à partir du modèle vivant et de la sculpture antique. Les enseignants sont tous membres de l’Académie. Les candidats (les femmes n’y seront admises qu’en 1897) doivent passer un concours d’admission consistant en l’exécution d’une figure nue dessinée d’après le modèle vivant.

Chaque année de nombreux concours constituent autant d’étapes avant la récompense suprême que représente le Prix de Rome. Paradoxalement, alors que seul le dessin est enseigné à l’Ecole, plusieurs de ces concours portent sur la peinture. Les sujets proposés sont essentiellement tirés de la mythologie, l’histoire grecque et romaine, la Bible. Les élèves sont amenés à acquérir les connaissances nécessaires au traitement de ces sujets, y compris à travers des cours dispensés au sein de l’Ecole. Le célèbre Prix de Rome qui constitue l’ambition suprême permet aux lauréats de séjourner – aux frais de l’Etat – cinq années à la Villa Médicis à Rome, et leur assure une carrière soutenue par des commandes officielles.

Critiquée dès le milieu du siècle, accusée d’encourager davantage la persévérance que le talent, l’Ecole fait l’objet d’une réforme en 1863. L’enseignement du dessin garde sa suprématie, mais sont ouverts des ateliers où l’on enseigne la peinture et la sculpture. Des ateliers privés, jusqu’à cette réforme, sont les seuls lieux où les élèves peuvent apprendre les techniques de la peinture. Par la suite, ils continueront d’exister et permettront aux jeunes artistes d’échapper au joug de l’enseignement académique.

Les plus célèbres sont l’Académie suisse, ouverte en 1815, l’atelier que dirige Charles Gleyre à partir de 1844 et l’Académie Julian qui fonctionne depuis 1868.

– Le Salon

Le 1er Salon fut organisé en 1667 par Colbert. Il tire son nom du fait que, jusqu’en 1848, il se tient dans le Salon Carré du Louvre. Il occupe une place essentielle dans la vie artistique du XIXe siècle, car c’est pratiquement le seul lieu où les artistes peuvent montrer leurs oeuvres.

A des espaces de temps variables (un ou deux ans), le gouvernement offre au public une grande exposition de peinture, statuaire, dessin, pour laquelle il nomme un jury, généralement formé de membres de l’Académie, chargé de sélectionner les exposants.

En 1863, le jury se montre si sévère (3000 oeuvres refusées sur les 5000 proposées par les peintres) que Napoléon III autorise la tenue, dans une partie du Palais de l’Industrie distincte de celle où se tient à ce moment-là le Salon officiel, d’un “Salon des Refusés”.

L’expérience ne sera pas renouvelée. Cependant les expositions impressionnistes entre 1874 et 1886, la naissance de salons parallèles comme le Salon des Indépendants à partir de 1884, le développement du marché de l’art dans les galeries privées, permettront aux artistes de diversifier les occasions de montrer leurs oeuvres et de les vendre, ce qui mettra un terme à la situation de quasi-monopole du Salon.

– La critique d’art

C’est à partir du moment où le Salon a été organisé à un rythme régulier, c’est-à-dire vers 1750,

qu’est née la critique d’art sous la forme de comptes-rendus dans la presse.

Au milieu du XIXème siècle la production artistique est abondante, le nombre d’oeuvres proposées au Salon augmente, l’affluence des visiteurs s’accroît, et la difficulté qu’ils éprouvent à se forger un jugement explique leur intérêt pour les comptes-rendus qui leur sont proposés. Le critique joue un rôle de médiateur entre l’artiste et le public.

La plupart des rédacteurs sont des journalistes qui s’adonnent à la critique à titre occasionnel, mais quelques-uns se spécialisent dans ce domaine. Et, dans la tradition française à la suite de Diderot, des écrivains s’attachent à donner leur avis sur les Salons (Th. Gautier, Ch. Baudelaire, E. Zola, J.K.Huysmans…).

Si la plupart des commentaires se limitent à une description iconographique de l’oeuvre, le souci de forger le goût du public et de prendre parti est souvent manifeste. Couleur politique du journal, convictions personnelles des critiques, affinités avec certains artistes, donnent à de nombreux commentaires un ton polémique.

source : Musée d’Orsay. Les peintres, le Salon, la critique, 1848-1870, Joëlle Bolloch

 

II – LA PEINTURE DU SECOND EMPIRE

Au débuts, le Second Empire hérite, sur le plan stylistique, du conflit entre romantiques et classiques. Tout au long des années 1850, Delacroix et Ingres continuèrent à être les figures dominantes, certainement plus par leur renommée que par l’influence directe de leur style.

1 – NÉO-CLASSICISME ET CLASSICISME:

A- David et Ingres

Comparaisons, intéressantes à mener, tant dans les types et les styles que dans les sujets.

– Sur le plan du style, à travers les types féminins et masculins, se constatent chez les 2 une certaine mollesse des formes où se gomme le détail anatomique (cf. les fesses masculines), résultat de la primauté de la ligne, au détriment même du relief.

Par ailleurs, David est davantage soumis à l’esthétique gréco-romaine (cf. profil de femme)

– Petit à petit va s’affirmer l’indépendance d’Ingres par rapport au néo-classicisme. Plus de

traitement en “bas-relief romain”, donc formes tendant vers la platitude. A comparer les portraits, dans lesquels excellent les 2 artistes bien qu’ils n’apprécient guère le genre et préfèrent leurs morceaux de bravoure historiques, l’on voit bien que si David reste attaché à la description du volume et du détail de la figure, Ingres l’édulcore et la stylise, avec une simplification extrème de la forme, mais, paradoxalement, un lissé plus abouti.

– Même constat pour les oeuvres mythologique: le nu féminin est étiré et édulcoré chez Ingres

(noter la déformation du genou qui annonce la Grande Odalisque), tandis que David en présente un raccourci savant, en accuse et détaille les volumes, et traite le nu masculin avec une vigueur sculpturale.

– Le peinture d’histoire les met étonnamment en parallèle, dans la jeunesse de l’un et la maturité de l’autre.

Néo-Classicisme et classicisme: David (1748-1825) et Ingres (1780-1867)

3- David, Le serment des Horaces

4- Planche: Types féminins-Sabine et Odalisque, détails

5- Planche: types masculins-Romain des Sabines, Oedipe et le sphinx

6- Planche: Portraits

Ingres Portrait de madame Marcotte de Sainte Marie

David, Madame Charles Pierre Pécoul, belle-mère de l’artiste

7- Planche: Portraits, détails de tissus

8- Planche: nus mythologiques, Antiope et Zeus

9- Le prototype (le modèle?), Poussin, Nymphe et satyres

10- Planche: peinture d’histoire, Antiochus et Stratonice

– David, 1774

David échoue trois fois au Grand Prix de Rome, raison pour laquelle il gardera toujours une certaine rancoeur envers l’Académie. C’est avec Antiochus et Stratonice, qu’il l’obtient enfin en 1774.

– Ingres, 1840, Musée de Chantilly

C’est en 1834, peu de temps avant de partir pour Rome pour prendre ses fonctions de directeur de l’Académie de France qu’Ingres reçut la commande d’un tableau représentant La maladie

d’Antiochus de la part du duc d’Orléans, fils aîné du roi Louis-Philippe. Le tableau occupa l’artiste pendant des années à Rome. Ingres semble avoir été intrigué pendant longtemps par ce thème qui fut celui du concours du grand Prix de Rome en 1774 (année où David fut vainqueur). Le sujet était dans l’air et Méhul en fit un opéra en 1792 que Ingres a pu entendre lors de reprises en 1801, 1802 et 1806. Il s’agit d’un passage de la Vie de Démétrius (LII) de Plutarque. La scène se passe en Syrie :

Antiochus, fils de Séleucus, un des lieutenants d’Alexandre le Grand, brûle d’amour pour sa jeune belle-mère. Il tente de dissimuler sa passion et tombe malade mais le médecin Erasistrate parvient à déceler l’origine du mal : Antiochus se trouble dès que paraît Stratonice. Averti, Séleucus préférera céder sa femme et sauver son fils. Le thème du lit où languit le héros, la frise des figures, semblent avoir été empruntés à Poussin (Testament d’Eudamidas et La mort de Germanicus) tandis que la Pudicité Giustiniani du Capitole ou la Sainte Suzanne de François Duquesnoy (Rome, église Notre Dame de Lorette) ont servi de modèle pour Stratonice, un dessin de Flaxman intitulé Achille pleurant la mort de Patrocle pour le groupe du père et du fils. Mais le souci d’Ingres était de trouver le moyen de fondre ses figures dans un décor, savant et précieux à la fois. L’oeuvre, véritable manifeste du style néo-grec, connut un grand succès, en particulier lors de son exposition publique au Palais-Royal dès sa réception et à nouveau en 1846 au Bazar Bonne-Nouvelle. Ingres la fit graver par Reveil en 1851 et en réalisa en 1858-1860 une version réduite (Philadelphia Museum of Art). Un an avant sa mort, il entreprit la belle et imposante variante du musée Fabre. Il semblerait qu’il se soit aidé d’un calque conservé de la version du duc d’Orléans en simplifiant de nombreux éléments. Le décor dans son ensemble apparaît plus lumineux, moins dur et contrasté et la tonalité des draperies a changé. La perspective éloigne les protagonistes du regard en renforçant l’aspect théâtral de la scène.

B- Classicisme

Forte influence d’Ingres, considéré comme incarnant toutes les formes du classicisme idéalisé. – Amaury-Duval, son élève, se caractérise par la fraîcheur, la pureté du coloris et l’élégance linéaire. Hippolyte Flandrin par ses formes un peu plates. Louis-Charles Timbal et Pichon perpétuent un classicisme ingriste jusque dans les années 1880.

– Ceux qu’on a appelés néo-grecs et qui apparurent avant 1848 (avec Gérôme et son Combat de

coqs) l’adaptent chacun par des moyens différents, selon qu’il s’agit de Hamon, du jeune Auguste Toulmouche, et même parfois de Gleyre,.

– Enfin Degas lui a toujours été fidèle.

11- Planche: Classicismes 1, les Ingresques

Amaury-Duval (1808-1885), Baigneuse antique

Pierre Auguste Pichon (1805-1900) Annonciation

Flandrin Hippolyte (1809-1864) Jeune homme nu assis au bord de la mer

12- Planche: Classicismes 2, les Néo-grecs

Gleyre Marc Gabriel Charles (1808-1874) Les illusions perdues dit aussi Le Soir

Hamon Jean-Louis (1821-1874) Le Triste Rivage

Hamon Jean-Louis (1821-1874) La Comédie humaine

2 – ROMANTISME

Delacroix ne cessa de représenter le mouvement romantique. Avec sa propre génération, il poursuit son idée essentielle de la primauté de la couleur et de la liberté de touche.

– Les plus importants de ces peintres, tous de styles différents, sont Huet, pour le paysage, Dedreux, et Boulanger.

– Eugène Isabey et Diaz de la Peña perpétuent certains aspects romantiques jusque sous le Second Empire. Chassériau se réfère à Delacroix sans jamais renier son maître Ingres.

– D’autres adaptent son utilisation brillante de la couleur et du mouvement : Riesener

(dont Delacroix acheta des tableaux), Émile Lévy, Élie Delaunay, Fromentin, Gustave Moreau,

le jeune Puvis de Chavannes et Fantin-Latour. Une influence donc très répandue mais indirecte.

13- Romantisme: Delacroix (1798-1863)

Hors son style rapide (“on n’est pas peintre si l’on ne peut dessiner un homme tombant du 7e étage avant qu’il ne soit arrivé en bas”) et sa technique lâchée (“il faut toujours gâcher un tableau pour l’achever”), il inaugure durablement sur le plan des sujets. Il les réfère à la littérature (Dante), aux évènements contemporains (Scio), à l’Orient (Sardanapale), à l’allégorie (la Liberté). Tous éléments qui auront une influence non seulement sur les romantiques, mais aussi sur les autres courants picturaux (Ingres).

– La barque de Dante 1822

– Les massacres de Scio 1824

– La mort de Sardanapale 1827-28

– La Liberté guidant le peuple 1830

14- Planche: Romantismes 1, couleur et nature

– Boulanger Gustave Clarence Rodolphe (1824-1888) La Répétition du “Joueur de Flûte…” et de “la Femme de Diomède” dans l’atrium de la Maison Pompéienne à Paris du Prince Napoléon en 1860

– Dedreux Alfred (1810-1860) Randjiit Sing Baadour, roi de Lahore

– Huet Paul (1803-1869) Ruines du château de Pierrefonds

15- Planche: Romantismes 2, atmosphère, mouvement, orientalisme

– Isabey Eugène (1803-1886) Un orage sur la côte normande

– Diaz de la Pena Narcisse (1807-1876) Cavaliers turcs en déroute

– Chasseriau Théodore (1819-1856) Ali Ben Ahmed, dernier Khalifa de Constantine, chef de la

Tribu des Harakta, suivi de son escorte

16- Planche: Romantismes 3, littérature et nostalgie

– Delaunay Jules Elie (1828-1891) Ixion précipité dans les Enfers

Lapithe. Il demande la main de Dia, fille de Eionée, et promet à ce dernier de grandes largesses. Après le mariage, il ne respecte pas sa parole et Eionée saisit en gage ses chevaux. Ixion invite alors son beau-père à venir lui-même chercher ses présents. Une fois arrivé, il le fait jeter dans un puits de flammes. Il est alors pris en haine par les dieux. Zeus le prend finalement en pitié et, après l’avoir purifié, l’admet dans l’Olympe. Mais Ixion, loin de s’amender, tente de séduire Héra : celle-ci rapporte tout à son mari, qui façonne alors une nuée (Néphélé) à l’image de la déesse, que viole Ixion. Zeus le précipite dans le Tartare, où Hermès l’enchaîne à une roue enflammée qui tourne sans fin.

– Fromentin Eugène (1820-1876) Chasse au faucon en Algérie, la Curée

– Fantin-Latour (1836-1904) Rêverie

– Levy Henri (1840-1904) Oedipe et Antigone

– Gustave Moreau Oedipe et le sphinx 1864

– Puvis de Chavannes Pierre (1824-1898) Bellum, la Guerre

3 – RÉALISME

Courbet se définit autant par son choix des sujets que par son style et sa manière de peindre.

– Son principe (peindre sur un fond sombre avec une palette essentiellement limitée aux couleurs foncées) va influencer directement Bonvin et Carolus-Duran.

– Mais d’autres qui adoptèrent la même approche, notamment Ribot et Vollon, seront influencés par la peinture espagnole du XVIIe siècle tout autant que par le style de Courbet.

17- Courbet, Un enterrement à Ornans

18- Planche: Réalismes 1-Carolus-Duran, inspiration directe (imitation?)

– Courbet, L’homme blessé

– Carolus-Duran (1838-1917) L’homme endormi

19- Planche: Réalismes 2-Bonvin, inspirations diverses, souvenirs culturels

– Courbet Un après-dîner à Ornans

– Hooch Pieter de (1629-1684) La Buveuse

– Bonvin François (1817-1887) Intérieur de cabaret

20- Planche: Réalismes 3-Ribot, inspiration espagnole

– Ribera: Supplice de Marsyas, Supplice de saint Barthélémy

– Ribot Théodule (1823-1891) Saint Vincent

Vincent de Saragosse a été torturé en 304 par Dacien – sur une maie de pressoir, ce qui explique le fait qu’il soit saint patron des vignerons (symbolique du sang ayant coulé dans le pressoir à la place du vin, etc…) N’ayant pu le vaincre de son vivant, Dacien chercha à triompher de lui mort en exposant son corps en pleine campagne et en le livrant aux bêtes, mais un corbeau protégea sa dépouille.

21- Planche: Réalismes-Ribot-Prototypes et modèles

– Ribera Jusepe de (1591-1652), dit l’Espagnolet La Déposition du Christ

– La Tour Georges de (1593-1652) Saint Sébastien soigné par Sainte Irène

– Ribot Théodule (1823-1891) Saint Sébastien, martyr

 

III – LA PERIODE, STYLES ET VARIATIONS

De fait, aucune de ces personnalités ne donna naissance à un style, et l’un des caractères importants de la peinture sous le Second Empire a été justement l’absence d’une classification stylistique déterminée. En raison d’une tendance qui poussait les peintres à se spécialiser dans des genres particuliers, ce n’a pas été une période de mouvements faciles à définir. Complexité, absence de cohérence stylistique claire, conduisent à considérer la peinture du Second Empire en fonction des

sujets plutôt que des styles.

1 – PROTOTYPES ET MODELES

Les exemples ci-dessus montrent bien que, comme d’ailleurs en architecture, cette période éclectique va surtout se singulariser par la multiplicité de ses modèles et références, dont on relèvera quelques exemples:

22- Planche: Gérôme et Ingres, composition

– Gérôme Jean Léon (1824-1904) Siècle d’Auguste – naissance de N.S. Jésus Christ 1855

– Ingres Jean-Auguste-Dominique (1780-1867) Homère déifié, dit aussi l’apothéose d’Homère

1827

23- Planche: Corrège et Diaz de la Peña, mollesse des chairs

– Diaz de la Peña Narcisse (1807-1876) Nymphe endormie

– Corrège (1489-1534) Vénus, Satyre et Cupidon dit à tort – Le sommeil d’Antiope

24- Planche: Rubens et Cabanel, Composition et mouvement

– Cabanel, Nymphe et Satyre 1860

– Rubens, Enlèvement des filles de Leucippe

Hilaire, fille de Leucippe et de Philodicé, est une prêtresse d’Artémis, tandis que sa soeur Phébé sert Athéna. Toutes deux sont connues sous le nom de Leucippides. Toutes deux seront enlevées par les Dioscures.

25- Planche: Chardin et Bonvin, peinture de genre intimiste

– Bonvin François (1817-1887) La Fontaine en cuivre; intérieur de cuisine

– Chardin, La fontaine

26- Planche: Delacroix et Lévy, copie conforme

– Delacroix, Médée

– Henri-Leopold Levy (1840-1904), Joas sauvé du massacre des petits fils d’Athalie

Joas est un roi de l’ancien royaume de Juda et seul survivant des fils d’Ahaziah. Alors qu’il n’était encore qu’un nourrisson, il fut sauvé par sa tante Jehosheba du massacre général de sa famille ordonné par Athalie; il fut, semble-t-il, le seul à survivre des descendants de David. Son oncle, le grand prêtre Joad, le présenta au peuple quand il avait neuf ans, le couronna, l’oignit et le fit proclamer roi. Athalie fut prise au dépourvu quand elle entendit le peuple crier : « Vive le roi ! » ; elle se montra dans le temple pour combattre ce coup d’État mais Joad ordonna qu’on l’en expulsât et qu’on la mît à mort.

“Quand Athalie, la mère d’Achazia, vit que son fils était mort, elle se leva et fit disparaître toute la descendance royale. Cependant Joshéba, fille du roi Joram et soeur d’Achazia, prit Joas, le fils d’Achazia, et l’enleva du groupe des fils du roi quand on les fit mourir. Elle le mit avec sa nourrice dans une chambre à coucher du temple. C’est ainsi qu’on le cacha à Athalie et il ne fut pas mis à mort.” (Livre des rois 11-1-20)

27- Planche: référence culturelle et compositionnelle

– Dubreuil Toussaint (1561-1602) Hyante et Climène à leur toilette

Scène tirée du livre III de la Franciade. Hyante et Climène, deux filles du roi de Crète qui héberge Francus, amoureuses de ce héros, s’affairent à leur toilette pour le séduire.

– Glaize Auguste-Barthélémy (1807-1893) Le Sang de Vénus

28- Planche: Nature morte, Oudry et Couture

29- Planche: Nature morte, Chardin

– Rousseau Philippe (1816-1887) Chardin et ses modèles

– Chardin, Les apprêts du déjeuner

– Dupont-Watteau (1756-1821) Attributs des arts

30- Planche: Memento Mori, permanence de la symbolique des Vanités

– Couture Thomas (1815-1879) Bulles de savon

– Netscher Caspar (1639-1684) Deux garçons faisant des bulles

2 – LES SUJETS

Reste prééminents les sujets historiques. La continuité de cette tradition qui remonte à David et, avant lui, à Le Brun, est assurée au début du Second Empire par Delacroix et Ingres, qui, malgré la grande indépendance de leur interprétation de ces sujets, continuent à pratiquer la peinture narrative de figures, et à la placer au-dessus de tous les autres genres. Je ferai ici le contraire, et commencerai par les sujets dits mineurs, car ce sont eux les plus simples.

A- La nature morte

La nature morte, particulièrement encouragée par un renouveau d’intérêt pour les XVIIe et XVIIIe siècles, va retrouver une vitalité nouvelle, et Vollon, Blaise Desgoffe et Fantin-Latour, en feront une sorte de spécialisation.

31- Planche: Nature morte

– Rousseau Philippe (1816-1887) Nature morte au jambon

– Fantin-Latour Henri (1836-1904) Nature morte, dite de fiançailles

– Vollon Antoine (1833-1900) Fruits et objets d’art sur une table avec l’aiguière de François Ier

– Bonvin François (1817-1887) Nature morte à la palette ou les attributs de la peinture

B- Le Paysage

Reconnu sans équivoque comme une catégorie noble, le paysage subit des changements énormes au cours des dix-huit années du Second Empire.

– Tradition classique:

Elle se continue avec des peintres comme Français et Bénouville dont les oeuvres sont composées et éclairées à la manière italienne, en dernière analyse dérivées de Claude Lorrain.

– Visions personnelles:

Corot apporte ses rêves très personnels de brume et de brouillard. Courbet une manière plus sombre, les paysagistes de Barbizon – en particulier Troyon et Théodore Rousseau, une vision où s’allient naturel et romantisme. Cibot, un peu comme Courbet, observe et arrange, tandis que Daubigny, simplifie sa palette et compose avec une élégance ornementale.

– Préludes à l’Impressionnisme:

Des figures situées en dehors de l’activité parisienne, Guigou dans le Midi, Jongkind et Boudin sur la Manche, apportent au paysage une qualité nouvelle, avec leur insistance à peindre sur le

motif, qui devait influencer Sisley, Pissarro, Renoir et Monet. Si ce groupe de peintres n’apparut

Vraiment comme un mouvement que quatre ans après la chute du Second Empire, avec la première exposition impressionniste, la nouveauté de leur vision, avec ce qu’elle devait à ce qui les avait précédés, était évidente dès avant 1870.

32- Planche: Classicisme et école de Barbizon

– Benouville Jean Achille (1815-1891) Le Colisée vu du Palatin

– Corot Jean-Baptiste Camille (1796-1875) L’étang à l’arbre couché

– Troyon Constant (1810-1865) Le passage du gué

– Rousseau Théodore (1812-1867) Route dans la forêt de Fontainebleau, effet d’orage

33- Planche: vers l’Impressionnisme

– Daubigny Charles-François (1817-1878) Le Printemps

– Boudin Louis-Eugène (1824-1898) Blanchisseuses au bord d’un ruisseau

– Guigou Paul Camille (1834-1871) Paysage de Provence. Vue de Saint-Saturnin-les-Apt

– Jongkind Johan Barthold (1819-1891) La Seine au pont Marie

C- Peinture d’histoire

Même timidement elle subit une évolution. Les sujets se multiplient, intègrent tranches d’histoire

“moderne” et littérature, la peinture religieuse est en déclin.

– Batailles:

La tradition des tableaux de batailles qui avait pris naissance sous le Premier Empire, alimentée par les commandes officielles, continue. Parmi les nombreux spécialistes, Hippolyte Bellangé, Adolphe Yvon, Henri Philippoteaux, Meissonier et John-Lewis Brown.

34- Planche: Batailles

– Meissonier Jean-Louis-Ernest (1815-1891) Campagne de France, 1814

– Yvon Adolphe (1817-1893) Bataille de Solférino, 24 juin 1859

– Philippoteaux Henri-Félix-Emmanuel (1815-1884) Episode de la guerre de Crimée en 1854.

Charge des chasseurs d’Afrique commandés par le général d’Allonville à la bataille de

Balaklava, le 25 octobre 1854

– Idéalisme:

Henri Lévy, Gustave Moreau, Delaunay, Puvis de Chavannes, Paul Chenavard tendent à ne plus donner des sujets antiques ou historiques une interprétation strictement narrative, mais mettent un accent nouveau d’idéalisme et pratiquent déjà une forme de symbolisme.

35- Planche: Idéalisme

Henri Leopold Levy (1840-1904) Hérodiade

Delaunay Jules Elie (1828-1891) La Peste à Rome

Degas Edgar (dit), Gas Hilaire-Germain Edgar de (1834-1917) Sémiramis construisant

Babylone

Puvis de Chavannes La paix

– Récits historiques:

On a tendance à chercher des récits dans des périodes historiques plus récentes que l’antiquité

(Delaroche, Degas jeune) : des sujets médiévaux (Penguilly-L’Haridon), ceux qui sont empruntés à la Renaissance et au XVIIe siècle (Gérôme et Meissonier).

36- Planche: Histoire imaginée

– Penguilly Combat des trente

Le combat des Trente est un fameux épisode de la guerre de succession de Bretagne. Le 26 mars 1351, les trente Bretons de Jean de Beaumanoir s’immortalisent en luttant contre les trente hommes commandés par Brandenburg (Anglais, Allemands, Flamands et Bretons).

– Cormon Fernand (1845-1924) (dit), Retour d’une chasse à l’ours. Age de la pierre polie

– Delaroche Paul (1797-1856) Charlemagne traverse les Alpes au Mont-Cenis défendu par les

Lombards en 773

37- Planche: Histoire réinventée, scènes “historiques”

– Debat-Ponsan Un matin à la porte du Louvre

– Delaroche Paul (1797-1856) Mort d’Elisabeth, reine d’Angleterre, en 1603

38- Ingres Jean-Auguste-Dominique (17801867) François Ier reçoit les derniers soupirs de

Léonard de Vinci

39- Planche: Récits historiques, Vies d’artistes

– Vernet Horace (1789-1863) Raphaël au Vatican (dans la cour de Saint Damase)

– Cibot François (1799-1877) Le Pérugin et Raphaël

40- Planche: récits historiques, l’histoire en images

– Fragonard Alexandre-Evariste (1780-1850) Diane de Poitiers dans l’atelier de Jean Goujon

– Fragonard Alexandre-Evariste (1780-1850) Scène de massacre de la Saint-Barthélémy,

dans l’appartement de la reine de Navarre

– Robert-Fleury Joseph Nicolas (1797-1890) Scène de la Saint-Barthélémy, assassinat

de Briou, gouverneur du Prince de Conti, 24 août 1572

– Gerôme Jean Léon (1824-1904) Le roi Candaule

Versions différentes de l’histoire. Celle qui a le plus inspiré les artistes en raison de son fort pouvoir érotique, Hérodote la raconte d’après une poésie perdue d’Archiloque de Paros. Le roi Candaule trouvait sa femme plus belle que toutes les autres. Sans cesse, il vantait à Gygès, officier de sa garde du corps, les charmes de son épouse et un jour, il l’invita à se convaincre, de visu, de la beauté de celle-ci. Gygès refusa l’offre sacrilège mais le roi insista. Dissimulé derrière la porte de la chambre nuptiale, Gygès assista au coucher de la reine. Mais, au moment où il s’esquivait, la souveraine l’aperçut. Feignant de n’avoir rien remarqué et persuadée que son mari avait voulu l’humilier, elle jura de se venger. Le lendemain matin, elle convoqua Gygès et lui offrit l’alternative d’être exécuté ou de tuer Candaule, de s’emparer du trône et de l’épouser. Gygès refusa d’abord l’offre de la reine, puis, devant son insistance, il résolut de tuer Candaule. La reine le cacha à l’endroit où il s’était dissimulé la veille ; Candaule mourut, poignardé par Gygès durant son sommeil. Quand il fut installé sur le trône, Gygès se heurta à des adversaires.

– Rochegrosse Georges Antoine (1859-1938) Andromaque

– Récits littéraires:

La littérature savante fournit des possibilités que le romantisme sous-jacent va exploiter.

41- Planche: Littérature, Dante

Deully et Bouguereau, Dante et Virgile aux enfers

42- Planche: Littérature, Shakespeare

– Cabanel Alexandre Ophélie

– Hébert Ernest (1817-1908) Ophélie

– Chasseriau Théodore (1819-1856) Le coucher de Desdémone

– Decamps Alexandre Gabriel (1803-1860) Les Sorcières de Macbeth

– Constant Jean Joseph Benjamin (1845-1902) Hamlet et le roi (Shakespeare, Hamlet, acte III,

scène 3)

43- Planche: Autres sujets littéraires

– Blanc Joseph-Paul (1846-1904) La Délivrance. Roger et Angélique

– Orlando Furioso, ou Roland furieux , poème épique de 46 chants de l’Arioste; écrit au début du XVIe, il est publié en 1516, puis, avec variations, en 1521 et 1532. Angélique est une reine d’orient. Le chevalier Roland, tombé amoureux d’elle, l’emmène avec lui en France. Elle est enlevée par des pirates et livrée à un monstre, mais le chevalier Roger, monté sur un hippogriffe, parvient à la délivrer. Angélique rencontre par la suite un soldat sarrasin blessé, Médor, qu’elle soigne et finira par épouser. Lorsque Roland découvre leur amour, il devient fou furieux. Roland furieux part alors pour la guerre où il accomplit de nombreux exploits.

– Fantin-Latour Ignace Henri Jean Théodore (1836-1904) Scène première du Rheingold (L’Or

du Rhin)

– Poterlet Louis Henri Hippolyte (1803-1835) Lady Rowena recevant la cassette des mains de

Rébecca (Walter Scott, Ivanohé)

– L’imaginaire:

Une autre forme de la peinture de figures, d’un caractère subjectif et de pure fantaisie, semble

particulièrement dans l’esprit de cette époque. Ce sont peut-être les oeuvres érotiques de Delacroix, comme ses Femmes turques au bain, ou le même sujet traité par Ingres, qui furent à l’origine d’un nouvel état d’âme lyrique et poétique, souvent tiré de sources littéraires obscures ou d’allégories d’une signification subjective. Jalabert, Fantin-Latour, Hamon, Glaize et surtout Gustave Moreau.

44- Planche: Imaginaire et symbolisme

– Charles Francois Jalabert Nymphes écoutant chanter Orphée 1853

– Moreau Gustave (1826-1898) Fée aux griffons

– L’orientalisme:

– Decamps et Delacroix continueront bien avant dans le Second Empire à peindre des sujets orientaux dramatiques.

– Mais les artistes plus jeunes, comme Belly et Gérôme, apportèrent à leur sujet un réalisme encore plus accentué du détail observé, en même temps qu’ils éliminent partiellement le romanesque héroïque de la génération précédente.

45- Planche: Orientalisme

– Gerôme Jean Léon (1824-1904) La Prière

– Belly Léon Adolphe Auguste (1827-1877) Pèlerins allant à la Mecque 1861

– Fromentin Eugène (1820-1876) Tailleurs devant la mosquée

D- Peinture de genre

Le genre, considéré jusque là comme une forme mineure, eut une histoire variée et

complexe au cours de cette période.

– Sujets paysans:

A Rome se perpétuait une forme de sujet paysan, peuplé de jeunes campagnardes, représenté par Hébert. En France, ce nouvel engouement va trouver son maître avec Millet, et Breton y ajoutera un peu plus d’idéalisation.

46- Planche: Sujets paysans

– Hébert Ernest (1817-1908) Paysannes à la fontaine

– Breton Jules (1827-1906) L’arc en ciel à Courières

– Millet Jean-François La Tricoteuse

– Animaliers:

Philippe Rousseau, Troyon et Rosa Bonheur, se sont consacrés presque exclusivement à la peinture animalière. Leur succès, vu l’accueil des critiques et les prix atteints par leurs oeuvres, prouve la valorisation de sujets traditionnellement considérés comme mineurs et, en corollaire, l’affaiblissement de la hiérarchie traditionnelle.

47- Planche: Animaliers

– Troyon Constant (1810-1865) Temps orageux et troupeau

– Rousseau Philippe (1816-1887) Nature morte – gibier et panier.

– Bonheur Rosa (dit), Bonheur Marie Rosalie (1822-1899) Moutons dans les Highlands

– Sujets bourgeois, mondains, intimistes

48- Planche: Sujets bourgeois, mondains, intimistes

– Breslau Marie-Louise-Catherine (1856-1927) Chez soi ou Intimité (mère et soeur)

– Tissot James Jacques Joseph (1836-1902) Le bal

– Detouche Paul Emile (1794-1874) L’attente du bal masqué

– Stevens Alfred (1823-1906) Après le bal

– Toulmouche La fiancée hésitante (1866)

– Brown John George (1831-1913) La leçon de musique

– Stevens Alfred (1823-1906) Tous les bonheurs. Scène familiale

E- Le Portrait

– L’art du portrait va se développer pour répondre à la demande de l’État, en lui fournissant les images publiques nécessaires, mais aussi à celle de la bourgeoisie.

– Il deviendra de plus en plus une spécialité, à tel point qu’un artiste comme Bonnat, qui commença par être peintre d’histoire conformément à sa formation, a dû consacrer presque toute son activité à cette pratique lucrative.

49- Planche: Winterhalter, Bonnat, Tissot

– Winterhalter Franz Xaver (1806-1873) Mme Barbe de Rimsky-Korsakow

– Bonnat Léon Joseph Florentin (1833-1922) Mademoiselle de Nouille

– Tissot James (dit), Jacques Joseph (1836-1902) Le thé

50- Planche: Bourgeoisie

– Fantin-Latour Ignace Henri Jean Théodore (1836-1904) Charlotte Dubourg (1850-1921),

soeur de la femme de l’artiste

– Henner Jean Jacques (1829-1905) Portrait de la comtesse de Callac

– Delaunay Jules Elie (1828-1891) Madame Toulmouche

– Delaunay Jules Elie (1828-1891) Portrait de mademoiselle Stéphanie Brousset

– Toulmouche Auguste (1829-1890) Le Billet

51- Planche: Originalités

– Brown Thomas (1859-1924) Mademoiselle Plume rouge

– Rochegrosse (1859-1938) L’espiègle

52- Planche: Comparaisons-Portraits bourgeois

– Carolus-Duran (1838-1917) La Dame au gant.

– Monet Claude (1840-1926) Madame Louis Joachim Gaudibert.

Détails des mains gantées

53- Planche: Comparaisons-Portraits Icones

– Cézanne, Achille Emperaire

– Delaunay Jules Elie (1828-1891) Portrait de Mme Georges Bizet

F- Le Nu

S’il n’est pas un genre à part entière, du moins pas classé comme tel, il occupe tant de place, dans la peinture en général et du XIXe en particulier que je lui fais une place à part. On va le voir ainsi se camoufler dans des sujets “nobles”, mais aussi se manifester, peu et rarement, mis parfois tout de même, comme sujet propre, ouvrant ainsi la voie à toute la suite.

54- Planche: Nus antiques

– Gerôme Jean Léon (1824-1904) Phryné devant l’aréopage

– Baudry Paul Jacques Aimé (1828-1886) La Toilette de Vénus

55- Planche: Nus mythologiques

– Chasseriau Théodore (1819-1856) Andromède attachée au rocher par les Néréides

– Chasseriau Théodore (1819-1856) Apollon et Daphné.

– Charles Gleyre Sapho

56- Planche: Nus exotiques

– Chasseriau Théodore (1819-1856) Bain au sérail

– Muller Charles Louis (1815-1892) Odalisque

57- Planche: Nus au naturel

– Millet Jean-François (1814-1875) Femme nue couchée

– Couture Thomas (1815-1879) Etude de nu

– Carolus-Duran (1838-1917) Lilia

3 – COMPARAISONS

En résumé, le Second Empire fut le témoin d’un changement radical dans l’histoire de la peinture, d’abord par la diversité nouvelle des oeuvres produites, le nombre des attitudes qu’elles impliquaient étant peut-être sans précédent, ensuite dans les institutions en particulier les Salons – très étroitement liées à la façon de voir et de juger la peinture. Ce vaste déploiement a vu se créer des

oeuvres d’une immense qualité et s’épanouir des artistes de génie, mais cela dans un contexte de tensions institutionnelles qui a favorisé progressivement la primauté de l’individu. Ce fut, en vérité, une période d’abondance, et il est intéressant de mettre en parallèle les oeuvres pour déceler analogies et différences, faire la part du modernisme (et quel modernisme?) et en déduire les apports des uns et des autres.

58- Planche: traitement du sujet, Marat par David et Baudry

L’un est une pieta, sobre et à la gloire seule de Marat, l’autre raconte l’histoire et donne la vedette à Charlotte Corday.

59- Planche: sujet identique tiré de Dante, traitements parallèle et différent de par la mise en page et le choix du moment. Qui est le plus ringard?

– Ingres, Coupin de la Couperie,

– Cabanel.

60- Planche: Nus mythologiques: classicisme de la pose

– Ingres La source

– Amaury-Duval (1808-1885) La Naissance de Vénus

– Bouguereau William 1825-1905) Naissance de Vénus

61- Planche: Erotisme de la pose

– Courbet Femme au perroquet

– Riesener Louis Antoine Léon (1808-1878) Erigone

Erigone – Fille de l’Athénien Icarius, qui avait introduit dans ses États le culte de Dionysos, fut

aimée du dieu, qui, pour la séduire, se transforma en grappe de raisin. Apprenant la mort de on père, qui avait été massacré par des bergers ivres, elle se pendit de désespoir. Zeus, pour récompenser sa piété filiale, la plaça dans la constellation de la Vierge

62- Planche: Exotismes

– Manet, L’olympia

– Bazille, La toilette

– Debat-Ponsan, Scène de hammam

63- Planche: Harems

– Ingres, Petite odalisque

– Lecomte du Noüy Jean Jules Antoine (1842-1923) L’Esclave blanche

64- Planche: Déshabillages

– Gervex, Rolla

– Manet, Le déjeuner sur l’herbe

– Courbet, Les demoiselles du bord de Seine

65- Planche: Baignades

– Rubens Pierre Paul (1577-1640) Galerie Médicis

– Van Poelenburgh Cornelis (vers 1586-1667) Baigneuses

– Courbet, Baigneuses, 1853

66- Courbet Gustave (1819-1877) La femme dans les vagues

67- Planche: Comparaisons- détails (chairs)

Amaury-Duval, Baudry, Cabanel, Carolus-Duran, Manet, Bouguereau, Chassériau, Courbet

 

Source principale: catalogue d’exposition L’art en France sous le 2d Empire

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