Géricault, Le radeau de la méduse

L’HISTOIRE

PREALABLES

À l’aube du 17 juin 1816, la frégate royale La Méduse quitte Rochefort avec sa flottille d’escorte : la corvette L’Echo, le brick L’Argus, la flûte La Loire. Le but est de coloniser le Sénégal en reprenant aux Anglais une ancienne possession française, avec un double intérêt politique (rehausser le prestige de Louis XVIII) et économique (le Sénégal est le principal producteur, et surtout achemineur, de la gomme, dont France, Hollande et Angleterre se disputent l’exclusivité).

Le contexte politique :

Les bouleversements politiques (Révolution, Consulat, Empire, Restauration, les Cent jours et la Terreur blanche) n’ont pas été sans conséquence sur l’état de la Marine. À la fin de l’Ancien Régime, la France est dotée d’une marine importante et performante, dont les frégates, dessinées par un ingénieur de génie (Jacques Noêl Sacré), faisaient l’admiration (et la jalousie) des Anglais (La Méduse sera l’une des plus récentes, construite en 1807 avec tous les perfectionnements modernes). Louis XVI connaît tout de la Marine et lui accorde le plus grand intérêt, les officiers forment une élite bien formée, et sont, pour la plupart, royalistes. La Révolution y mettra bon ordre : elle décapite (au propre et au figuré) le corps, et remplace les marins chevronnés par des révolutionnaires. C’est la ruine des escadres françaises. Napoléon, après Trafalgar, en prendra conscience, et rétablira une école navale, mais c’est un peu tard, et la Restauration, elle aussi, remplacera les élites nouvellement formées par les émigrés.  Louis XVIII nommera aux postes clé des « rentrants » fidèles à la Royauté.

Le chargement de La Méduse :

Pour le Sénégal, il faut un gouverneur, des militaires, des civils plus ou moins scientifiques, des médecins, etc. On décide de réduire le nombre de canons, et l’équipage, pour laisser place aux passagers. Outre du matériel et des vivres, la frégate embarque 150 hommes d’équipage, 230 passagers (dont le gouverneur Schmaltz, sa femme, sa fille, et leur suite), 2 compagnies de 84 hommes (le « bataillon d’Afrique, cosmopolite, avec quelques femmes et son état-major), des ouvriers et leurs épouses, une soixantaine d’« explorateurs » (parmi lesquels l’ingénieur Corréard), un chirurgien major (Follet) et un chirurgien de 2e classe (Savigny), et d’autres médecins civils.

Les hommes :

–       Le commandant, Hugues Duroy de Chaumareys, est d’une famille d’anciens bourgeois ennoblis par Louis XV. Son passé est peu glorieux, et il n’a pas navigué depuis 25 ans. Mais il ne fait rien pour se mettre au courant, méprise ses sous-officiers pro napoléoniens et s’en méfie. On lui donne le commandement de la flotte, et pour seul guide les instructions du ministre de la marine, qu’il suivra à la lettre.

–       Le second, Reynaud, s’est instruit sur le tas avec la génération républicaine.

–       Le lieutenant Jean Espiaux est homme d’élite, mais bonapartiste : il sera donc ignoré par Chaumareys.

–       Rang, fils d’émigré, sera apprécié malgré son expérience limitée.

–       Coudein, fils d’un capitaine de vaisseau brillant, mis à pied par Louis XVIII, a grandi dans l’exaltation de l’épopée impériale. Embarqué dès l’âge de 10 ans, il ne peut avoir grande estime pour l’incompétent Chaumareys, et sera bien évidemment suspect.

–       Le gouverneur Schmaltz, d’origine germanique, est un aventurier, royaliste de fraîche date.

–       Sur la corvette L’Echo, le commandant François-Marie Cornette de Vénancourt, formé à l’école royale jusqu’en 1790, émigré, engagé dans la marine étrangère de 1795 à 1803, est homme de grande science nautique et de grande expérience, mais il devait y avoir rivalité entre lui et Chaumareys.

–       Le brick L’Argus est dirigé par un homme sans histoires, Léon Henry de Parnajon.

–       La Loire, par Auguste-Marie Gicquel des Touches, breton, marin d’une famille de marins, qui à 32 ans totalise 22 ans de service. Il rencontrera et conseillera Chaumareys, malheureusement sans grand résultat.

Les cartes :

La côte africaine est très mal connue, les cartes n’en sont faites qu’à partir des observations des navigateurs. On sait pourtant que c’est une côte dangereuse à cause de la présence d’un banc de sable (le banc d’Arguin) très avancé au large, mais dont on ne connaît pas la situation exacte. La seule carte est la carte de Bellin, « si défectueuse qu’il serait dangereux de s’y fier », selon les termes de l’amiral de Rosily qui la donne, avec ses instructions, aux quatre navires, avec le conseil de suivre la côte jusqu’au Cap Blanc, puis de s’en écarter pour éviter le banc d’Arguin, en sondant de temps en temps. Les marins expérimentés ont toujours su qu’il était prudent de naviguer au plus loin de la côte : la route prescrite est donc des plus périlleuses,

 

Toutes les conditions sont réunies pour que l’aventure tourne mal. On aurait pu pourtant échapper à la catastrophe, si une série d’incidents n’étaient venus aggraver la situation.

 

LE DRAME

La navigation :

On est en juin. Il faudrait partir vite pour éviter la mauvaise saison. Il faudrait aussi être un très bon marin pour suivre la route prescrite. Or :

–       Le départ est retardé à cause de la pauvreté des arsenaux, du regroupement des passagers, etc. Il n’aura lieu que le 17 juin.

–       Les instructions veulent que la flotte soit réunie pour arriver de façon massive à Saint-Louis et impressionner les Anglais. Mais parallèlement, le ministre recommande de faire diligence, et Schmaltz est pressé. Très vite, la frégate, plus rapide, prendra donc le large, suivie péniblement par la seule corvette.

–       Il semble qu’il y ait eu quelque accroc entre Chaumareys et ses officiers, à la suite duquel il placera toute sa confiance en un certain Richefort, simple passager, aventurier fat et ignorant, qui se prétend ancien officier de marine et affirme bien connaître Saint Louis du Sénégal.

–       Après Santa Cruz, il est essentiel de bien reconnaître la haute falaise du Cap Blanc. Le 1r juillet, on croit l’apercevoir à 20 heures, alors qu’il ne sera réellement doublé que le 2 à 3 heures du matin.

–       À 23 heures, L’Echo a dépassé La Méduse. Il la voit un moment, puis la perd de vue et gouverne au large pour doubler le banc d’Arquin.

Les évènements :

Sur la frégate, Chaumareys va se coucher et confie le quart à ses officiers, l’enseigne Chaudière, relevé par Reynaud. On croit avoir doublé le Cap Blanc, les sondages sont rassurants, bien que peu fiables. À 7h30 Chaumareys se rabat vers la côte. À 8h la mer se couvre d’algues, signe de danger. Mais depuis 7h30, pour gagner du temps, Chaumareys ne sonde plus. Quand finalement, peu avant 15h, on sonde et que le danger devient évident, Chaumareys ordonne de virer de bord, mais avec un temps de retard, et insuffisamment : La Méduse s’échoue le 2 juillet.

On connaît les manœuvres qui auraient pu la sauver une fois la mer un peu montée, mais elles seront mal exécutées, et après que la frégate eût presque redémarré, elle s’échouera définitivement.

L’évacuation :

–       Après la construction d’un radeau, on précipite l’évacuation, sans aucune nécessité (hormis, sans doute, l’impatience de Schmaltz) sans prendre le temps de mettre les embarcations en état et de rendre le radeau plus flottable.

–       Répartition : Un conciliabule des « chefs » répartit les 400 naufragés en deux parties : d’un côté notables, officiers de marine, équipage, de l’autre militaires et passagers modestes. Au commandement du radeau, on met Coudein qui, blessé, peut à peine se tenir debout.

–       Embarquement (5 juillet à l’aube) : dans le grand canot prennent place la famille Schmaltz et ses bagages, 35 personnes en tout au lieu des 50 qu’il peut accueillir, dans le canot major, 45 au lieu de 50. Le canot du Sénégal fait le plein avec 25 personnes, la yole également avec 15. Le canot du commandant n’en embarque que 28 au lieu de 46. La chaloupe, sous le commandement d’Espiaux, en charge 40, mais Espiaux retourne à La Méduse, y trouve plus de 60 personnes, décide de les embarquer ; certains préfèreront rester sur la frégate, et la chaloupe repart avec 88 personnes, ce qui la rend quasi ingouvernable.

–       Les canots s’amarrent entre eux pour remorquer le radeau. Mais à la suite d’une fausse manœuvre de la chaloupe, une remorque casse. Accidentellement ou volontairement, l’amarre principale est rompue, et le radeau abandonné (5 juillet, 9h).

–       Le radeau : sur ses 20x7m ont pris place 147 naufragés, dont l’aspirant Coudein, le chirurgien Savigny, quatre officiers d’infanterie, 120 soldats, 15 matelots, quelques civils dont Corréard. Il enfonce de 50cm au centre, 60 à 70 ailleurs, sa flottabilité est médiocre. De fait, la plupart des passagers ont de l’eau jusqu’aux épaules. Pas d’instruments de navigation, pas de vivres, hors un sac de biscuits et… 5 barriques de vin.

Les divers naufragés :

–       Le canot du gouverneur et celui de Chaumareys parviendront à Saint-Louis le 8 juillet vers 22h.

–       La chaloupe gagne la terre le 6, et les soldats exigent de débarquer. 45 hommes quittent la chaloupe et devront parcourir 400km de désert. Ils n’atteindront Saint-Louis que le 22 juillet après-midi, après avoir perdu une femme et quatre soldats. Espiaux continue sa route, recueille les passagers de la yole, est finalement contraint de débarquer par le reste de la troupe qui fait en sorte de fracasser la chaloupe sur des récifs.

–       Le canot du Sénégal, le canot major, débarquent également sous la pression de leurs équipages. Au total, 116 personnes, à pied, atteindront Saint-Louis le 12 juillet à midi.

–       Des 17 hommes restés sur la Méduse, seuls 3 survivront, récupérés par Reynaud, (envoyé de fait pour récupérer le matériel et les barils d’or restés dans les cales) à bord d’une goélette anglaise. Rendus à demi fous par la peur, 12 se noieront sur un radeau de fortune, un sur une cage à poules, l’autre mourra d’inanition.

Le radeau :

Les récits des survivants, pour l’essentiel celui de Corréard et Savigny qui se donnent évidemment le beau rôle, ne sont pas totalement fiables. Ce qui est certain, c’est que le radeau se videra peu à peu de ses occupants, et comme par hasard des moins « gradés » :

–       Lors d’une première révolte (les soldats ivres auraient attaqué les officiers), 65 hommes sont massacrés.

–       Une deuxième révolte (Savigny déclarera qu’atteints par la « calenture », maladie coloniale, les hommes étaient devenus à moitié fous) réduira les occupants à 30 hommes.

–       Alors commencent les scènes d’anthropophagie.

–       On se débarrasse encore de quelques autres, on jette les malades et les blessés à la mer (on persuade même la cantinière d’y suivre son mari !). Ne restent plus que 15 survivants

–       Le 17 juillet apparaît au loin l’Argus, qui ne les voit pas, disparaît, et enfin réapparaît.
5 des 15 rescapés mourront à l’hôpital : le sous-lieutenant Lozach, Clairet, le sergent-major Charlot, le maître canonnier Courtade, le soldat « noir » Jean-Charles. Ne resteront plus que 10 hommes : Dupont, capitaine d’infanterie, Lheureux, lieutenant d’infanterie, Griffon du Bellay, secrétaire de Schwartz, Coudein, aspirant, Coste, matelot, Thomas, timonier, François, infirmier, Corréard, ingénieur, Savigny, chirurgien.

 

 

LA PEINTURE DE GERICAULT

 

La Méduse s’est échouée le 2 juillet 1816. Sitôt connue, l’affaire devient politique. En 1817, Corréard et Savigny publient le récit du naufrage, qui apparaît comme un réquisitoire contre le régime. En 1818, Géricault, qui rentre d’Italie, a l’idée du tableau et commande une toile de 7x5m. En 1819, il présente au Salon sa Scène de naufrage, dont le titre ne trompera personne, et qui deviendra une sorte de manifeste anti-royaliste.

 

Géricault (1791-1824) est d’une famille de nantis rouennais (père avocat, mère fille de procureur), installée à Paris en 1795. La mort de sa mère (1808), puis celle de sa grand-mère (1812) le dotent d’une petite fortune qui lui permettra de dédaigner commandes et carrière.

Elève du Lycée Impérial, il le quitte pour se consacrer à la peinture grâce au soutien, auprès de son père, de son oncle maternel et de sa jeune femme (Alexandrine Modeste), qui aurait été sa maîtresse, et dont il aurait eu en 1818 un fils (abandonné à sa naissance), Georges Hippolyte.

En 1811, il est inscrit aux Beaux-Arts, en 1812 candidat au prix de Rome, en novembre de la même année il reçoit une médaille d’or au Salon pour le Portrait équestre de M.D. dit aujourd’hui

Chasseur de la Garde : L’oeuvre fait remarquer Géricault, d’autant plus qu’elle est présentée au Salon face au tableau de Gros, Murat, roi de Naples, portrait de convention. L’opposition est étonnante, non seulement par le style (l’un, figé et léché, l’autre en mouvement et brossé avec fougue), mai aussi par le sujet, Dieudonné, modèle de Géricault, n’étant qu’un modeste soldat sorti du rang, première représentation équestre dans l’histoire d’un homme du peuple.

En 1816, deuxième participation au prix de Rome. Il voyage en Italie jusqu’à la fin de 1817, rentre à Paris, et commence la Méduse au début de l’hiver 1818.

1-    Première phase : la documentation. Le récit de Corréard et Savigny lui servira de base. Il en rencontre les auteurs, ainsi que d’autres survivants, dont le charpentier du navire qui lui fait une maquette du radeau (il y placera des figures de cire pour travailler ses groupements de personnages).

2-    Il quitte son atelier trop petit de la rue des Martyrs pour s’installer Faubourg du Roule.

3-    A l’hôpital Beaujon, voisin, il étudie les malades et soudoie les infirmiers pour obtenir des membres coupés qu’il conserve des mois (son atelier est un charnier !)

4-    Il s’enferme dans son atelier, n’y reçoit que ses modèles et ses proches, se fait raser la tête pour ne pas être tenté de sortir ( ? peut-être n’est-ce que légende)

5-    A la fin, pour juger de son travail dans un grand espace, il fait porter sa toile au foyer du théâtre Italien, salle Favart (Opéra-Comique). Là, il constate un vide et ajoute à la hâte, un ami pour modèle, le personnage renversé à la tête drapée dans le suaire.

La gestation de l’œuvre :

L’artiste hésite sur le choix du moment à représenter : le sauvetage est trop anecdotique, la mutinerie trop chaotique,  le cannibalisme trop sordide. Il choisira, après avoir fait de nombreux dessins sur chacune des étapes, le dénouement, c’est-à-dire l’apparition de l’Argus.  Mais comble de la noirceur, non pas son arrivée, mais le moment où il apparaît pour disparaître : le faux espoir.

Navire sombrant, dessin Rouen

Radeau abandonné (Poitiers)

Sauvetage (Rouen)

Sauvetage (Chicago)

Scène de mutinerie, encre (Rouen)

Scène de mutinerie, plume et crayon (Amsterdam)

Scène de mutinerie, craie noire, aquarelle et gouache blanche sur papier brun (Fogg Art Museum, Harvard)

Scène de cannibalisme, crayon noir et sépia, aquarelle, gouache (coll. part.)

L’Argus en vue, plume et encre brune (Lille)

L’Argus en vue, plume et encre brune (Rouen)

Les survivants appelant au secours, plume et lavis (Rouen)

L’Argus en vue, plume et lavis (Rouen)

Le radeau de la Méduse, première esquisse (Louvre), huile sur toile

Le radeau de la Méduse, deuxième esquisse (Louvre), huile sur toile

Les études réalistes :

Pour chaque détail, Géricault fait des études successives d’après nature.

–       Il fait un bref voyage au Havre pour y observer le ciel et la mer.

Voilier dans la tempête, lavis, aquarelle, gouache blanche, crayon (Malibu)

–       Il étudie des cadavres et les peint par morceaux :

Têtes de suppliciés (Rouen)

Têtes de suppliciés (Stockholm)

Tête coupée (coll. part.)

Etudes de têtes coupées (Besançon)

Fragments anatomiques (Montpellier)

–       Il fait des études anatomiques :

Etudes d’écorchés, crayon noir (Besançon)

Ecorchés (Princeton University)

Etudes d’anatomie, plume et encre brune (coll. part.)

–       Des études de groupements de personnages :

Femme et enfant tenus par le père, encre et crayon (Harvard)

Deux hommes nus

Dans ces deux croquis s’élabore le groupe du père et du fils :

Etude pour le père (coll.part.)

Le père, plume et lavis d’encre brune (Lille)

Le père et le fils mort, plume et lavis (Lille)

Le fils mort, crayon noir (Lille)

Père et fils mort, crayon noir sur papier gris bleu (Rouen)

Etude de tête pour jeune homme mort, huile sur toile (Rouen)

Etude avec pour modèle Delacroix

Le tableau détail par détail

1-    personnage de gauche

2-    groupe du père et du fils : Sans doute inspiré à l’origine par la partie « touchante » du récit de Corréard et Savigny concernant la mort du mousse de douze ans dans les bras de Coudein. Géricault substitue le Pater Dolorosus à la figure plus traditionnelle d’un père et d’une mère avec leur enfant mort dessinée dans plusieurs esquisses. Il ne représentera d’ailleurs aucune femme (il se dit incapable de leur donner l’expression qu’il souhaite) et l’image tragique du père privé de son enfant peut être une allusion à sa propre paternité. Le modèle du père est Théodore Lebrun, un ami atteint de jaunisse, origine de plusieurs têtes, dont celle du père. La misère exprimée par la position du jeune mort est accentuée par la nudité opposée au port de chaussettes : Delacroix reprendra le même motif pour le mort de gauche dans La liberté guidant le peuple.

3-    Jeune homme mort : Celui ^pour lequel a posé Delacroix

4-    Etudes de visages pour les autres personnages : certains sont des modèles (ainsi le noir, puisque le matelot représenté, Jean-Charles, est mort à l’hôpital de Saint Louis du Sénégal), d’autres sont les acteurs du drame.

Têtes de matelots, crayon et plume (Baltimore)

Le charpentier de la Méduse, huile (Rouen)

Tête de noir dit « Joseph », huile (Malibu)

Tête de vieillard dit « Le naufragé », huile (Besançon)

Etudes pour Corréard et Savigny, crayon (New York)

Tête d’homme barbu, crayon et aquarelle (coll. part.)

5-    Personnage central assis, personnage central agenouillé :

Etudes d’hommes assis, crayon noir (coll. part.)

Homme nu à genoux, plume (coll. part.)

6-    Noir sur le tonneau

Noir faisant des signes, lavis brun (Louvre)

Etudes de noirs, plume et encre (Lyon)

Etude pour le noir, dos (Montauban)

7-    Personnage se redressant

Homme nu se redressant, crayon (Rouen)

Détail de main pour l’homme se redressant, pierre noire

Etude de bras, crayon et estompe (Besançon)

8-    Les effets dramatiques : s’appuient sur le détail signifiants de l’ensemble. Ainsi du navire minuscule à l’horizon, du bras agitant le tissu, du mât, pivot du drame, des drapés, du mort du premier plan, au visage masqué par la draperie, figure désincarnée de par la disparition de la tête à demi immergée.

La totalité de l’œuvre :

Composition pyramidale, diagonale ascendante, double triangle des personnages groupés dans l’ombre, de ceux qui, dans une lumière relative, s’achèvent dans le tissu agité par le noir (dit « triangle de l’espoir »), triangle des cordages et de la voilure. Autour du mât s’établit le pivotement dans l’espace de cette série qui détermine un dynamisme de l’ensemble. Véritable manifeste, l’œuvre s’oppose au néo-classicisme et prépare le Romantisme : de par le dynamisme d’une organisation fondée sur l’oblique, de par un sujet d’actualité devenu mythe, de par le réalisme du détail, de par la noirceur et la dramatisation. Malheureusement pour Géricault, le public ne verra pas grand-chose de tout cela, et se divisera en « pour » et en « contre » pour de seules raisons politiques.

Malheureusement aussi, la peinture, rongée par le bitume employé en excès, peu à peu se fait partiellement illisible. De manière symbolique, elle nous renvoie à la mort misérable de son auteur, rongé lui aussi par le mal de Pott, et disparu à 31 ans.

 

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