Histoire du musée

LES MUSEES

 

HISTORIQUE

I- ANTIQUITE

1- Grèce

L’origine en est religieuse. Les premiers dépôts d’oeuvres d’art sont les Trésors, petits temples élevés dans les sanctuaires, où s’accumulent les ex-votos. Les hiéropes en ont la garde et la responsabilité: ils tiennent des archives dont certaines nous sont parvenues et nous renseignent sur l’administration des sanctuaires et la gestion des collections.

Déjà l’on se préoccupe de la conservation et de la préservation des collections: dans le Poecile d’Athènes, les boucliers votifs étaient enduits de poix pour éviter la corrosion, et au Parthénon des bacs d’huile étaient posés au pied de l’Athéna chryséléphantine pour éviter la sécheresse.

A la fin du monde antique, touts ces œuvres seront visitées par les dévôts et les touristes.
Les peintures sont réunies dans les Pinacothèques, la plus ancienne étant à l’Acropole d’Athènes, dans les Propylées élevées par Mnésiclès au 5e siècle av. JC.

A l’époque hellénistique se constituent des bibliothèques, pinacothèques et glyptothèques et s’instaure la collection, privée et laïque, constituée par les grands. Ainsi les Attale collectionnent objets précieux, sculptures, etc. et font même faire des copies des œuvres les plus célèbres. S’institue alors en corollaire le commerce d’art. A la fin du monde grec rivalisent les Attale de Pergame, les Ptolémée d’Alexandrie, tandis qu’avec la conquête romaine la Grèce lutte pour protéger ses collections.

Téménos d’Olympie (reconstitution)

Trésor des Athéniens, Delphes

Les propylées, Athènes

2- Rome

Pour des raisons de prestige, on rassemble à grand prix les œuvres d’art. Peu à peu les Romains deviennent des collectionneurs passionnés. Pour conserver on construit des pinacothèques (Vitruve, architecte du 1r siècle av. JC, y préconise un éclairage au nord pour préserver les couleurs), les statues sont installées dans les jardins des villas suburbaines. Mais le public proteste contre l’accaparement par quelques-uns des chefs-d’œuvre, et, données au peuple, ces dernières seront présentées dans tous les lieux publics.

 

II- MOYEN AGE

Il ne conserve que les témoignages du passé chrétien: reliques, témoignages de la passion, de la vie de la vierge, des apôtres, etc. pour lesquels on fabrique châsses et reliquaires. S’y ajoutent les objets précieus du culte: devants d’autel, autels portatifs, pièces d’orfèvrerie liturgique, manuscrits, tapisseries, vêtements liturgiques.

Sainte Foi, reliquaire (eéemploi d’une tête en or du Bas-Empire)

Reliquaire de Saint Siméon (XIVe)

Châsse de Saint Calmine

Croix processionnelles du Haut-Rhin

Crosse d’ivoire, début XIVe

Calice, patène, burette (musée de Copenhague, XIVe)

Chape brodée (opus anglicanum), Trésor de la cathédrale de Pienza

Devant d’autel brodé

Reliure d’évangéliaire, Namur, vers 1230

 

Au XIVe siècle, les grands rivalisent de faste. Développement des arts somptuaires,  conservés dans la “garde-robe”. Ce faste princier est particulièrement développé dans la civilisation cosmopolite de 1400 (gothique international).

Constitution du trésor de Charles V et de son frère le duc de Berry

Très riches heures du duc de Berry, musée de Chantilly

 

III- RENAISSANCE

Au XVe siècle, le goût de la collection se répand jusqu’à la bourgeoisie. L’une des plus importantes collections est celle des Médicis à Florence. Homme universel, l’humaniste de la Renaisance, homme de science, amateur d’art et de curiosités, collectionne dans tous les domaines. Des colections éclectiques sont disposées comme ornements dans des jardins, exposées dans des galeries, ou rangées dans des studiolos ou cabinets.

Carpaccio, Saint augustin

Urbin, Palais ducal, studiolo

Dante, L’enfer, manuscrit du Xve

Triomphes de Pétrarque, manuscrit du XVIe

Camée antique dit de Julie

Sabbioneta (près de Mantoue, palais del Giordano, Antiquarium (le plus ancien bâtiment muséologique d’Europe avec l’antiquarium de Munich).
En outre, les princes italiens se passionnent pour tout ce qui est rare: tout un bric à brac minéralogique, botanique, zoologique, mathématique, chimique et physique, tératologique, est rassemblé dans un “museum naturale”.

Rambertus Dodonaeus, 1583, Herbier (Pays-bas)

La goût de la curiosité “naturelle” conduit à monter de très riche façon ces éléments naturels

Aiguière, vers 1570, nacre et argent doré et émaillé, Wenzel Jamnitzer (le plus grand orfèvre allemand) a scié et rassemblé dans une monture d’argent deux coquilles de turbo .

Dans la 2e moitié du XVIe s’accumulent les “curiosités” (dont des monstres fabriqués par des faussaires), qui conduit à une vogue des “cabinets de curiosités” partout répandu en Europe pendant toute la période maniériste.

 

VIIe

Les collections s’y forment davantage au nord de l’Europe qu’en Italie, laquelle constitue un réservoir pour marchands et amateurs. Les prix montent en flèche, le commerce d’art s’organise. De grandes collections sont rassemblées, comme celle de Mazarin qui viendra, à sa mort, enrichir celle de Louis XIV.

Gravure de Nanteuil: Mazarin devant ses collections dans la galerie de son hôtel (galerie Mazarine, construite par Mansart, encore conservae dans l’ex Bibliothèque Nationale).

David Téniers le Jeune, La collection de l’archiduc Léopold-Guillaume

 

VIIIe

Grand développement de l’amateurisme, conqéquence de la propspérité économique et d’une transformation sociale: une nouvelle classe monte. Vogue des ventes publiques. Gersaint, le marchand de Watteau, introduit le système “à la hollandaise”, vente aux enchères. Création de salles des ventes, les intermédiaires cherchent les affaires, les intellectuels sont parfois des intermédiaires et touche,t des commissions (Diderot, Grimm, Madame Geoffrin). Se rédigent des traités pour amateurs, les musées envahissent les monastères, les collections se multiplient chez les princes, les financiers, les souverains.

Watteau, Enseigne de Gersaint

Musée de l’abbaye de Heiligenkreuz

Plan d’ensemble du musée de l’Ermitage, construit et aménagé pour Catherine de Russie à St Petersbourg.

Cabinet de verreries du château royal de Copenhague

 

Origines des musées modernes, des dépôts parallèles aux trésors des souverains se forment çà et là en Europe, des écoles sont accolées aux collections, des universités accueillent en leur sein des musées, se créent des sociétés savantes pour l’archéologie.
En France, au XVIIe, Versailles est ouvert largement au public. Avec Louis XV, il se ferme et les collections de la couronne deviennent invisibles: les chefs d’œuvre sont remisés, le roi les prête à des particuliers. Etat de fait qui suscite de vives critiques. En 1765, dans L’Encyclopédie, Diderot propose un Louvre Museum qui abriterait collectione et sociétés savantes. Idée sans lendemain, mais qui resurgit sous Louis XVI. En 1774, d’Angiviller, directeur des Bâtiments de France, complète les collections, en dresse l’inventaire, fait restaurer les peintures et débarrasser la Grande Galerie pour les y exposer. En 1784, il nomme Hubert Robert garde des tableaux du roi, en 1778, il convoque une commission  pour étudier le problème de la transformation de la Grande Galerie en Musée.

La Convention nationalisera les œuvres provenant des collections royales, nobles et religieuses et crée des musées (Museum central des arts au Louvre ouvert le 10 août 1793, Musée des monuments français en 1795, Conservatoire des arts et métiers en 1793, Museum d’histoire naturelle,1793).

Dans toute l’Europe se développent des musées publics.

 

FONCTIONS DES MUSEES

Trois essentielles: conserver, présenter, accueillir le public.

Toutes trois concourent à la recherche d’un lieu susceptible de les assumer ensemble.

En tant que bâtiment, le musée dérive des galeries et des cabinets. La tâche des XIXe et XXe siècles consistera à classer et choisir les œuvres et à organiser, dans ce cadre traditionnel d’abord, la présentation, laquelle évoluera au fil du temps avec le goût et les connaissances.

Deux grands cas de figure:

– L’objet dans son cadre. Les œuvres présentées dans un édifice bénéficient de l’attrait exercé par l’édifice lui-même

– Contruction d’un cadre: l’emplacement ne doit pas être arbitraire: généralement on choisit la périphérie des villes pour éviter la pollution. L’architecture en est commandée par la fonction (circulation, éclairage, etc.)

 

Musées d’art traditionnels:

Musée de l’Ermitage, vues extérieure et intérieure. Noter la qualité “palatiale” de la présentation et de l’éclairage. Mythification des objets, isolés de leur contexte historique et social.

Musée Pouchkine, Moscou. Les pièces manquantes pour la chronologie sont des moulages, mis sur le même plan que les originaux par des conservateurs qui refusent de sacrifier au principe selon lequel la connaissance ne peut passer que par la contemplation de l’original.

Lille, Palais des Beaux-arts, créé en 1801 par décret impérial, ouvert au public en 1803. Architectes Bérard et Delmas. Il sacrifie le fonctionnel au prestigieux; L’aspect extérieur est lourd et pompeux, mais les espaces intérieurs de grande qualité.

Musée du Petit Palais, Avignon

Objet dans son cadre:

Musée Horta, Bruxelles

Création d’un cadre architectural:

Musée Solomon Guggenheim, New York, 1959. Frank Lloyd Wright. Bâtiment d’une grande originalité et esthétiquement irréprochable. L’architacture extréieure est dépendante de la circulation intérieure, conçue comme une rampe descendante en colimaçon: on monte en ascenseur et suit un circuit obligé dans la descente.

Equipements culturels intégrés:

Centre beaubourg. Le MNAM n’en est qu’un élément (10000m2 de surface sur 70000m2). Archiitecture novatrice sur le principe, mais l’installation des collections a conduit à recréer des espaces intérieurs traditionnels.

Musées dans le site:

Musée de la civilisation gallo-romaine de Lyon.

Musées techniques:

Musée national de l’air et de l’espace de Whashington, 1976. Architectes Hellmuth, Obat, Kassabaum. Le meilleur et remarquable exemple de la conception noubelle du musée aux USA. Il est fait pour apprendre et éduquer tout autant que mpour montrer et vendre. Monumentalité des espaces intérieurs, perspectives ouvertes et infinies, mise en scène dépouillée ou réaliste des objets selon les besoins, décor symbolique évoquant les grands thèmes de l’universalité.

Nouvelles conceptions muséologiques:

Musée romain de Cologne, 1974. Le public y est roi et, pour son plaisir et son éducation, les objets sont présentés de façon didactique et sans affectation, c’est-à-dire de façon claire, évidente, avec informations écrites et audio-visuelles.

Musée de la poste, Paris

Musée d’histoire naturelle, New york

Musée de l’outil, Troyes
Musée des ATP, Paris

Ecomusée du Creusot
Ecomusée de la Grande Lande, Marquèze, Gascogne.

 

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *