Japon et manga

GENERALITES

1- ce qui frappe

01- La civilité: collégiennes à Nara

02- La discipline: files d’attente au feu rouge

03- Métro-dodo

04- La généralisation de l’uniforme

2- tradition et modernité

05- Vêtement: cohabitation uniforme, kimono et In

06-Japon hier et aujourd’hui: Achats

– Hiroshige, vue le soir quartier Saruwaka-machi (détail)

– Tokyo, Asakusa, commerces dans le vieux quartier

07- Japon hier et aujourd’hui: 

– Hiroshige, vue le soir quartier Saruwaka-machi

– Rue commerçante à Asakusa

08- Japon hier et aujourd’hui

– Hiroshige-boutiques cotonnades Odenma-cho

– Boutique de cotonnades à Asakusa

09- sumo: permanence des symboles

– Hokusai, manga

– Musée du sumo et son quartier

10- Sumos et arbitre en présentation

Lutte rituelle d’origine chamanique: 2 combattants au centre d’une arène circulaire symbolisant le ciel, délimitée par une grosse corde de paille à demi enterrée, sur une aire carrée symbolisant la terre. Le vainqueur est celui qui parvient à renverser son adversaire sur le sol ou à le faire sortir du cercle. Le combat est précédé d’un rituel d’exorcisme et de purification, et contrôlé par des arbitres (Gyoji) en costumes du XIVe siècle, et qui indiquent les points avec un éventail (gumpai). Avant le tournoi, les sumotori défilent autour de l’arène, revêtus de leur tablier de cérémonie.

NB: Gumpai-uchiwa: éventail non pliant décoré à l’avers par le soleil, au revers par la lune. Utilisé aujourd’hui encore par les arbitres de sumo, il était utilisé à l’origine au cours de batailles par les chefs de guerre pour transmettre des ordres à leurs troupes.

La lutte de sumo remonterait, selon la légende, à un combat entre deux kami pour la possession du pays. De fait, elle commémorerait la lutte que se livrèrent au début de notre ère deux chefs (sans doute coréen et japonais) pour la domination du pays.

11- fêtes (poupées, cerisiers…)

Le Japon est un des pays au monde à posséder le plus de fêtes (matsuri) et de jours fériés (15 jours fériés). Ils proviennent pour la plupart des rites des deux grandes croyances japonaises, le shintoïsme et le bouddhisme.

Si un jour férié tombe un dimanche, le lundi suivant est chômé.

– fête des poupées

Hina Matsuri (littéralement fête des poupées) est une fête qui a lieu au Japon le 3 mars, jour consacré aux petites filles. Cette fête remonte à l’époque Heian. Les poupées étaient supposées protéger des mauvais esprits

Les jours précédant le 3 mars, les petites filles japonaises exposent de précieuses poupées posées sur des petites estrades à plusieurs niveaux. Ces poupées spéciales, qui se transmettent de génération en génération, sont rangées dans un carton tout le reste de l’année. Elles représentent en étagement des personnages de la cour impériale de l’ère Heian:  l’empereur et l’impératrice, 3 dames de cour, 5 musiciens, et divers personnages aux niveaux inférieurs.

– Miyako Odori dans le quartier de Gion, la danse des cerisiers en fleurs, au mois d’avril, interprétée par les maïkos

12- Geisha film de Rob Marshall, d’après le roman d’Arthur Golden, gros plan de Zhang Ziyi

L’auteur Arthur Golden a été fortement inspiré par ses conversations avec Mineko Iwasaki, une geisha de Kyōto qui s’est retirée du métier à 29 ans et lui a raconté son expérience. Mécontente des libertés que l’auteur s’est permis de prendre dans son roman, Mineko Iwasaki a décidé par la suite d’écrire son autobiographie, Ma vie de geisha.

13- Geishas: 

– quartier Gion à Kyoto

Geisha (Marshall) et Samouraï (Iroshi Inagaki)

Le terme Geisha signifie littéralement “personne de l’art”. Il vient du japonais Gei (culture) et sha (personne). Contrairement à l’idée reçue de beaucoup de gens, une geisha n’est pas une prostituée. L’acte sexuel entre une geisha et son client était  courant mais pas obligatoire.

14- Geishas: leur place et leur fonction

Les fillettes sont vendues par les familles pauvres aux  okiya (maisons de geishas) qui se chargent d’assurer leur éducation, et où elles travaillent comme bonnes, puis comme assistantes. Une fois devenues apprenties geisha (maikos), elles accompagnent des geishas dans les maisons de thé, aux réceptions et banquets. Durant cette période, leur oneesan se charge de leur transmettre sa propre expérience de geisha, en échange de quoi elle perçoit un pourcentage des gains de sa “petite sœur”. La formation d’une geisha se termine officiellement lors de la cérémonie dite du “changement de col” (erikae), où elle remplace son col rouge de maiko par le col blanc des geishas confirmées.

Samourai, légende de Musashi Miyamoto, Hiroshi Inagaki

Deux images: les spectateurs, parmi lesquels le client, les fillettes-servantes, le musicien la mère et la maiko

Geisha, film de Rob Marshall, avec Zhang Ziyi

Présentation de la maiko avant qu’elle n’acquière le titre de Geisha, et la maiko et sa grande soeur accompagnant des clients à un match de sumo.

3- géographie et alimentation

– Constitution: 

Archipel d’une multitude d’îles, dont quatre principales (parmi plus de 4000): Hokkaido au nord, Honshu au centre où se concentre l’essentiel de l’activité, deux plus petites au sud, Shikoku et Kyushu. Il semble que, il y a 14000 ans environ, le réchauffement climatique a séparé la terre du continent, y emprisonnant des populations venues de la Corée au sud et de la Sibérie au nord. Un cinquième du territoire est habitable: 75% montagnes, 25% plaines hautes et basses. Quarante volcans en activité. Côtes très longues et variées, fleuves courts, pentus et violents.

– Climat:

Etiré de la latitude du Québec à celle de Cuba, le Japon connaît une gamme climatique étendue (tempéré froid à subtropical), dominée par l’alternance saisonnière des vents: en hiver, vents glacés de Sibérie, donc neige sur la mer du Japon, ensoleillement et temps sec sur le Pacifique. En été, l’air tropical maritime entraîne au début et à la fin de fortes pluies.

– Violences naturelles:

Séismes, typhons, glissements de terrain, tsunamis… L’arc insulaire japonais fait partie de la ceinture de feu du Pacifique à l’activité volcanique intense, aux fréquents tremblements de terre, dus au frottement de deux plaques tectoniques: subduction (plongement) d’une plaque océanique (fond du Pacifique occidental) sous une plaque continentale qui porte le Japon. Les séismes provoquent des tsunami particulièrement redoutables sur les côtes indentées comme celle du Sanriku, au N-E du Honshu: la ligne côtière, trouée de nombreuses baies, est une côte à rias ouverte aux vagues. Son avancée dans l’Océan Pacifique la rend sans doute plus vulnérable encore.

– Ressources alimentaires:

Les conditions sont peu favorables à une agriculture prospère.

– Insuffisance des denrées pour une population très dense. On a donc multiplié les techniques d’acquisition et de conservation: séchage, saumure, etc.

– Utilisation des plantes sauvages (crosses de fougère, lichen, armoise, etc.) et d’aliments éventuellement dangereux comme le fugu, poisson au venin mortel.

– L’essentiel est puisé dans la mer, poissons et coquillages, mais aussi laitues de mer et autres algues.

15- Carte

16- Planche: paysages

– De Tokyo à Hiroshima et inversement

– Baie d’Hiroshima (mer intérieure)

17- Planche: climat

– Tokyo, Asakusa, sous le soleil

– Tokyo, marché au poisson, sous la pluie

– Nana, anime de Yasawa Aï, intro, parapluie retourné sous la bourrasque

– Kyoto sous la neige

18- Planche: Alimentation: marché au poisson à Tokyo

19- Planche: Alimentation: au restaurant

4- L’esprit japonais: contraste: cruauté, et sensibilité

20- films de Kaneto Shindo (onibaba / l’ile nue)

21- Ozu, Voyage à Tokyo

22- Ozu, Le goût du saké

23- Kurosawa, Kagemusha, l’ombre du guerrier, 1980

La bataille de Nagashino et les dernières années du clan Takeda  y sont dramatisées. Dans le film, un bandit vagabond est recruté pour jouer le rôle de feu Shingen Takeda dans les années précédant la défaite de Katsuyori Takeda à Nagashino. 

Référence historique: deux ans après la mort du redoutable Shingen, le grand Daimyô du clan, son fils héritier Katsuyori, violant les dernières volontés de son père, qui souhaitait tenir sa mort secrète trois années durant, de peur que ses ennemis ne s’engouffrent dans la brèche ouverte par sa disparition, marche sur le Mikawa, aux mains de Tokugawa Ieyasu. Le jeune seigneur est bien déterminé à parachever l’œuvre paternelle et inscrire son nom au panthéon des glorieux Takeda. Le 30 mai 1575, les 15 000 cavaliers qui composent l’armée du clan Takeda s’ébranlent, sous la grande bannière frappée des illustres idéogrammes Fu rin ka zan.

5- La voie des guerriers:  

– Samouraï et voie du sabre

– Héritée du Japon médiéval et des luttes qui se livrent pour la possession de la terre, faisant croître la puissance et l’importance des hommes d’armes. Les guerriers deviennent une caste puissante au statut particulier. Soumis à la noblesse et à l’allégeance totale à leur seigneur, ils obéissent à un code de l’honneur (bushido-la voie du guerrier) qui régit leur comportement.

24- Planche: vitrine de sabres à Kyoto

Le sabre est pour les samurai un objet sacré dont la lame, par sa pureté, symbolise l’âme du guerrier. Retirer d’un geste lent la lame du fourreau est en soi un langage. Seule la caste des samurai est autorisée à porter deux sabres, le long (katana) et le court (wakasashi): l’ensemble (daisho) évoque les notions de dignité et puissance propres à leur caste. Les diverses pièces du sabre, fabriquées par des  artisans spécialisés, étaient (sont) excessivement soignées: fourreau, poignée (tsuka), garde (tsuba), cordons de soie.

25- Musashi Miyamoto

– Musashi Miyamoto avec deux bokken, Estampe de Utagawa Kuniyoshi) 

Le bokken (ou bokuto) est un sabre de bois de mêmes taille et forme que le katana.

– Quatre images du film Samurai, de Hiroshi Inagaki: Musashi et  Kojiro

Musashi Miyamoto (1584-19 mai 1645) est l’une des figures emblématiques du Japon et le plus fameux escrimeur de l’histoire du pays.

– Leur vie appartient à leur chef qu’ils ont le devoir de venger jusqu’à faire don de leur vie (cf. Légende des 47 ronins, 1703). Pour sauvegarder son honneur, un samouraï doit se faire seppuku (harakiri) s’il arrive malheur à son maître, à sa famille, ou simplement s’il a fait une faute grave. Son seigneur peut lui ordonner  le seppuku s’il ne s’estime pas satisfait, rite qui a parfois fait des ravages dans les rangs des samouraïs.

26- Planche: Kobayashi,Harakiri, film

– Shogun, daimyo, organisation de l’état féodal

Les shogun étaient des sortes de dictateurs militaires gouvernant à la place de l’empereur dont ils tenaient leur autorité, l’empereur demeurant le chef spirituel de la nation japonaise.

Les Daimyo sont des seigneurs dont le revenu annuel égale ou dépasse 10 000 koku de riz (180 litres). Ils se livrèrent des guerres incessantes pour agrandir leurs  territoires.

Samurai : Classe de guerriers (bushi) vassaux d’un chef militaire, d’un daimyo ou d’un shogun.

Quelques shogun et daimyo célèbres:

27- Planche: shogun et daimyo 

– Minamoto no Yoritomo (1147-1199) Attribué à Fujiwara No Takanobu

– Shingen Takeda (1521-1573), Takeda Harunobu, XVIe siècle

– Nobutomo Akiyama (1531-1575) Par Fuko Matsumoto (1840-1923)

– Nobunaga Oda ( 1534-1582) portrait du XVIe siècle

– Hideyoshi Toyotomi (1536-1598) 

Portrait d’Hideyoshi, anonyme, 1601

Utagawa Kunitora: 19 estampes en couleur. Il s’agit d’un récit anonyme illustré de la vie de Toyotomi Hideyoshi (1536-1598). Utagawa Kunitora (actif c. 1850-1880) est un artiste de l’école ukiyoe, surtout connu pour ses représentations d’étrangers à Yokohama et ses vues de Tôkyô

– Ieyasu Tokugawa (1543-1616)

– MINAMOTO no Yoritomo (1147-1199): fondateur et premier shogun de Kamakura, shogunat sur lequel il a régné de 1192 à 1199.  En 1185, Minamoto no Yoritomo prend le pouvoir à l’empereur et établit un système de gouvernement féodal basé à Kamakura, où les militaires et Samurais s’emparent du pouvoir politique détenu jusqu’alors par l’empereur et les aristocrates de sa cour à  Kyoto. En 1192, Yoritomo reçut le titre de Seii Taishōgun par l’empereur, et le système politique qu’il développa par la succession des différents shoguns sera connu sous le nom de bakufu, ou shogunat.

– Shingen TAKEDA (1521-1573) est un des principaux diamyo ayant combattu pour le contrôle du Japon durant la période Sengoku. A l’origine son nom est  Katsuchiyo Takeda. Il prend le nom de Harunobu Takeda à sa cérémonie de passage à l’âge adulte, et change une nouvelle fois en 1551 pour le nom devenu célèbre de Shingen Takeda.

– Nobutomo AKIYAMA (1531-1575), général de Shingen Takeda, a ensuite aussi servi son fils. En 1547, pendant la campagne de conquête de la province d’Ina, il se distingue au combat et en est récompensé en recevant la moitié Nord d’Ina.  Après la mort de Shingen, Nobutomo continue à soutenir son fils Katsuyori et participe à ses campagnes, mais en 1575, lorsque Katsuyori perd à Nagashino, il sera acculé par Nobunaga au château d’Iwamura et massacré avec ses troupes et sa famille.

– Nobunaga ODA (1534-1582) daimyo. Il a passé sa vie sur les champs de bataille et a conquis une grande partie du Japon avant sa mort en 1582. Premier des trois unificateurs du Japon pendant la période Sengoku, suivi par Hideyoshi et Ieyasu.

– Hideyoshi TOYOTOMI (15361598): d’origine modeste, il atteint le pouvoir absolu sur l’ensemble du Japon en l’unifiant et en tentant de le pacifier.

– Ieyasu TOKUGAWA (1543-1616) fut  daimyo puis shogun.Il est le dernier des trois unificateurs du Japon et le premier shogun de la dynastie des Tokugawa, qui règnera sur le Japon jusqu’en 1868 (révolution Meiji).

HISTOIRE

Quelques unes des batailles qui l’ont jalonnée:

28- Batailles de Kawanakajima (1553-1555-1557-1561-1564). Au milieu du XVIe, un des nombreux conflits qui déchire le pays oppose Shingen Takeda et Kenshin Uesugi. Il n’y a pas eu une mais cinq batailles de Kawanakajima, la principale étant la quatrième.

Bataille de Kawanakajima – Takeda Shingen à gauche et Uesugi Kenshin à droite, 1845, Utagawa Hiroshige (1797–1858).

29- 25 janvier 1573 bataille de Mikata Ga Hara qui opposa Shingen Takeda à Ieyasu  Tokugawa, est l’une des plus célèbres de Shgingen Takeda et l’une de ses meilleures démonstrations de ses talents de stratège militaire.

30- En 1575,Bataille de Nagashino: Le château de Nagashino, assiégé par le fils de Shingen Takeda Katsuyori, est défait par les troupes de Ieyasu et Oda Nobunaga.

NB: cf.Kagemusha

31- En 1582 Takamatsu: Hideyoshi s’empare de la forteresseen l’inondant.

32- Le 20 Octobre 1600, dans la plaine de Sekigahara 210.000 hommes: les troupes du fils de Hideyoshi, Toyotomi Hideyori, et celles de Tokugawa Ieyasu .

La bataille de Sekigahara est la plus décisive de l’histoire du Japon, car elle achève l’unification du pays. La bataille est très incertaine, et va durer plus de 24 heures. C’est la trahison du clan Kobayakawa envers Hideyori et en faveur de Ieyasu qui va faire basculer la victoire dans l’après-midi du 21 Octobre. Plus de 50 000 hommes moururent dans la boue de ce champs de bataille. Après cette victoire, Ieyasu devint le maître incontesté du Japon et sa famille hérita d’un pouvoir fort pour les trois siècles à venir.

 

ARCHITECTURE ET VIE DE COUR

1- Lieux d’habitation

– Moyen Age et forteresses

L’essor de l’architecture militaire est un des traits marquants de cette époque. L’introduction, vers 1543, des armes à feu par les Portugais modifia de manière importante les techniques de fortifications. Pour se protéger des tirs, le seigneurs féodaux élevèrent des murailles et creusèrent des fossés autour de leurs manoirs.

33- Himeji (château du héron blanc) NB- sur les pignons des toits, les deux poissons à tête de tigre dorés (kinshachi) protecteurs contre les incendies.

34-Himeji, construction, 1581-1609

Construit par le shogun Hideyoshi en 1581, au point stratégique d’Himeji, pour contrôler le pays de l’ouest à la capitale Kyoto, conçu pour résister à l’introduction des armes à feu et gardé par 3000 samouraïs. Les bâtiments centraux, dressés au nord sur un escarpement, sont précédés d’une triple enceinte vers le sud. Les remparts extérieurs sont scandés de postes de garde et bordés de douves. A mesure qu’on avance vers le cœur de la forteresse, le réseau des murs devient plus serré. Le grand donjon de 5 étages est renforcé par trois tours secondaires. Le jeu des toits superposés, que rythment des pignons, donne de l’élégance à cet édifice massif, dont la majesté est soulignée par la blancheur de la chaux. Les chemins d’accès étaient escarpés et piégés, 11 portes gardaient les sentiers conduisant au donjon. Dans les salles, les ouvertures étaient des meurtrières et le sol s’ouvrait en nombreuses trappes.

35- Planche: extérieurs: 2 photographies et scènes de Ran et Kagemusha

36- Himeji, intérieurs- Photographies et scènes de Ran

En compensation, les salles d’habitation étaient ornées de peintures sur fond d’or qui leur conféraient luxe et luminosité, et y régnait un climat de divertissement, de musique et de poésie digne de la cour d’un shogun

– Palais

deux grands styles différents dans l’architecture résidentielle Japonaise qui se sont étalés sur les différentes époques:

Le style Shinden : Style aristocratique de la période Heian (794-1185) utilisé pour les maisons des nobles de la cour. Une demeure centrale est reliée par des corridors couverts à trois annexes. Le plancher est en bois, ainsi que les lourdes portes (Shitômido) qui ferment les pièces. Devant la demeure principale, se trouve un lac avec de petits pavillons.
Le style Shoin : Utilisé également pour les villas nobles durant la période Momoyama ( 1573-1603 ). Un seul bâtiment principal, toujours orienté Nord Sud, et de forme carrée fait face à un étang avec de petites îles. Le plancher est recouvert de tatamis et dans la pièce principale, le Tokonoma fait son apparition. Une véranda court tout le long de la maison, donnant ainsi la lumière et l’ombre nécessaire.

37- Planche: villa impériale Katsura, 1642

Situé dans la banlieue sud-ouest de Kyôto, ce palais Impérial fut construit à partir de 1642 par Kobori Enshû. Il est bâti le long de la rivière Katsura qui lui donne son nom, et est considéré comme un joyau de l’architecture traditionnelle de type Shoin.

Construit avec des bois précieux, décoré de manière élaborée, il reste simple et dépouillé. Le jardin est un modèle du genre.

2- Jardins

– éléments typiques  Le jardin est souvent organisé autour d’un bâtiment (résidence ou temple) depuis lequel il est destiné à être vu. Il propose en général:

– des rochers, choisis pour leur forme, leur taille, leur couleur et leur texture,

– de l’eau: mares, rivières, chutes; dans le cas d’un lac central on y trouve souvent une île, et un pont ou des pierres de gué menant à l’île; les étendues d’eau contiennent fréquemment des carpes koï (symbole d’amour et de virilité).

– du sable ou du gravier, sur lequel sont dessinés des motifs,

– des éléments décoratifs : lanternes, pagodes, statues, bassins d’eau, shishi odoshi (mécanismes faisant du bruit pour écarter les chevreuils ou les sangliers),

– un salon de thé ou un pavillon,

– une bordure (haie, palissade ou mur),

– des chemins de terre, de gravier, ou de pierres.

Ces éléments peuvent être réels ou symboliques: dans un jardin sec, l’eau est représentée par des graviers. Trois grands principes: la reproduction de la nature en miniature, le symbolisme et la capture de paysages.

38- Planche Jardins à Kyoto:

– Jardin humide du Taizo in

– Taizo in, carpes koï

Pavillon d’or, cascade du dragon

– Pavillon d’or, île Ashihara (métaphore du Japon) avec les trois pierres représentant le Buddha et ses deux assistants

  Pavillon d’or, deux îles représentant la grue (longévité) et la tortue (bonheur)

– Symbolisme: Parmi les représentations symboliques les plus fréquentes, un gros rocher isolé figure la montagne des immortels (mont shumisen du bouddhisme ou Horai du taoïsme). Deux îles ou deux pierres côte-à-côte, une basse et aplatie, l’autre élevée, représentent une tortue et une grue (longévité et bonheur). Des groupes de rochers peuvent représenter le Buddha et ses disciples, en particulier la triade Shaka Sanson (Buddha et 2 Bosatsu, Monju Bosatsu, Fugen Bosatsu)

– Perspective: Les jardins japonais ne se révèlent jamais complètement à la vue. Le miegakure (caché-révélé) utilise la végétation, les bâtiments et des éléments de décor comme des lanternes pour cacher ou montrer différentes parties du jardin.

La perspective repose sur le principe, hérité de la peinture chinoise, des trois profondeurs:  premier plan, plan intermédiaire, plan lointain. Elle est liée au principe de miniaturisation: en jouant sur la taille des éléments proches et lointains, on donne l’illusion d’espace.

– Le shakkei: les jardins shakkei incorporent dans leur décor un élément naturel. On laisse visible de l’intérieur une montagne, un rocher, une butte, ne faisant pas partie du jardin. D’où l’appellation décor emprunté. Utilisée par les paysagistes pour donner l’impression d’un jardin aux dimensions infinies, cette technique recourt à quatre plans de composition distincts: avant-plan, second plan qui utilise des éléments positionnés pour faire le lien avec le paysage, troisième plan  constitué par les limites du jardin (arbres, haies, murs) irrégulières et discrètes, paysage emprunté (l’espace environnant) au quatrième plan.

– Classification traditionnelle:trois grandes catégories:

– Shizen fūkeishiki,nature en miniature. Comprennent au moins une colline de quelques mètres de haut, un plan d’eau, des arbustes, arbres et autres plantes, et souvent des îles, ruisseaux, et ponts. Ils évoquent des paysages célèbres de Chine ou du Japon.

39- Pavillon d’or: Le mont Kinugasa sert de toile de fond au jardin d’époque Muromachi, dont les éléments s’organisent autour de l’étang

– Karesansui, les jardins secs, fortement inspirés par le bouddhisme zen (courant religieux issu du bouddhisme Chan chinois à partir du milieu du XIIIe) et destinés à la méditation pour accéder à l’Éveil. Ils utilisent une représentation plus abstraite, où du sable ou du gravier figurent la mer, et des rochers symbolisent des montagnes, des cascades ou des bateaux.

40- Taizo in, Kyoto, jardin sec

– Jardins secs YIN et YANG du Taizo-in, temple secondaire du complexe zen Myoshin-ji, qui est à la foi jardin sec conçu par Kano Motonobu (1476-1559) et jardin humide moderne réalisé par Nakane Kinsaku (1917-1995).

– Chaniwa, les jardins de thé, comprenant des chemins paysagés (roji, chemin de rosée) menant à une maison de thé, d’une simplicité extrême. La conception de ce chemin de pierres obéit à des règles complexes et strictes. Les petites pierres indiquent un chemin à suivre sans s’arrêter, les grandes pierres sont des plates-formes propices à l’observation du jardin.

41- Jardin de thé, Himeji

3- Théâtre

– Le Nô, théâtre de cour

Premières représentations à la cour et dans les temples sous l’impulsion de l’acteur Zeami (1363-1443). Théâtre noble et sacré, où le texte psalmodié, mêlé au chant, les déplacements très lents, sont tragiques et hiératiques. Les 2 principes en sont l’allusion et la suggestion: inclinaison de la tête et élévation de la main droite signifient pleurs et gémissements. L’action se situe à la frontière des mondes humain et surnaturel. Scène carrée très simple, au seul décor, sur le mur du fond, d’un vieux pin. Accessoires symboliques: ovale = bateau, podium = roches, quelques branches = forêt. Le masque est le support de l’existence surnaturelle, qui permet que le transcendantal prenne possession du porteur. Le théâtre Nô convenait parfaitement à la noblesse guerrière, puisque le samuraï méprise l’expression des sentiments.

– Le Kabuki, théâtre populaire

Fondé, dit-on, par la prêtresse Okuni en 1603, avec un immédiat succès populaire, il fut interdit pour cause de lascivité par le gouvernement des Tokugawa en 1629. Mais son succès lui permit de se maintenir, les rôles étant désormais tenus uniquement par des hommes. Les acteurs sont généralement spécialisés (ex. les onnagata) et forment de véritables dynasties familiales. Centré sur un jeu d’acteur à la fois spectaculaire et codifié, il se distingue par le maquillage élaboré des acteurs et l’abondance de dispositifs scéniques destinés à souligner les événements de la pièce.

42- Planche: théâtre

– Scène de Nô, à Miyajima- Scène de Kabuki à Tokyo

– personnage et masque Nô,

– maquillage et personnage Kabuki

RELIGION

1- Premiers mythes

Izanagi et Izanami:

Au commencement, la terre était jeune et ses formes incertaines (le Kojiki dit qu’elle ressemblait à une tache d’huile qui flotte et dérive comme une méduse). Dans ces hautes plaines célestes, trois dieux invisibles virent le jour et formèrent, avec deux divinités secondaires, les cinq Divinités Célestes Autonomes. Puis naquirent sept autres générations de dieux et de déesses célestes d’où est issu le couple originel japonais: Izanagi et sa soeur et épouse Izanami. Tous deux se rendirent sur le pont Flottant du Ciel (peut-être un arc-en-ciel), et plongèrent une lance dans les eaux marines. Quand ils la sortirent de l’eau, ils virent les gouttelettes former une île, Onogoro, première terre ferme, première des îles japonaises. Ils s’y rendirent, y élevèrent un pilier céleste, et bâtirent un palais, puis décidèrent de procréer. Naquirent d’abord une série d’îles (l’archipel du Japon), puis plusieurs dieux et déesses, notamment les dieux du Vent, des Montagnes et des Arbres. Mais à la naissance de Kagutsuchi-no-kami ou Homusubi-no-kami, dieu du Feu, Inazami mourut, tout en continuant d’engendrer des divinités. Des larmes d’Izanagi  en naquirent encore d’autres. Il se rendit a Yomi, le monde d’En Bas, ou royaume des morts, pour tenter de ramener Izanami. Mais elle e était déjà en décomposition, alors il retourna sur terre. A l’embouchure d’une rivière, il prit un bain pour se purifier de son séjour chez les morts. De ses vêtements naquirent une foule de dieux et de déesses, et d’autres encore, pendant son bain. Finalement Izanagi engendra trois des divinités les plus importantes du panthéon shintoïste entre lesquels il partagera son royaume. La déesse du Soleil, Amaterasu-no-mikoto  alors qu’il se lavait l’oeil gauche; Tsuki-yomi-nomikoto (l’auguste lune), quand il se lava l’oeil droit; enfin, Susano-wo-nomikoto (l’auguste mâle impétueux) sortit de son nez.

43- Planche- Mythologie des origines

– Izanami et Izanagi par Kobayashi Eitaku (v. 1885)

Alors qu’ils se tiennent sur le pont entre les cieux et la terre (Amenoukihashi, le pont céleste flottant), le dieu Izanagi et la déesse Izanami transpercent les flots avec Amenonuhoko, la lance céleste, ornée de pierres précieuses. Des gouttes de la lance qui tombent dans l’océan, se forme l’île d’Onogoro.

– Amaterasu, la déesse du Soleil.

Tsukuyomi, le dieu de la Lune.

Susanoo, le dieu de l’Orage.

– Fujin, kami du vent, est l’une des plus anciennes divinités du panthéon shintô.

On dit de lui qu’il était présent dès la création du monde.

44– Amaterasu sortant de sa grotte

Amaterasu, après un conflit avec son frère Susanoo, décide de priver le monde de lumière, et se confine dans la caverne d’Iwayado. Les divinités célestes font alors appel à Uzume (déesse de la danse) qui place un miroir devant l’entrée de la caverne et exécute une danse lascive qui ne tarde pas à provoquer une hilarité tonitruante chez les dieux. La curiosité d’Amaterasu s’éveille et Uzume lui dit qu’une nouvelle déesse plus belle qu’elle est apparue. Pendant qu’elle reste stupéfaite devant sa propre image, des dieux bloquent l’entrée de la grotte, et du même coup, sa retraite. Acculée, elle promet de ne plus fuir si Susanoo est banni du royaume des cieux. Pour se racheter auprès de sa soeur, Susanoo lui offre par la suite l’épée Kusanagi no tsurugi. C’est ainsi qu’Uzume devint le symbole de la gaîté et de la bonne humeur.

45- Généalogie des Kami… et de l’empereur

– Les monstres

La violence de la nature a donné aux Japonais la certitude d’une énergie intense du monde et d’une fragilité des formes soumises au temps, le sens aigu de l’éphémère. L’homme est partie du cosmos et rien ne le sépare de l’unité primordiale. Le vide n’est qu’une matière subtile, imperceptible à l’humain, où se tissent des liens entre les divers éléments de l’univers. Cette interférence entre visible et invisible a favorisé l’émergence d’aventures légendaires de tout un peuple d’esprits, les kami, puissances abritées par les plantes, arbres, pierres, animaux, craintes et vénérées par les hommes qui les singularisent par de gros cordages auxquels sont suspendus voeux et prières. A Nara, cerfs et biches sont sacrés, à Fushimi un temple shinto est consacré au renard Inari, à Nachi un culte est rendu à la cascade.

Le folklore japonais  va donc confronter des personnages à des êtres surnaturels variés: bodhisattva, kami (dieux et esprits), yôkai (esprits monstres, tels oni, kappa et tengu), obake (esprits métamorphes), yûrei (fantômes), dragons, et animaux dotés de pouvoirs surnaturels, comme le kitsune (renard), le tanuki (chien), le mujina blaireau), et le bakeneko (chat).

46- Planche: Yokai du Hyakki Yako de Toriyama Sekien (1712-1788)

spécialiste des contes et légendes traditionnels, Toryiama Sekien est célèbre pour son travail de recensement des yokai réalisé dans la série des Hyakki Yako.  

– Itsumade, oiseau monstrueux qui apparaît au-dessus de la capitale dans le Taiheiki (Chronique de la grande paix, grand récit sur les cinquante années de guerre de1318 à 1368, composé de 40 rouleaux)

– Akashito, apparait indistinctement dans un nuage noir au-dessus des fortes d’inondations

– Akaname, nettoie, en les léchant, les baignoires

47- Planche:  gashadokuro 

Le gashadokuro est le fantôme de personnes qui sont mortes de faim. Il a la forme d’un squelette quinze fois plus grand qu’une personne normale et est constitué des os de ces morts. Il apparaît durant la nuit, après minuit, en annonçant sa présence par une sonnerie. Il arrache,  avec ses dents, la tête des personnes qui ne fuient pas assez vite .

– Utagawa, Kuniyoshi, fin des années 1840 estampe nishiki-e, triptyque

Illustration d’une scène de théâtre relatant un épisode de la vie de Tairano Masakado, guerrier du Xe siècle, qui assassina son neveu, s’empara de sa province, et fut à son tour assassiné. Sa fille ici fait apparaître son fantôme.

– Mizuki Shigeru, 1992, publié dans Yokai Gadan, Iwanami Shoten

– Shintoisme

Le Shintoïsme est la religion indigène des Japonais, par opposition au bouddhisme venu de Corée et de Chine. C’est en fait un culte des kamis (plus de 800 millions de dieux et divinités dans le panthéon), de source chamanique. Croyance de nature animiste, les kamis personnifient les phénomènes naturels (rivières, arbres, montagnes, rochers).

Le culte des kami se développa au Japon aux VIe, VIIe et VIIIe siècles, en réponse à la menace que faisait peser sur lui la civilisation plus avancée de son géant voisin, la Chine. C’est ainsi qu’apparut le mythe qui faisait de l’empereur du Japon le descendant du très haut kami du Soleil, Amaterasu. Les emblèmes du pouvoir adoptés par la maison impériale ne sont autres que les trois symboles de la religion shintoïste: le miroir, le sabre, les bijoux.

L’architecture des sanctuaires: Devant un sanctuaire se dresse toujours un portique (torii): il indique la nature sacrée d’un lieu, tout comme les shimenawa (cordes de chanvre), les gohei (guirlande de papier plié en zigzag), les monticules de sel ou les sillons de graviers ratissés avec soin. Les piliers sont profondément enfoncés dans le sol (mythe phallique des origines).

Le bâtiment principal (honden) est uniquement destiné à abriter les kamis, les fidèles n’y entrent pas. En face du honden se trouve souvent le haiden, grand oratoire destiné aux cérémonies et réservé aux prêtres.

Le rite: Le bassin d’ablutions sert à se purifier avant de se présenter devant le kami. Une louche (hishaku) est mise à disposition pour se laver la bouche et les mains. On jette une pièce de monnaie dans une boites à offrandes. Puis on sonne une cloche ou on frappe plusieurs fois dans ses mains devant le sanctuaire afin d’attirer l’attention du kami. Enfin, le fidèle s’incline profondément en récitant une invocation.

48- Miyajima, carte

L’île d’Itsukushima est considérée, dans la religion shintoïste, comme une île sacrée. Il n’y a ainsi ni maternité ni cimetière sur l’île, car ce statut interdit que l’on y naisse ou que l’on y meure. Le sanctuaire y est établi depuis l’an 591 au pied du mont Misen dans une petite baie. De nombreux temples et sanctuaires y sont construits, représentants des deux religions japonaises. Le principal d’entre eux est le temple d’Itsukushima, avec son célèbre torii flottant.

49- Planche- Torii et temple

– Face au sanctuaire, dans l’eau, le Torii vermillon, construit en 1875, mais dont le premier exemplaire fut construit au 12éme siècle, menait sur le Hon Den, La construction du temple, en structures sur pilotis et pontons, est due au statut sacré de l’île. Les pèlerins n’avaient pas le droit de mettre pied à terre sur l’île et devaient, par bateau, passer sous le torii flottant et accoster sur les pontons. Le sanctuaire fut restauré à plusieurs reprises. Il est dédié aux trois filles de Susanoo, personnage de la mythologie Shinto (cf. plus haut).

– Le sanctuaire principal

Le Honden est le bâtiment central du sanctuaire. Les croyants viennent prier à partir du hall à l’extérieur. L’actuel sanctuaire principal a été reconstruit en 1571.

La galerie (4 mètres de large et 275 mètre de long) en bois relie les pavillons du sanctuaire.

Le grand ponton Hirabutai de style Shinden, se dresse devant le pavillon principal.

Le pont Sori Bashi: Le pont actuel date de 1557

La haute scène Takabutai, où l’on joue des pièces de Bugaku, fait face du sanctuaire principal.

La scène de théâtre de Nô est la seule scène de Nô construite sur la mer au Japon.

50- Planche- Miyajima- culte: prêtre et servante shinto

Le temple de Daisho-in

On dit que Kukaï, le fondateur du bouddhisme tantrique japonais, séjourna à Miyajima à son retour de Chine en 806. Son école, la Shingon-shû, est bien implantée dans l’île, comme en témoignent la pagode à cinq étages et le Daigan-ji qui jouxtent le sanctuaire shintô, et surtout le Daisho-in, curieux temple situé à mi-hauteur sur les pentes du mont Misen, symbiose entre bouddhisme et shintô. C’est le plus grand temple de l’île, et il se compose de nombreux pavillons. C’était le principal lieu de résidence des moines de la branche Mimuro, de la dénomination Shingon du Bouddhisme.

Après en avoir franchi la porte aux deux gardiens féroces, le visiteur grimpe par un grand escalier de pierre bordé de bannières rouges et de statues des ancêtres marqué en son centre par une longue rampe de moulins à prières. A son sommet, les allées entre les diverses salles de prière abondent en statues de pierre représentant une multitude de déités. Les unes sont bouddhistes comme Jizô, Fudô-Myôô ou Kannon, les autres mythologiques et plutôt liées au shintô: tengu, ou bien kappa, esprits des eaux portant une cavité au sommet du crâne…

51- Planche- Miyajima-Bouddhisme-Daisho-in

– Moine Kukai, qui fonda la branche Shingon (parole vraie)

– Bodhisattva Kannon (Avalokiteshvara, un des boddhisattva de compassion) 

Ses attributs (de façon générale): fleur de lotus (pureté), vase (apaise la soif), sur sa coiffe effigie d’Amitabha (bouddha de l’au-delà). Attitude de type Nara: debout, vase dans la main gauche, main droite en varada mudra (offrande, charité, accueil), bras pendant, main ouverte, paume en avant

– Tengu

Etres mythiques (kami) de l’ancien Japon, qui habitaient les solitudes des montagnes et qui étaient réputés, selon les histoires fabuleuses qui circulaient dans le peuple à leur sujet, pour leur connaissance dans les arts martiaux, dont ils faisaient parfois profiter des humains. Ce sont des divinités moqueuses qui punissent les prêtres bouddhistes trop arrogants, les arrivistes, les orgueilleux et, dans des temps plus reculés, les samouraïs vaniteux. Ceux qui enfreignent les lois sont en général leur cibles favorites. L’image du Tengu évolua cependant au cours du temps: au cœur du Moyen Age japonais, il est impitoyable ou plein de bonté, selon l’âme du voyageur. Mi homme (pour le corps), mi oiseau (pour la tête), les Tengu ont donné lieu à quantité de représentations populaires: les plus anciennes leur donnaient l’apparence de corbeaux (Karasu Tengu), mais les plus répandues étaient celles des “petits Tengu” (Ko Tengu) dotés d’ailes, ou aussi celles des Tengu aux longs nez (Konsha Tengu).

– Tanuki

Le tanuki est un animal réel natif d’Asie (principalement répandu en Chine en Corée et au Japon). C’est un mammifère omnivore, appartenant à la famille des canidés, dont il est le seul représentant hibernant (en fait, il tombe en hiver dans un sommeil profond, sans véritablement hiberner). Les mythes et folklores japonais mettant en scène des tanuki sont légion. On leur attribue de nombreux pouvoirs : ils peuvent changer de forme à volonté, ainsi que transformer les objets qui les entourent, et aiment jouer des tours aux hommes. Malgré cela, les tanuki restent pour les Japonais des animaux sympathiques et sont même considérés comme des porte-bonheur. Les commerces japonais placent d’ailleurs souvent une statuette à l’extérieur de leur boutique: le tanuki y est toujours caractérisé par d’énormes testicules, une coiffe sur la tête et une bouteille de saké à la main. On croit que les tanuki mettent une feuille sur leur tête et chantent pour se transformer. Certains tanuki puissants sont parfois comparés à des dieux (kami)

La richesse iconographique de ce temple illustre à merveille la symbiose qui perdura plus de douze siècles entre bouddhisme et shintô ancestral.

La pagode principale possède un beau porche en bois dont les poutres sont taillées en forme de dragons. Autour de chaque pavillon se trouvent des jardins, avec de nombreuses statues de moines, ainsi qu’une représentation de l’horoscope chinois. On peut aussi voir de nombreux ex-voto, sous forme de statues de Bouddhas ou de petites plaquettes de bois.

52- Au pied d’un petit pavillon, l’escalier d’accès est bordé de très belles statues en bois représentant des êtres mythiques, guerriers ou gardiens dans des attitudes guerrières. Dans la salle de ce pavillon se trouve toute une collection de petites statues de Bouddha.

53- Nara, Todai-ji, Les statues de Kongô Rikishi

Les deux rois gardiens de Nandai-mon, connus sous l’appellation familière de “colosses do Tôdai-ji”, sont des statues monumentales de près de 8,4 mètres de hauteur, réalisées en 1203, en tout juste soixante-neuf jours, par les sculpteurs Unkei et Kaikei. Après l’incendie de 1180, conséquence des guerres entre les clans Taira et Minamoto, le moine Chôgen obtint l’appui de la Cour de Kyôto et du shogun Minamoto no Yoritomo pour financer la reconstruction do Tôdai-ji. C’est à la demande pressante de Chôgen que les deux Kongô Rikishi, Agyô et Ungyô, furent sculptés afin d’être placés à l’intérieur du Nandai-mon. Une restauration prévue sur cinq ans, entreprise en 1988, a permis de découvrir à l’intérieur des statues des documents, portant les noms de Chôgen et des sculpteurs. Unkei et Kaikei, assistés de Jôkaku et de Tankei, commencèrent à sculpter les dieux gardiens en 1203, le 24ème jour du septième mois; dès le 8ème jour du huitième mois, la statue d’Agyô (bouche ouverte) fut dressée dans le Nandai-mon, et le lendemain, un exemplaire du Hokyoin Darani-kyo fut placé dans le torse

d’Ungyô (bouche fermée).

NB- Kongorikishi est un dieu Hindu qui a accepté de devenir un gardien du bouddhisme. Il apparaît fréquemment sous la forme de 2 guerriers furieux à la porte des temples japonais: Mitsushaku Kongo est à gauche et tient un bâton éclair, Naraen Kongo à droite avec un sabre. Les statues créées par Unkei et Kaikai, situées à la porte principale sud du temple Todaiji sont des chef d’oeuvres de la sculpture Kamakura.

54 Jizō bosatsu

Divinité issue de la religion bouddhiste dédiée à l’altruisme. Historiquement, Jizō aide les âmes perdues à trouver le salut. Il s’est donné la tâche de vider les enfers, et lorsque ceci sera accompli, il pourra atteindre l’illumination parfaite, c’est-à-dire devenir Bouddha. Bien entendu, cette mission est impossible, et devenir Bouddha n’est pas un objectif en soi. Ce qui compte, c’est le chemin qui y mène et les actions à mener pour tendre vers cet idéal.

Jizō existe dans l’ensemble des pays qui pratiquent le bouddhisme. Mais au Japon, il a un rôle légèrement différent et plus spécifique. Il est le protecteur des enfants morts. Et étant donné la place primordiale qu’occupe l’enfant dans la culture japonaise, Jizō est l’une des figures les plus aimées et vénérées du pays. Pour bien comprendre son rôle, il faut savoir que suivant les préceptes bouddhiques, les hommes doivent réaliser de bonnes actions durant leur vie. Cela leur permet de traverser le fleuve divin Sanzu. Les enfants n’ayant pas eu le temps de cumuler suffisamment de mérite dans leur vie pour le franchir. Jizō les prend donc sous sa protection et les cache dans les replis de sa robe. Cela concerne donc non seulement les enfants morts, mais aussi les mort-nés, les fausses couches, les avortements et parfois par extension les femmes mortes durant leur accouchement.

– Bouddhisme

Le bouddhisme qui fut officiellement présenté en 552, et divisa d’abord la cour, au souverain du Yamato (ancien nom du Japon) était celui du Mahayana, le Grand Véhicule, exprimé dans les sutras, qui donne la primauté à la motivation altruiste du boddhisattva. Ses préoccupations essentielles – l’illumination, la réincarnation, la spiritualité, l’ascèse – étaient moins un obstacle qu’un apport au shintoïsme, qui manquait d’une morale, d’une doctrine de l’âme et d’une eschatologie. Le bouddhisme se lie à l’antique religion, assimilant des kami aux déités gardiennes de ses temples ou à des bodhisattvas, et les Japonais rendent indifféremment un culte aux bouddhas et aux kami…

-55- Pratiques cultuelles:

– Kyoto, Pavillon d’or, jeunes filles appelant les divinités shinto

– Tokyo, Senso-ji, horoscopes

– Tokyo, Senso-ji, bassin à ablutions

– Tokyo, Senso-ji, brûleur d’encens

MANGA

56- En revenant de Miyajima, la (le?) manga, institution nationale

– Homme lisant une manga sur le ferry

– Couvertures de publications shonen, shojo, josei, seinen

1- Origine

– Les rouleaux peints: L’origine lointaine se situe dans la période Nara, avec l’apparition des emakimono, premiers rouleaux peints japonais, qui associent des peintures à des textes calligraphiés pour constituer un récit que l’on découvrait au fur et à mesure que se déroulait le rouleau. Le premier des emakimono, au début XIIe, est l’emaki du Gengi monogatori. Les emakis se déroulent dans le sens de l’écriture, par fragments, dont chacun correspond à l’écartement des deux bras. On les lisait à haute voix à la cour et les images étaient admirées et commentées en commun. Ils faisaient souvent intervenir de courts textes explicatifs après de longues scènes peintes. Cette priorité accordée à l’image – qui peut assurer seule la narration – est aujourd’hui une des caractéristiques les plus importantes du manga.

57- Emaki: Toba Sojo, Chogu giga emaki (histoire satirique des oiseaux et des animaux), XIIe siècle

Modèle de virtuosité du dessin, humour. L’absence de frontière entre hommes et animaux est naturelle au pays du culte shinto.

58- Planche: Le Dit du Gengi, emaki du XIIe

s’inspire d’une nouvelle écrite au début  XIe siècle par Murasaki Shikibu, dame d’honneur de l’impératrice Akiko, œuvre considérée comme majeure de la littérature japonaise du XIe siècle. L’intrigue du livre se déroule pendant l’époque de Heian.

NB- Le Genji est un fils d’empereur qui ne peut prétendre au trône.

Le Dit du Genji, qui se présente comme un récit véridique, raconte la vie d’un de ces princes impériaux, d’une beauté extraordinaire, poète accompli et charmeur de femmes. Critique des mœurs décadentes de la cour de Heian, il aborde des sujets très en avance sur leur temps: femme bafouée, mari jaloux, courtisane, séducteur, fascination du pouvoir, classes sociales, argent.

– Scène du chapitre Takekawa (La rivière aux bambous) montrant la vie aristocratique ; à gauche, deux sœurs jouent une partie de go dont l’enjeu est le cerisier en fleurs.

– Scène du chapitre Kashiwagi (Le chêne).

– Adaptation du dit du Gengi en manga, 1993 Waki Yamato

– Les livres illustrés: À partir du XVIIe siècle, la xylographie s’impose dans des romans illustrés tout au long de l’époque d’Edo (1603-1868). Apparition de livres populaires à diffusion

importante, les Kusa-zoshi, (“qui sent mauvais”), ainsi nommés à cause de l’odeur de l’encre.

On leur donnera plusieurs noms selon la couleur de leur couverture ou selon leur public. De petit format, ils seront abondamment illustrés d’estampes Ukiyo-e.

La bande dessinée et le livre illustré ont de nombreux points communs, dans la relation texte/image, l’illustration étant constitutive de la narration. Le texte s’y intègre au dessin et renforce le lien avec l’image. En 1720, ces livres, en général de contes, s’adressent aux enfants, mais dès 1775, ils trouveront un public d’adultes à travers les Kibyôchi (couvertures jaunes), ouvrages satiriques, peu à peu remplacés par des gôkan, genre de romans à épisodes illustrés, qui disparaîtront aussi à la fin du XlX siècle avec l’émergence des nouveaux journaux.

59- Planche: livres illustrés

1861, Kunisada II

Ce petit livret fait partie de la 23e série d’un gôkan tardif paru de 1855 à 1883 en 48 séries. Dans toutes les pages du gôkan, texte et image s’interpénètrent étroitement.
Ici, le texte se loge dans les creux de l’image et s’enchaîne, en un désordre apparent, dans tous les sens possibles.

– Petit livre illustré par Kuniyoshi qui conte les aventures de Tametomo, l’archer mythique. – Kuninao Utagawa, Shinji Ando vers 1850, série publiée entre 1829 et 1850.

Le Shinji Ando (”le festival des lanternes”) est un manga, dessiné par quatre artistes différents : le premier volume est de Oishi Matora; le deuxième, de Kuniyoshi; le troisième et le quatrième, d’Eisen; le dernier, de Kuninao Utagawa (1793-1854).

Hoitsu – Korin Hyakuzu, vol. 1815

La genèse de cet ouvrage est contée dans le post scriptum, rédigé par Hoitsu. Le deuxième jour du sixième mois de 1815, Hôitsu organisa une rencontre à son domicile pour commémorer le centenaire de la disparition du grand maître de l’école Rimpa Ogata Korin (1658-1716). Il fut demandé à chacun des convives d’apporter une ou plusieurs de ses oeuvres, que Hôitsu se chargea de graver pour qu’elles soient reproduites sous forme d’ouvrage. Ainsi naquit le Korin Hyakuzu, qui réunit cent oeuvres du maître.

– L’Ukiyo-e: C’est du succès de ces publications que sont nées les estampes de l’ukiyo-e. Lors de la période Edo, les estampes étaient d’abord destinées à l’illustration de livres, mais, très vite, le rapport de force s’inversa et l’on vit l’apparition de livres à regarder en opposition avec les livres à lire, avant la disparition relative d’écrits complémentaires et la naissance de l’estampe en une seule illustration, qui est la forme la plus fréquente de l’ukiyo e.

60- Manga d’Hokusai (1760-1849)

C’est Hokusai  qui donna son nom au manga (littéralement dessins grotesques), avec la publication de 1814 à 1834 à Nagoya de ses dessins,  les Hokusai manga.

61- Hokusai

Après la vogue des estampes en Europe, c’est le retour d’influences: notamment dans le manga de type Shojo, celle de l’art nouveau, partiellement issu du japonisme européen, occupe une place prépondérante.

62-Japonisme, influences réciproques

– Mucha, affiche

– ICHTYS

– CLAMP

OSE Kohime

 Le (la) manga ne prend le sens précis de “bande dessinée” qu’au cours du XXe, avec l’introduction de celle-ci au Japon. Lorsqu’elle y devient très populaire, après 1945 et grâce à Osamu Tezuka, le terme s’impose pour finir par ne plus désigner qu’elle. C’est ce terme qui a été utilisé à l’étranger comme synonyme de la bande dessinée japonaise.

2- Quelques notions 

– Le dessinateur de manga  (mangaka) est soumis  à des contraintes éditoriales dépendant du succès public (arrêt ou prolongation des séries) et à des rythmes de parution très rapides- ce qui explique certains aspects techniques, notamment le choix de stéréotypes efficaces.

– Les manga se lisent de droite à gauche, sens de lecture japonais. Mais les éditeurs français ont cherché à les plier à leur sens de lecture, retournant les images (ce qui peut occasionner des incohérences), ou adaptant entièrement les ouvrages en changeant la mise en page. Depuis 1995 environ, la plupart des éditeurs français ont adopté le sens de lecture japonais, devenu aussi  le standard aux États-Unis depuis le début des années 2000.

63- Planche: Les problèmes de transcription en occident

Akira, seinen manga de science-fiction des années 1980, planche d’OTOMO  Katsuhiro

– Version colorisée sur ordinateur par SteveOliff (1988) parution occidentale

64- Planche: le premier mangaka, Tezuka Osamu

Astroboy

En l’an 2003, le monde est couvert par la technologie et la science, et les robots vivent en société avec les hommes. Au Japon, le respectable Docteur Tenma important scientifique, a contribué à la modernisation du pays. Un jour, son fils unique, Tobio, se fait tuer dans un accident de voiture. Tenma décide de fabriquer un robot à son image. Bien que le nouveau Tobio s’humanise et développe l’âme d’un garçon humain, Tenma se rend compte qu’un robot ne pourra jamais remplacer son fils, le rejette, et le vend à un cirque de robots. Mais Tobio est recueilli par un savant, le professeur Ochanomizu, qui le prend sous son aile et décide de faire de lui un super-héros, renommé Astro, qui combattra pour la paix, la justice et la tolérance dans un monde où les robots sont souvent objets de discrimination.

Tezuka (1928-1989) Ses parents sont férus de manga et de cinéma étranger, d’où l’influence de Walt Disney sur le jeune Tezuka. Etudes de médecine à l´université d’Osaka, parallèlement à son activité de dessinateur. Ses mangas seront adaptés en dessins animés par le studio Mushi, que Tezuka a créé en 1962. Il impose alors le manga pour enfant et le dessin animé qui entretiendront dorénavant des liens très étroits.

3- Formes et caractéristiques techniques

A- Mise en page

– Ecriture et dessin ont toujours été ensemble dans les oeuvres, l’écriture est d’ailleurs elle-même un dessin, et  souvent ce dernier prime. Par ailleurs, l’écriture japonaise n’ayant pas de sens précis (en principe de droite à gauche et de haut en bas) et pouvant les emprunter tous, la liberté de la case va de pair.

– Fonction de la case: dans la BD, elle est au service du temps et définit un enchaînement chronologique. Dans la manga, elle est au service du sens. Cases et planche expriment l’atmosphère de la scène et formes et organisation soulignent les mouvements et sentiments.

– Diversité de compositions: la planche est le support de sentiments, de souvenirs, d’émotions et de perceptions qui suivent le mouvement morcelé et sautillant de la pensée, et la narration suit parfois un fil conducteur qui résulte plus des sentiments que de l’action en cours.

B- Modes de traitement des personnages:

Pour la majorité des créateurs japonais, le choix d’un style graphique s’opère d’abord selon des critères d’efficacité et de simplicité de mise en oeuvre. Pour l’essentiel, les enjeux se situent du côté du scénario, de la narration, du sens.

– Sens et émotions

Pour rendre les émotions le plus visibles possible, les mangakas ont emprunté à l’héritage culturel japonais les techniques du Nô ou du kabuki, répercutées dans les estampes. Visages blancs  impassibles presque dépourvus de traits. A l’opposé, émotions surjouées en grimaces . Dans le manga, on trouve aussi bien des physionomies à la kabuki, où le moindre trait et les mimiques sont accusés jusqu’au grotesque, que des visages minimalistes, mais dotés d’yeux énormes hérités en droite ligne de Disney, d’où une apparence occidentale. Sauf qu’ils ne cherchent nullement à paraître occidentaux, pas plus que japonais. Les visages minimalistes du shônen et du shôjo ont été conçus afin de faciliter au maximum l’expression graphique des sentiments et des émotions inscrits dans leurs immenses yeux ronds. Ils sont triangulaires pour que ces yeux puissent y trouver place, blancs et lisses. Echappant à tout réalisme, ce ne sont plus que des icônes symboliques. C’est aussi pour une raison technique – outre le fait que beaucoup de jeunes japonais des deux sexes se teignent – que nombre de personnages du manga ont les cheveux blonds ou hérissés. Les visages minimalistes ayant tendance à tous se ressembler, la coiffure les différencie. Rompus à identifier des idéogrammes qui ne diffèrent parfois entre eux que par un seul petit trait, les lecteurs japonais n’ont besoin que de signes minimes.

65- Planche: expression des visages type nô

– Astroboy, anime

– CLAMP

– CLAMP

– La rose de Versailles

Un exemple de code: dans les yeux de La Rose de Versailles, cercle blanc au centre  de la pupille = choc,  larmes = douleur, flou de la base de la pupille = trouble, croix = résolution.

– Honey X Honey: noter le rôle de la trame dans l’indication du volume

– Lain, anime: Trame simplificatrice et indicatrice duvolume.

66- Planche: expressions des visages type kabuki

– Kabuki

– Akira

– Hunter X Hunter

– Gen

– Dragon Ball

– Hunter X Hunter

C- Graphisme polymorphe

– Emploi massif  du super deformed ou SD. Introduction impromptue, dans le fil d’une narration,d’une forme graphique délibérément outrancière, prenant en général le contre-pied radical de l’ambiance graphique dominante, souvent utilisée par l’auteur pour appuyer un effet ou un rebondissement, ou pour adresser, en marge du récit, un clin d’oeil à ses lecteurs.

– Cohabitation de dessins réalistes et caricaturaux. Un personnage peut être rendu par un graphisme particulier selon le rôle qu’il occupe et selon son caractère; mais sa représentation graphique peut aussi évoluer au cours du récit. Selon ce qu’ils expriment ou selon le ton que prend l’histoire, la représentation des personnages peut passer du réalisme à une stylisation extrême. Leur visage devient une sorte de masque qui est alors décrypté comme un code exprimant joie, ennui, confusion, étonnement, etc.

– Par ailleurs, il y a fréquemment une différence entre la représentation graphique du visage des personnages et celle de leur corps.

67- Planche: super deformed

IKEDA Ryoko, La rose de Versailles

MIYAGI Riko,  Mei’s Butler

 Traitement de l’environnement:  L’environnement est traité avec beaucoup plus de réalisme que les personnages. Pour les décors et pour les objets, on trouve très souvent une utilisation assumée de photographies. Des philtres informatiques sont parfois appliqués dessus afin de les modifier. Diversité graphique qui peut s’expliquer par la diversification des tâches dans un studio, mais aussi par une conception du dessin et du monde particulière au Japon.

68– Planche: traitement de l’environnement

– Nana devant un fond de gare, photographie remaniée.

– Divers exemples de possibilités de transformation d’une photo par ordinateur.

D- Usage des trames,quasiment généralisé dans un univers éditorial toujours dominé par le noir et blanc. Les mangakas ont à leur disposition des catalogues de trames d’une richesse sans commune mesure avec ce dont disposent leurs homologues occidentaux.

Certains artistes, comme CLAMP, ont fait de leur maîtrise de la trame l’une de leurs composantes clés. Et Nakano structure la totalité de sa planche avec ses trames.

69- Planche: les trames: exemples

70– Les trames: utilisation

– ICHTYS, Superior

– MINAMI Kanan, Honey x Honey

– MINAMI Q-ta, Adieu Midori

NAKANO Shizuka

E- Lignes de vitesse ou d’accélération: Élément clé d’un vocabulaire visuel tout au service de l’expressivité du mouvement dans le registre de la bande dessinée d’action, comme le  genre nekketsu (sang brûlant), pour suggérer courses poursuites, efforts, et plus généralement l’intensité d’un geste ou d’une attitude, ou encore accompagner l’exclamation d’un personnage ou un bruit violent..

71- Planche: tracés de vitesse

– Kojima, Lone wolf: Noter le rapport avec le film Samouraï.

– Kon Satoshi, Kaikisen, retour vers la mer

Les lignes rayonnent autour du personnage, indiquant non la vitesse, mais son état d’âme. L’utilisation de la trame sur son visage a même sens.

– KISHIMOTO Masashi, Naruto

4- Styles et genres: 

Le classement par genre est le rassemblement d’œuvres répondant à des critères communs. S’il et parfois arbitraire et réducteur, il demeure cependant une réalité forte au japon. Ce regroupement ne se tait pas de la même façon qu’en Europe. Une manga sera souvent définie selon le type de magazine dans lequel elle est publiée, et donc du public auquel elle s’adresse, et non par le thème qu’elle abordera. D’où les classification shonen, shojo, josei et seinen.

– shonen, shojo, josei, seinen

Shônen, Manga destinée aux garçons.

Le fil conducteur de ces séries reste invariablementle parcours initiatique du héros. Au fil des volumes, il gagnera en maturité et passera de l’enfance à l’âge adulte. On le suit généralement à travers une quête particulière (découverte d’un trésor, conquête d’une fille, réussite à une compétition ou à un examen). Si le personnage principal entre en confrontation avec plusieurs

adversaires, pas de manichéisme. Par repentance ou pour vaincre un adversaire plus

puissant, il arrive bien souvent que les rivaux d’un temps fassent alliance. Leur relation peut alors se transformer en réelle amitié. On retrouve ce schéma scénaristique dans des séries bien différentes que sont One Piece, Captain Tsubassa ou Dragon Ball

– Shôjo, Manga destinée aux filles.

Ces manga traitent généralement d’histoiresd’amour. Parfois mièvres, elles peuvent être aussi

réalistes et dures. Bien entendu, les amours sont toujours impossibles. L’héroïne ne peut pas aimer celui qu’elle a choisi, soit parce qu’il est d’un autre milieu social, soit parce qu’ils sont tous deux destinés à autre chose. Pour arriver à concrétiser son amour, l’héroïne devra très souvent dépasser un interdit qu’on lui impose ou qu’elle s’impose à elle-même.

NB- Une histoire d’amour n’est pas traitée de la même façon dans les manga shôjo ou shônen. Physiquement, dans les shônen, la fille a quelques rondeurs. Dans les shôjo, le garçon est plutôt androgyne. Il faut en effet que l’être à conquérir soit exceptionnel.

– Josei, Manga destinée aux femmes

Dans la continuité des shôjo, on retrouve de nombreuses histoires d’amour mais qui abordent de façon réaliste des thèmes bien évidemment propres à la vie d’une adulte. La sexualité

est approchée de façon crue et sans détour. Sujet peu traité en France, l’homosexualité, même masculine, (Genre yuri et yaoi) est un thème récurrent de ces revues qui proposent également des histoires d’horreur.

– Seinen Manqa destinée aux hommes.

Les manga seinen sont d’une grande variété. Pour un public jeune, lycéen et étudiant, on retrouve des séries d’aventures parfois violentes avec souvent des scènes de sexe plus ou moins suggérées. Mais on trouve pour des hommes plus mûrs de plein pied dans la vie active des manga plus réalistes, parfois intimistes.

– Genres

– Sport et loisir

Genre quasi inexistant en Europe mais bien implanté au Japon. Nombre de séries se développent autour d’un sport et peuvent avoir une répercussion importante: ainsi de Captain Tsubasa (foot) de TAKAHASHI Yoichi, ou Hikaru no GO (jeu de Go) de OBATA Takeshi et HOTTA Yumi. Tournois et compétitions placent le héros en face de ses limites, et lui font trouver sa place dans la société.

72- Planche

– TAKAHASHI Yoichi, Captain Tsubasa

– OBATA Takeshi et HOTTA Yumi, Hikaru no GO

– Historique

Histoire du Japon, mais aussi, curieusement, de l’Europe. Peuvent ouvrir une réflexion politique (Histoire des trois Adolf, de TEZUKA, Zipang de Kaji KAWAGUCHI, analogue à Nimitz, retour vers l’enfer de Don Taylor), ou être simple décor d’aventures (La rose de Versailles, Riyoko IKEDA, Bouddha de Osamu TEZUKA).

73- Planche

– Zipang, Kaji KAWAGUCHI

– La rose de Versailles, Riyoko IKEDA

– Histoire et traditions

74- Planche

UTAMARO

EISEN, Geisha

SUGIURA Hinako, Oreillers de laque

– SF et fantastique

Occupent une large place. Parfois thrillers (Appleseed de SHIROW Masanume), cyber punk (Akira, de OTOMO Katsuhiro), fantastique pur (Albator de MATSUMOTO Leiji, Number 5 de MATSUMOTO Taiyou, Nausicaa de MIYZAKI Hayao), Heroic Fantasy (Basar, de TAMURA Yumi).

75- Planche: SF, Appleseed, manga et film

– Horreur “kowai”

Le genre, modéré ou très suggestif, est aussi le support d’expérimentations graphiques (Jigokuhen, panorama de l’enfer, de Hideshi HINO, la jeune fille aux camélias de Suehiro MARUO), style de manga Eroguro, mélange de grotesque et d’érotisme.

76- Planche: horreur, du modéré au hard, ou du shonen au seinen

– Thriller Polar Yakusa

Vont du très sombre (Monster d’URASAWA Naoki) à l’aventure légère, voire humoristique (City hunter, de HOJO Tsukasa).

77- Planche: policier

– Monster URASAWA Naoki

– City hunter, HOJO Tsukasa

– Samouraï combat action

78- Planche: action

– TORIYAMA Akira, Dragon ball

– TOGASHI Yoshihiro, Hunter X Hunter

– Amour – Erotique

les histoires d’amour se retrouvent essentiellement dans les Shojo manga et évoluent selon l’âge supposé des lectrices, de l’amour chaste et enfantin à l’érotisme presque cru.

79- Planche: amour

– Yazawa AÏ, Nana

– Miyagi Riko, Mei’s butler

– MINAMI Kanan, Honey X Honey

Honey X honey est un titre de la collection shôjo, mais qui se propose aux lectrices les plus adultes, du fait de certaines scènes coquines et de relations complexes et matures.

– Vie quotidienne

Peuvent être intimistes (Blue de Kiriko NANANAN, Le journal de mon père de Jiro TANIGUCHI), noires, dramatiques (Les larmes de la bête TATSUMI). Elles couvrent toutes sortes de professions, surtout celles des hommes de bureau.

80- Planche: vie quotidienne

– NANANAN Kiriko, Blue

– TANIGUCHI Jiro, Le journal de mon père

– Autobiographie

81- Planche: autobiographie

Gen d’Hiroshima

82- Vue générale d’Hiroshima, avec les restes  du Dôme

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