Grèce antique

 

NB- Tout se passant avant JC, je ne préciserai pas toujours le – avant la date

 

Cadre général artistique et historique

Avant la guerre de Troie (vers -1280), deux civilisations importantes : en Crète (-2000 à -1450) et, sur le continent, à Mycènes (-1450 à -1200). De la première, restes archéologiques de palais (Cnossos), avec des peintures murales, et de vases décorés de motifs naturalistes. De la deuxième, sites de Mycènes (masques d’or) et de Tirynthe : Statuettes, vases peints, orfèvrerie.

 

VIIIe av.JC : période géométrique (vases peints et statuettes géométrisées).

 

VIIe av.JC : période orientalisante. La céramique s’enrichit de motifs orientaux

 

VIe av.JC : période archaïque. Apparition de la statuaire (Couroi et Corai, jeunes gens et jeunes filles). Urbanisme et construction de temples, de théâtres. Architecture fondée sur les proportions et la symétrie, articulée par les « ordres » (dorique, ionique, et au IVe siècle av.JC, corinthien – inventé mais jamais utilisé en Grèce) qui seront la base de toute l’architecture européenne. Peinture de vases « à figures noires », puis (après -530), « à figures rouges ».

 

Ve av.JC : premier classicisme (siècle « de Périclès »). La sculpture devient de plus en plus naturaliste. Apparition du canon (proportions idéales). Reconstruction de l’Acropole d’Athènes (ruinée par les Perses pendant les guerres médiques, 490-479) : temples d’Athéna Nikè, de l’Erechteion, du Parthénon.

– Architectes : Ictinos. Mnésiclès.

– Sculpteurs : Phidias (v.-490, après -430), Myron, Polyclète.

– La peinture de chevalet (sur bois) ayant disparu, on en cherche le reflet et l’évolution dans les céramiques.

 

 

IVe av.JC : deuxième classicisme. La sculpture change de canon : formes plus étirées ou plus massives, hanchement, torsions.

– Sculpteurs : Lysippe, Scopas, Praxitèle.

– Peintres (dont rien ne reste que leurs noms) : Parrhasios, Zeuxis, Apelle).

De -431 à -404, la guerre du Péloponnèse ruine les cités grecques. Philippe de Macédoine, puis Alexandre le Grand, les soumettront et constitueront un nouvel Empire.

 

Période hellénistique (de la mort d’Alexandre en -323 à la bataille d’Actium, -31. Les formes se font de plus en plus inventives, mais la grande période de l’art grec est terminées.

 

I- Civilisation Minoenne :

Doit son nom à Arthur Evans, du roi mythique Minos, dont la réalité est difficile à cerner.

On la divise en trois périodes : prépalatiale (environ -2500-2000), paléopalatiale (premiers palais, 2080-1700), palatiale (seconds palais, 1700-1450).

Caractéristiques des palais :

– une cour principale, autour de laquelle des bâtiments dissymétriques.

– des halls ouverts latéralement

– des puits de lumière

– des salles de bains ou de lustration creusées en contrebas

– des escaliers monumentaux

– des jardins en terrasses

– étages supérieurs aménagés en pièces officielles.

L’irrégularité des tracés a fait penser (à tort) au fameux labyrinthe, et le sens des constructions n’est pas très clair : sont-ce des lieux d’habitation royale ou des monastères ?

Il s’agit en tout cas d’une civilisation brillante, fondée essentiellement sur la navigation et le commerce, qui va disparaître au XVe siècle, après l’explosion du volcan Santorin (1520), puis les invasions achéennes (1460). A partir de cette date s’installent en Crète les Mycéniens.

– Cnossos, escalier du palais, -XVIe (reconstitution d’Evans)

 

ART

On a retrouvé des ateliers de tissage, céramique, travail du cuivre, gravure et cachets. Peu de sculptures, beaucoup de peinture.
Céramique : formes et styles différents selon les périodes : vases fumés de Vasiliki, vases en « coquille d’œuf » de Kamarès (XIXe), vases du style du palais (XVIe), grandes jarres à décor floral et marin.

– Vase du style de Kamarès  (vers -1800)

– Déesse aux serpents (-XVIe)

– Fragment de fresque dit « la Parisienne », -XVIe

– Sarcophage d’Hagia Triada, -XVe/-XIVe (après l’invasion achéenne)

Décors muraux : peinture à la détrempe sur enduit sec sur les murs et les sarcophages. Caractérisée par le mouvement, la variété, la vie, d’un réalisme tempéré par certaines conventions. Influence égyptienne (hommes bruns, femmes blanches) mais avec des sujets plus variés et plus de liberté d’expression. Toujours naturalistes.

 

II- Civilisation mycénienne :

Vers -2000, invasion du Péloponnèse par les Achéens, peuples indo-européens venus des Balkans. Ils fonderont la civilisation mycénienne (-1600/-1120), celle qui est décrite par Homère de manière essentiellement légendaire, qui fonde la dynastie argienne sur les Atrides, descendants de Tantale : Atrée, roi de Mycènes, engendre Agamemnon (époux de Clytemnestre), roi d’Argos et de Mycènes, et Ménélas (époux d’Hélène), roi de Sparte. L’Argolide est leur fief dans le Péloponnèse : fondation des centres de Mycènes, Argos, Tirynthe, Pylos. En fait, les limites de leur territoire restent floues.

Heinrich Schliemann sera le premier à en redécouvrir les sites : à la recherche de Troie, il entame des fouilles à Hissarlik et retrouve les fondations de neuf villes successives. Il croit alors retrouver en Troie II la ville homérique, alors qu’en réalité celle-ci se situe au niveau de Troie VI. Il commettra l’erreur inverse en retrouvant le tombeau dit « d’Agamemnon » à Mycènes, alors qu’il date du -XVIe siècle. Mais il a ouvert la porte à l’archéologie grecque.

 

Caractéristiques :

– puissance des citadelles

– activité des gens de guerre

– exploitation des gens de terre

– richesse des gens de mer

Quelques familles règnent au nom des divinités sur un peuple de soldats, de paysans, d’éleveurs, d’artisans, de marins. Administration bureaucratique qui contrôle tout.

 

Tombes : Au -XVIe, tombes à fosses dans des cimetières circulaires (cercle de tombes A de Mycènes, où ont été trouvés les masques d’or, des poignards de bronze incrusté d’or et d’argent).

– Cercle de tombes A

– Masque dit « d’Agamemnon »

Au –XIVe, tombes à chambre où l’on accède par un dromos (corridor à ciel ouvert) incliné, porte surmontée d’un linteau monolithe colossal, avec au-dessus un arc de décharge qui devait être l’emplacement d’un bas-relief, chambre ronde à coupole.

– Trésor dit « d’Atrée »

 

Architecture :

Forteresses entourées de murailles cyclopéennes, avec aménagement de casemates pour les guetteurs. Au sommet, le palais royal, gardé par des animaux héraldiques (lions, griffons, sphinx), avec salles réservées au culte, intègre plusieurs des raffinements crétois (cour à portiques, escaliers monumentaux, sanitaires, décor luxueux).

– Tirynthe, casemates

– Mycènes, porte des lionnes

Le Mégaron (habitation royale) est constitué par un grand édifice rectangulaire composé d’un porche, d’un vestibule et d’une grande salle abritant un foyer central et un trône. Ce type d’édifice fut identifié par les fouilleurs du XIXe siècle au mégaron homérique, et le terme continue à être utilisé aujourd’hui, même si l’identification n’est plus considérée comme acquise. Le porche donne sur une cour à laquelle on accède par un portail ornemental. A l’image d’autres pièces, que l’on suppose de cérémonie, il était orné de peintures murales. Plus tard, les Grecs reprendront, dans les premiers temples (ceux d’Apollon à Thermos et à Erétrie, d’Héra à Argos, d’Athéna Polias sur l’Acropole d’Athènes), le type du mégaron comme demeure de leurs dieux.

– Maquette de temple en terre cuite sur le modèle du Mégaron.

 

ART

Mêmes thèmes qu’en Crète, avec moins de liberté : scènes de tauromachie, femmes, avec en outre des scènes de chasse et des défilés de chars.

Vases avec décors de faune marine et défilés de chars.

– Amphore avec course de chars

– Cratère des guerriers

– Tête féminine en stuc peint (acropole de Mycènes)

– Idoles de terre cuite, vers 1100

 

-1200 (-1183/-1173) guerre de Troie.

 

-1120, invasions des Doriens, peuple cavalier indo-européen. Les Achéens fuient vers l’Ionie (Asie Mineure) et s’y installent.

L’hypothèse la plus vraisemblable est que des groupes de Doriens, venus de la Grèce du nord-ouest, et notamment d’Épire, se sont installés progressivement dans une grande partie du Péloponnèse en profitant de l’affaiblissement puis de la disparition des organisations palatiales mycéniennes, ainsi que du dépeuplement relatif de la région. Leur arrivée est malaisée à repérer du point de vue archéologique parce qu’ils ne sont pas totalement étrangers au monde mycénien et parce qu’ils peuvent même comprendre dans leurs rangs des exilés péloponnésiens (les Héraclides).

 

III- Le retour des Héraclides

De la fin du –XIIe siècle jusqu’au début du -VIIIe, trois siècles obscurs dits « Moyen Age grec » (-XIe, -Xe et -IXe). La céramique, au décor uniquement abstrait, en conduit l’étude, où les archéologues distinguent :

– le style submycénien, , à simples filets (1100/1050)

– le style protogéométrique (1050/900), à décor limité à une bande centrale du vase et motifs peu nombreux (cercles, puis lignes anguleuses dessinant losanges, triangles, méandres et croix gammées).

– le style géométrique ancien (900/750), à zones noires et zones décorées.

 

IV- Le VIIIe siècle avant JC

Première vague de colonisation.

Premiers jeux olympiques (776)

Vers 750, existence présumée d’Homère.Invention de l’armement naval (les trières) et terrestre (les hoplites), de la cavalerie montée, de la monnaie, de l’alphabet.

 

ART

Réapparition de la figure humaine dans les vases du Dipylon à Athènes.

Pas de sculpture monumentale, mais des statuettes en bronze ou terre cuite où dominent les figures d’animaux. Apparition entre 750 et 700 de statuettes anthropomorphes : guerriers, idoles, ex-votos de terre cuite.

– Amphore du Dipylon

– Cratère du Dipylon

– Statuette de cheval en bronze

– Statuette de déesse en ivoire

 

ARCHITECTURE

Se définissent les éléments fondamentaux de ce que sera le sanctuaire classique :

– Rituellement se définit une portion de sol réservé à la divinité (le temenos), espace limité par une enceinte, domaine du sacré où s’effectuent les sacrifices.

– Le dieu est présent sous la forme d’une statue sommaire, généralement en bois à peine équarri (xoanon), qu’il faut protéger

– Le bâtiment est la seule habitation du dieu (le naos), où ne pénètrent pas les fidèles : le culte se pratique à l’extérieur sur un autel dressé devant la porte. Adoption pour la maison du dieu des formes architecturales de la maison de l’homme, le mégaron.

 

V- Période archaïque (VIIe/VIe siècles)

Période capitale car s’y inventent la grande statuaire, l’architecture monumentale, la technique du relief, la peinture.

 

1- VIIe siècle

CONTEXTE HISTORIQUE

Décrit par Hésiode dans Les travaux et les jours.

Aristocratie de grands propriétaires fonciers (les basileis=rois, nobles et eupatrides=fils de nobles) qui accaparent tout le pouvoir, peuvent seuls être archontes et siéger à l’Aréopage. Ils rendent leur justice selon des coutumes orales qu’ils sont seuls à connaître. Pour le peuple, misérable, le régime est impitoyable.

Au milieu du siècle, le régime aristocratique est ébranlé par ses propres abus. C’est alors qu’apparaissent les premiers législateurs :

– A Mytilène, Pittacos

– A Catane, Charondas

– A Athènes, Dracon publie en 621 des lois écrites. Puis, Solon, en 592/591, crée l’Ecclesia, assemblée ouverte à tous les citoyens, la Boulè, un nouveau conseil, et un tribunal du peuple, l’Héliée.

 

ART

Sculpture :

– De 660 à 630 environ, œuvres d’un style particulier dit « dédalique », originaire de Crète, qui se répand partout. Caractéristiques : frontalité, recherche du volume et de la masse, articulations marquées, structure rigoureuse. Les femmes sont vêtues du peplos, les hommes nus, avec ceinture ou pagne.

– Dame d’Auxerre, Louvre : un des meilleurs exemples. Forme parallélépipédique, corps gainé dans un peplos sans plis, pieds en palette (origine mésopotamienne), main sur la poitrine (geste d’adoration d’origine orientale), taille marquée, visage aux yeux exorbités, à la bouche lippue, coiffure à godrons (oricine égyptienne, ou, plutôt, mésopotamienne). A l’origine, polychrome.

– Métope d’un temple archaïque d’Athéna à Mycènes

– Fragment de métope en terre cuite, temple de Thermos (Etolie)

Peinture :

Grâce aux émigrations et au commerce entretenu avec l’Asie Mineure, une influence orientalisante se manifeste dans la peinture de vases, développée différemment dans toutes les cités grecques : s’ajoutent à la figure humaine des animaux en file ou affrontés, oiseaux, fauves, et une ornementation de torsades, palmettes, flore.

– Amphore mélienne de style orientalisant.

– Vase funéraire attique aux Gorgones (vers 620)

 

2- VIe siècle : les tyrannies

CONTEXTE HISTORIQUE

Les populations aspirent à d’autres gouvernements que celui des géneai (clans) et regardent vers les monarchies d’Asie Mineure qui leur semblent un modèle d’organisation. C’est le règne des tyrans (guide, maître), qui mettent fin aux prérogatives des nobles et restaurent la prospérité. Les plus importants, dont les noms sont restés : Périandre à Corinthe (de 590 à 560 environ), Pisistrate à Athènes (de 561 à 528), Polycrate à Samos (de 538 à 522).

A Athènes, la tyrannie de Pisistrate est brillante. Ses fils Hippias et Hipparque lui succèdent. Mais Hipparque est assassiné en 513 par Harmodios et Aristogeiton (pour une banale affaire de mœurs) et son frère Hippias, en 510, est chassé par le clan des nobles Alcméonides. Clisthène, mis au pouvoir en 508, apporte de nouvelles réformes « pour remettre le pouvoir politique à la foule ».  En résumé :

– 594, réformes de Solon

– 566/65, premières grandes Panathénées

– 560/528, tyrannie de Pisistrate

– 528, Hipparque et Hippias succèdent à leur père

– 514, assassinat d’Hipparque par Harmodios et Aristogeiton

– 510, tyrannie d’Hippias renversée par les Alcméonides (famille noble exilée)

– 507, réformes démocratiques de Clisthène

– 500, révolte des grecs d’Asie contre Darius qui les soumet et décide d’attaquer Athènes et l’Erétrie.

ART

Peinture

Prédominance de la céramique attique, qui s’impose par la qualité de son vernis, l’originalité de ses sujets, l’habileté de ses artistes. Les vases prennent des formes fonctionnelles et soignées, chacune adaptée à la fonction du récipient : aryballe et alabastre (vases à parfum), amphores (conservation des aliments), canthare, skyphos et coupe (vases à boire), dinos (vase à grain), stamnos (vase à conserver le vin), cratère (pour mélanger vin et eau), oenochoé (pour puiser le mélange dans le cratère), hydrie (vase à eau), loutrophore (vase nuptial pour le bain rituel), lécythe (vase funéraire), etc.

Au début, les figures sont peintes en vernis noir sur l’argile rouge ou beige, avec détails gravés. En 530 apparaît la « figure rouge », le motif étant laissé en réserve sur le vernis noir et les détails peints. Le dessin y gagne en précision et en vélocité.

Les potiers et les peintres commencent à signer leurs productions, ajoutant à leur nom epoiesen (a fait) ou egraphsen (a peint). Les plus connus : vers 575, Clitias (peintre) et Ergotinos (potier). Entre 560 et 525, Amasis (potier), après 550, Exékias (peintre et potier).Vers 530, Andokidès (potier, dont le peintre passe pour l’inventeur de la figure rouge), vers 520 Euphronios (peintre et ?potier).

– Coupe ionienne dite « de l’oiseleur », vers 550

– Amasis, Dionysos et les Ménades

– Exékias, vase des Dioscures

– Peintre d’Andokidès, Héraclès et Cerbère

– Euphronios, cratère attique, Héraclès et Antée

 

Sculpture

Apparition sous toutes ses formes : statues isolées, groupes statuaires, sculpture monumentale (frontons, métopes et frises).

Dans le domaine de la sculpture indépendante, ce sont les couroi et les corai  (jeunes gens et jeunes filles), dédicants qui se présentent tous de la même façon : frontalité, bras le long du corps, main fermée pouce allongé, jambe gauche portée en avant (sans doute d’origine égyptienne, le côté gauche étant considéré comme néfaste en Grèce). Le couros est nu, avec une musculature nettement affirmée. La corè est vêtue, selon la mode, du chiton (tunique de lin plissée) et de l’himation (manteau souple), tenue ionienne, ou du peplos plus rigide d’origine dorienne (grand rectangle de laine replié, avec rabat plus ou moins long selon les époques). Les visages ont encore l’exophtalmie héritée du VIIe siècle, mais leur expression est l’objet d’un soin particulier, et ils affichent un « sourire » qui est le signe d’une vie intérieure.

– Cléobis et Biton, marbre de Polymédès d’Argos, début du VIe

– Statue de Kroisos, Anavyssos (sud de l’Attique), vers 520

– Corè 679, vers 540/30

– Corè 670, vers 520

– Corè 674, vers 500

A côté de ces deux types en apparaissent d’autres qui ont un rapport plus direct avec la vie quotidienne : ce sont les groupes, qui, par le mouvement d’une action précise et l’association entre deux éléments, vont rompre (légèrement) la traditionnelle frontalité.

– Moscophore (porteur de veau), vers 570

– Cavalier Rampin, vers 560

Enfin, dans les temples, où pierre et marbre ont remplacé les décors de terre cuite, la sculpture va faire toute une série d’expériences en ornant les frontons, les frises doriques (métopes) et ioniennes.

– Athènes, fronton du premier hécatompédon (temple de 100 pieds), les trois bustes du triple Nérée (dit aussi le tritopador), vers 580/70

– Sélinonte, temple C, vers 540, métope, Persée tuant la Méduse en présence d’Athéna

– Delphes, trésor de Siphnos, vers 525, fragments de la frise. Les sujets de la frise sont classiquement mythologiques : à l’est, l’Iliade, au sud, l’enlèvement des filles de Leucippe par les Dioscures, à l’ouest, le jugement de Pâris, au nord, le combat des dieux et des géants.

 

Architecture :

C’est avec l’apparition des grandes statues du culte que sera construite la « grande maison » du dieu. A la différences des Crétois et des Mycéniens où le culte de deiux chtoniens s’effectuait en plein air, les dieux grecs anthropomorphes ont besoin d’une habitation, et les Grecs semblent avoir consacré presque exclusivement leurs efforts à doter d’une architecture le domaine sacré (périboles, portes, et surtout temples).

Le mégaron, au plan rectangulaire, vestibule, toit à double pente, est passé dans l’architecture grecque sous la forme du temple à antes, puis du temple périptère, le plus courant.

Le temple : 

– L’ensemble de la maison est dit sekos (enclos sacré) ou cella en latin, et se compose du pronaos (vestibule), du naos (pièce contenant la statue du dieu), de l’opisthodome (pièce en arrière du naos, où se déposent les offrandes).

– Le temple est dit in antis si entre les antes se trouvent deux colonnes, prostyle si, en avant, se trouve une rangée de colonnes, amphiprostyle s’il a une autre rangée de colonnes à l’arrière, périptère s’il est entouré de colonnes, diptère s’il l’est de deux rangées de colonnes.

– Plans de temples

– Héraion d’Olympie (vers650/600) : un des premiers temples. Périptère. Construction de bois à l’origine, les colonnes ont été au fil du temps peu à peu remplacées par des colonnes de pierre, ce qui en explique les différences. Quelques éléments de chêne subsistaient encore au 2e siècle de notre ère, quand Pausanias a visité le sanctuaire.

Les ordres :

Deux ordres majeurs : dorique et ionique. L’ordre corinthien, inventé en Grèce (par Callimaque ?), ne sera utilisé qu’à Rome.

– ordre dorique : héritage direct de la structure d’origine en bois, sa formule classique trouve son expression définitive au Ve siècle, avec le temple de Zeus à Olympie.

Les colonnes reposent sans base sur le stylobate (composé de 2 à 3 marches). Leur fût est cannelé (20 cannelures en général, à arêtes vives). Le chapiteau est fait d’une simple échine (coussinet circulaire) et d’un tailloir ou abaque.

L’entablement se compose de trois parties : architrave (lisse), frise, corniche.

La frise est composée de triglyphes (à 2 canaux) et de métopes sculptées.

– ordre ionique : il s’oppose au précédent par sa légèreté et une plus grande richesse décorative

Colonnes plus élancées à 24 cannelures séparées par des méplats, dont la base est faite d’un tore et d’une scotie d’abord, puis de 2 tores séparés par une scotie. Chapiteau composé d’une échine à 2 volutes, d’un tailloir très mince, d’une échine ornée d’oves entre les volutes et séparée du fût par une moulure arrondie, l’astragale.

Entablement en trois éléments : architrave (à trois bandes superposées), frise scluptée, corniche dont le larmier est surmonté d’un talon décoré.

 

VI- Premier classicisme (Ve siècle)

Trois périodes historiques :

1/ Jusqu’au moment où les batailles de Salamine, Platées, Mycale, et la prise de Sestos, écartent définitivement les Perses, le Ve se rattache encore au passé, mais l’union des Grecs s’est réalisée contre l’ennemi commun.

Athènes est la seule cité, avec Érétrie, à porter secours aux Ioniens révoltés contre le Grand Roi : la très modeste expédition qu’elles envoient en Asie et qui brûle Sardes ne fait d’ailleurs qu’exaspérer Darius, à telle enseigne que la première guerre médique est d’abord dirigée contre elles. Mais Athènes réagit avec force : ses hoplites, sous le commandement de Miltiade, contraignent l’ennemi, débarqué à Marathon sur la côte orientale de l’Attique, à rembarquer (490). En fait, elle a supporté seule le poids de la première attaque du Barbare.

Son rôle n’est pas moins grand dans la seconde guerre médique. Sous l’inspiration de Thémistocle, qui sait arracher à la Pythie de Delphes un oracle favorable à sa politique, les Athéniens décident d’abandonner leur ville devant l’invasion et de se réfugier sur leurs vaisseaux, tandis que femmes et enfants sont évacués. La victoire navale de Salamine (480), où ils fournissent quasiment la moitié des contingents, décide pratiquement du sort de la guerre et contraint Xerxès à la retraite. Ils jouent un rôle déterminant dans la poursuite des combats sur les côtes asiatiques (victoire de Mycale) et dans l’élimination à Sestos de la dernière garnison perse en Europe.

Durant cette crise où miraculeusement la Grèce a résisté aux forces démesurées de Xerxès, Athènes a assumé des risques considérables : la ville est entièrement détruite, les temples et les campagnes de l’Attique dévastés. Elle a montré par là son attachement indéfectible à la liberté, son courage, son sens des responsabilités. C’est donc tout naturellement vers elle que se tournent les petites cités des îles ou de la côte d’Asie qui, dans leur crainte d’un retour offensif du Barbare, cherchent à se grouper autour d’une cité plus importante : la fondation de la ligue de Délos, première forme de l’empire d’Athènes, est la conséquence directe de la seconde guerre médique. La grandeur d’Athènes au Ve siècle découle de l’option très nette qu’elle a prise lors de cette crise nationale.
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2/ De 478 à 449, date du traité de Kallias conclu avec les Perses, la Grèce cherche son équilibre. Sparte se replie sur elle-même, Athènes étend son hégémonie.

3/ Jusqu’en 404, l’hellénisme est dominé par Athènes, même quand elle s’engage en 431 dans la guerre du Péloponnèse qui se terminera pour elle en 404 par un désastre.

 

494- Prise de Milet par les Perses. Soumission de toutes les villes et îles grecques d’Asie Mineure.

– A Athènes, Thémistocle succède à Clisthène (493/2 ou 483/2).

490- Victoire de Marathon (10 000 Athéniens et 1000 Platéens empèchent le débarquement des Perses).

480- Les Perses forcent le défilé des Thermopyles (mort du spartiate Léonidas)

En septembre, 180 trières athéniennes coulent la majeure partie de la flotte phénicienne dans le détroit de Salamine sous le regard de Xerxès, roi des Perses.

479- Victoire de Platées sur le beau-frère de Xerxès, Mardonios.

477- Fondation de la ligue de Délos

449- Kallias traite avec les Perses un statu quo, qui consacre l’indépendance des cités grecques en mer Egée, à Chypre et sur les rives d’Asie Mineure.

460/429- Gouvernement de Périclès

Pendant des décennies, Périclès a été le maître incontesté d’Athènes, par la volonté du peuple qui l’élisait chaque année parmi les dix stratèges. Comme Thucydide l’a dit avec force (II, LXV) : « En apparence c’était la démocratie, en réalité le gouvernement d’un seul. » Mais cette situation ne s’explique pas par son seul génie : il a profité d’un équilibre social, au reste renforcé par ses mesures hardies, qui rendait solidaires les paysans de l’Attique, les artisans et les commerçants d’Athènes et les marins du Pirée, solidaires aussi les citoyens et les métèques, enrichis par la prodigieuse expansion économique d’Athènes.  Périclès entre dans la vie publique alors que pâlit l’étoile de l’aristocrate Cimon et que se développe un vif mouvement démocratique, conséquence tardive des guerres médiques où Athènes n’avait pu remporter sa paradoxale victoire que par les sacrifices du démos tout entier. Vite investi de la confiance du peuple, il est réélu stratège pendant quinze années successives. C’est donc dans le cadre de la constitution clisthénienne, sans occuper de magistrature exceptionnelle, qu’il dirige en fait une cité sensible au prestige de son génie et qui fait sienne la politique à la fois pragmatique et idéaliste qu’il lui propose.
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429- Mort de Périclès

431/404- Guerre du Péloponnèse

405- bataille d’Aigos Potamos. A la fin de la guerre du Péloponnèse cette bataille opposa 170 navires grecs sous le commandement du général Conon à 180 navires spartiates, réunis sous les ordres de Lysandre. La flotte athénienne, prise par surprise est détruite par Lysandre et Sparte prend le contrôle de la Grèce.

 

ART

 

1- Première période (jusqu’en 480/75), « style sévère » :

Entre les deux guerres médiques, l’élégance ionienne des pisistratides disparaît au profit d’une prédominance de l’austérité dorienne, le sourire archaïque cède la place à une expression concentrée des visages qui a fait qualifier cette période de « style sévère ». Parallèlement, la conquête du mouvement, la manifestation de l’action, conduisent à abandonner la frontalité. La statue gagne en réalisme et se fixent dorénavant les cadres de ce qui fera le style classique.

 

Sculpture :

A Athènes, Critios et Nésiotès, en Grande Grèce, Pythagoras de Rhégium, chassé de Samos par l’offensive Perse de 494 et exilé près de la Sicile. Ce dernier caractérisé par la puissance expressive de muscles tendus par l’effort, les tendons marqués, la représentation d’hommes souffrants (Philoctète blessé)

– Critios, Ephèbe (vers 485) : déhanchement, pied gauche en arrière. Marque l’instant où l’art passe de la représentation arbitraire à l’imitation raisonnée de la nature.

– Critios et Nésiotès, Les tyrannoctones (vers 477/76), copie romaine en marbre.

Après l’assassinat d’Hipparque et l’exécution d4Harmodios et Aristogeiton, la tyrannie d’Hippias se faisant de plus en plus dure, une légende se constitua autour des deux hommes, héroïsés dans la mémoire collective populaire. Après le renversement d’Hippias en 510, le sculpteur Anténor fut chargé de l’exécution d’un groupe de bronze à leur effigie (vers 510 ?). Le groupe emporté comme butin par les Perses en 480, on commande un nouveau monument de bronze à Critios et Nésiotès.

– Aurige de Delphes (Pythagoras ??). partie d’un groupe dédié par Polyzalos (prince syracusain) pour commémorer une victoire aux jeux pythiques.

 

Architecture :

Après Marathon, Athènes commémore sa victoire, à Delphes, par le trésor des athéniens, dont les métopes illustrent les exploits d’Héraclès (héros dorien) et de Thésée (héros athénien). A Egine, construction du temple d’Aphaia (l’Athéna éginète), dont le fronton ouest plus ancien représente les exploits d’Ajax et Teucros (héros éginètes) devant Troie. Le fronton est, postérieur à Salamine, illustre le combat d’Héraclès contre les Troyens, symbole de la victoire des Grecs sur les Perses.

– Trésor des Athéniens

– Temple d’Aphaia

Peinture :

Moins touchée que la sculpture par les vicissitudes de la guerre, elle continue son évolution vers plus de vérité et de mouvement. Peintres de Berlin, de Kléophradès, de Panaitios, de Brygos, Douris et Macron

– Peintre de Kléophradès, Dionysos et les ménades, vers 500. Initiateur de tendances nouvelle : gestes naturels, corps vus de face ou de dos esquissant un mouvement de torsion, figures athlétiques et poses très plastiques.

– Peintre de Berlin, Ganymède : plus classique. Noblesse des attitudes, raideur des figures.

 

2- Deuxième période (environ 475/450)

Peinture :

Tendance à un maniérisme figé jusqu’au milieu de Ve. Généralement, dessin moins vigoureux, draperies floues, pieds et mains à peine ébauchés. Les « maniéristes », groupés autour d’un artiste de grand talent qui débute à la fin du style sévère, le Peintre de Pan, conservent plus de souplesse et de sinuosité, mais les gestes sont affectés, l’allongement des corps excessif.

– Peintre de Pan, Artémis et Actéon, vers 470

– Peintre de Penthésilée, vers 465. Grandes compositions pathétiques de personnages en action violente. Mouvements de torsion, visages exprimant la souffrance.

– Peintre des Niobides, vers 460/450. Etagement des figures en plusieurs plans avec indication du terrain : premier essai pêrspectif, qui reproduit sans doute celui que met au point la grande peinture (Polygnote).

 

Architecture :

-Téménos d’Olympie

468/465, élévation du temple de Zeus par l’architecte Libon, pour les Eliens (en 472, Elis l’a emprté sur l’ancienne capitale de l’Elide, Pise). Périptère de 6×13 colonnes (proportions classiques). Fronton Est : préparatifs de la course de char qui va opposer Oenomaos, père d’Hippodamie, à son prétendant, Pelops. Fronton ouest : bataille des centaures et des lapithes lors des noces de Pirithoos et d’Hippodamie (une autre Hippodamie). Métopes de péristasis : en façade et à l’arrière, devant le pronaos et l’opisthodome, les 12 travaux d’Héraclès (6 de chaque côté).

– Sculptures du temple de Zeus à Olympie (fronton, métope)

 

 

Sculpture :

Calamis, placé très haut par les historiens anciens. Acmé entre 480 et 450. On lui attribue avant 450 plusieurs œuvres anonymes, dont le Zeus d’Histiaea

– Zeus (Poseidon) d’Histiaea

Myron, dont on disait qu’il avait « équilibré le rythme ». Acmé vers 470/450. Corps en pleine action et instabilité.

– Myron, discobole, vers 450 : le décalage temporel crée le rythme (tel que les grecs l’entendaient). Phase décisive de l’action, le disque dominant la composition pour en rappeler la phase antérieure. Noter que les deux pieds sont sur la même ligne.

Plyclète, qui aurait « rythmé l’équilibre ». Activité entre 460 et 420 environ. Un seul modèle : le type viril nu, au repos. Un principe essentiel : la correspondance croisée (chiasme) entre le buste et les jambes ; l’épaule se lève du côté de la jambe fléchie.

– Polyclète, discophore

Polyclète continue sa carrière pendant le « siècle de Périclès », en même temps que Phidias.

– Phidias, Apollon, œuvre de la première partie de sa carrière.

 

3- Troisième période (après 450)

Lors de la deuxième guerre médique, les Perses étaient parvenus jusqu’à Athènes, avaient ruiné la ville et saccagé l’Acropole. La tradition veut que les Athéniens aient enterré alors les vestiges et décidé de ne pas relever leurs sanctuaires tant que les Perses ne seraient pas définitivement chassés d’Ionie. Après 449/448, c’est chose faite, et  Périclès en décidera la reconstruction en 447. Il charge Phidias de diriger une pléiade d’artistes.

 

Travaux de l’Acropole :

– 447/432 Construction du Parthénon. Architectes Ictinos et Callicratès. Plus grande que la normale classique (6 colonnes sur 13) : 8 x 17 colonnes. Corrections optiques : plus étroit en hauteur qu’à la base, les colonnes sont renflées à peu près au tiers de leur hauteur et ne donnent pas l’impression de convexité qu’ont les colonnes droites.

Temple dorique avec la particularité d’avoir une frise ionique sculptée sous la peristasis (galerie). Les frontons représentent en façade (est) la naissance d’Athéna, à l’arrière (ouest) la dispute entre Athéna et Poseidon pour la possession de l’Attique.

Métopes (92) : représentent les grandes légendes dans leur développement historique. A l’est, gigantomachie (origine de l’histoire grecque), au nord la guerre de Troie (avec la présence de Phrontis, pilote de Ménélas), à l’ouest une amazonomachie (avec présence de Thésée), au sud les centaures et les lapithes (avec également Thésée). A la partie centrale, la centauromachie s’interrompt pour laisser place à la légende d’Erichtonios.

C’est donc l’intégration d’Athènes comme vecteur essentiel de toute l’histoire grecque. Idée accentuée par la frise, qui représente les Panathénées (tous les quatre ans, on apporte à Athéna une parure nouvelle, tissée par les Ergastines, jeunes vierges). Le peuple d’Athènes y est figuré dans sa totalité, se présentant, en façade ( à l’est) à l’assemblée des dieux.

– 437/432 Construction des propylées (bâtiments de l’entrée de l’Acropole, architecte Mnésiclès. Elles ne seront jamais achevées.
– 431, guerre du Péloponnèse. 430, épidémie de peste. 429, mort de Périclès.

– 425 Temple d’Athéna Nikè (architecte Callicratès), avec une frise ionique (combat des Grecs contre les Perses). En 410, la balustrade sera ornée de reliefs (les Victoires) lors de l’euphorie causée par les victoires d’Alcibiade.

– A partir de 421, construction de l’Erechteion (architecte Mnésiclès ?). Architecture complexe : le naos est primitivement destiné à l’idole archaïque d’Athéna (xoana ?), mais s’y ajoutent d’autres cultes très anciens : de Poséidon associé à Erechtée, d’Héphaïstos, de Cécrops (premier roi mythique d’Attique et fondateur d’Athènes) et d’autres héros athéniens. Sur la pierre on voit gravée une forme de trident. Ce sont-là paraît-il, les preuves manifestées par Poséidon de sa contestation de la terre.

– Acropole d’Athènes

– Parthénon (447/432)

– Frontons du Parthénon, état en 1674, dessins de Carrey

– Fronton Est, Léto, Dionè, Aphrodite, assistant à la naissance d’Athéna

– Métope : lapithe et centaure

– Frise : cavaliers

– Athéna Parthénos : statuette représentant l’Athéna chryséléphantine de Phidias. Original : 10m de hauteur, 12 avec le socle. Ivoire pour la peau, or pour la chevelure, le péplos, l’égide que fermait un gorgoneion d’ivoire; le casque à trois cimiers était à lui seul une étonnante pièce d’orfèvrerie. La main droite étendue portait une Nikè d’ivoire et d’or, haute de 1m80; la main gauche s’appuyait sur le bouclier, dressé verticalement, à l’intérieur duquel se déroulait le serpent Érichthonios; entre le serpent et la déesse, la lance reposait contre l’épaule un peu obliquement. Au côté extérieur du bouclier, était figurée en relief une Amazonomachie, à l’intérieur une Gigantomachie était peinte; sur la tranche épaisse des sandales, Centauromachie. Sur le piédestal, les olympiens autour de la naissance de Pandore.

– Erechteion

– Temple d’Athéna Nikè

– Balustrade du temple d’Athéna Nikè, Victoire.

 

Sculpture autour de Phidias :

Phidias est accusé d’avoir détourné de l’or destiné à la statue. Devant l’absence de preuves, on l’accuse alors d’impiété pour avoir sculpté sa propre figure et celle de Périclès sur le bouclier d’Athéna. Il est exilé en 432. C’est alors qu’il va sculpter pour les Eléens la statue chryséléphantine du Zeus d’Olympie, statue assise de 14m de haut.

Crésilas, homme de métier, qui intègre les graperies phidiesques et le chiasme de Polyclète. Spécialistes des thèmes pathétiques, auteur du célèbre portrait de Périclès (idéalisation du stratège).

Callimaque, surnommé Catatexitechnos (trop minutieux). Orfèvre, sculpteur et architecte, auteur (selon Pausanias) de la lampe d’or de l’Erechteion et du palmier de bronze qui la couvrait. On lui attribue l’invention du chapiteau corinthien. Allongement des proportions, le canon se fait un peu maniériste. Utilisation de la « draperie mouillée », faite d’arêtes s’estompant sur la surface, travail d’orfèvre. On lui attribue les victoires de la balustrade d’Athéna Nikè (411/407).

– Callimaque, Vénus Génitrix

Alcamène, disciple de Phidias que sans doute il remplace. On lui attribue les caryatides de l’Erechteion.

– Alcamène, Arès Borghèse (vers 420)

 

Peinture :

L’influence de la sculpture est sensible, en particulier chez le peintre d’Achille, dont les figures sont souvent campées de face, avec le poids du corps sur une jambe (chiasme de Polyclète), avec une analogie frappante avec certains aspects du style de Phidias (Parthénon). Les personnages sont liés par le regard.
Le peintre d’Erétrie annonce, lui, les tendances de la génération suivante, avec des figures féminines gracieuses et dansantes vêtues de chitons aux plis sinueux.

– Lécythe à fond blanc : départ du guerrier, peintre d’Achile, vers 440/30

– Epinétron d’Erétrie, vers 430/20

A partir de 425 se manifeste une forme de maniérisme : goût du détail décoratif, vêtements sophistiqués (broderies, couronnes, guirlandes, bijoux). Surcharge des motifs, tendance à la grâce et à la délicatesse, parfois jusqu’à la mièvrerie.

– Hydrie du peintre de Meidias, Rapt des Leucippides (vers 410)

 

VII- Second classicisme (IVe siècle)

Après le désastre d’Aigos Potamos, c’est la consternation. C’est la défaite d’un mode de vie et de pensée né de la victoire sur les Perses. Ni Sparte ni Athénes ne s’en relèveront, ni ne pourront reconstituer l’organisation du Ve siècle. Les guerres intestines qui ont ravagé 68 ans la Grèce ont eu des répercussions matérielles et morales. C’est une période de médiocrité pour nombre de cités : les constructions publiques sont rares, et les remplacent des consécrations particulières dues aux richesses privées.
L’idée de cité décline, corollairement grandit la conception de l’importance de l’homme et de l’individu, tandis que l’on se détourne de la religion olympienne pour aller vers des dieux guérisseurs et d’autres divinités qui exaltent la vie intérieure.

La Macédoine, avec Philippe II, va profiter des rivalités grecques.

– 338, bataille de Chéronée : Athènes, Thèbes et leurs alliés, réunissant au total 31 000 hommes doivent s’avouer vaincus face aux 32 000 hommes de Philippe de Macédoine, réunis sous les ordres d’Alexandre le Grand alors âgé d’à peine 18 ans. Au cours de cette bataille, 5 000 athéniens sont tués, 2 000 fait prisonniers tandis que les thébains sont presque tous anéantis. En passant sous contrôle macédonien, la Grèce entre dans une nouvelle ère. C’est la fin d’une civilisation basée sur des cités libres et prospères.

– 336, assassinat de Philippe. Alexandre le Grand devient roi de Macédoine.

– 323, mort d’Alexandre

 

ART

La sensibilité l’emporte sur la raison, l’individu sur le citoyen. L’horizon s’élargit par des relations plus étroites avec le monde anatolien, et les commandes de ses grandes cités.

Période de transition :

Les chefs d’œuvre du Ve restent des modèles incontestables.

Le besoin de renouvellement s’appuie sur des tendances contradictoires qui échappent à la doctrine classique : une imitation plus directe de la nature, l’invention d’attitudes et de drapés décoratifs excessifs, plus imaginaires qu’observés.

Trois sculpteurs : l’athénien Céphisodote, père et maître de Praxitèle. L’argien Naucydès. L’ionien Thimothéos, dont le rôle est prépondérant au temple d’Asclépios à Epidaure.

 

Second classicisme :

Sculpture :

Les tendances nouvelles sont accentuées par  le contact avec l’Asie Mineure : pathétique, sensualité, individualisme, réalisme. On utilise toujours le bronze, mais surtout le marbre, avec un illusionnisme pictural (les sculptures sont peintes). Intervention d’éléments naturels (le lézard et l’arbre de l’Apollon sauroctone).

– Scopas : sculpteur (bronzier), architecte, peintre. Carrière féconde dans le Péloponnèse, en Attique, en Asie Mineure. Une seule date précise : entre 353 et 350, où il participe au Mausolée d’Halicarnasse (face est) avec Bryaxis (nord), Léocharès (ouest), Timothéos (sud). Tempérament original et puissant, aime le pathétique et le théâtral.

– Mausolée d’Halicarnasse, fragment de l’amazonomachie (frise est) : Scopas alterne de façon régulière grecs et amazones, vêtements et nudités.La rapidité du mouvement s’exprime par un jeu d’obliques divergentes.  Mausole, satrape de Carie, province perse d’Asie Mineure, se révolta contre Artaxerxès Mnémon, proclama son indépendance et fit d’Halicarnasse, sur la côte, sa capitale. Il était l’époux de sa soeur Artémise qui à sa mort (453) lui fit bâtir un tombeau grandiose (d’où le terme de mausolée) dont les sculptures retrouvées se trouvent aujourd’hui au British Museum de Londres.

– Praxitèle : Elégance,harmonie des attitudes. Gestes nobles et théâtraux exploitant la valeur esthétique des actes rituels. Féminité des personnages. Ces nuances nouvelles correspondent aux conquêtes récentes de la psychologie et à l’évolution de la musique où le chant augmente l’ampleur des modulations, où la cithare passe de 7 à 12 cordes, où la mélodie, « élément femelle » l’emporte sur « l’élément mâle ».

– Hermès portant Dionysos enfant

– Aphrodite de Cnide

– Lisyppe : de son apprentissage chez un peintre (Eupompos), il gardera un intérêt pour le rôle de la lumière sur la sculpture. Crée un type nouveau d’athlète, svelte, fin et élégant, à la tête petite (nouveau canon), mais à la force musculaire précise. Ses attitudes suggèrent l’imminence d’un changement de pose, le mouvement de la tête et des bras anticipant la position ultérieure. Il sera également le portraitiste d’Alexandre.

– Apoxiomène

 

Architecture :

Peu de constructions, mais originales.

Epidaure : sanctuaire d’Asclépios, Théâtre et tholos (architecte Polyclète le jeune)

Delphes : Tholos (architecte Théodoros de Phocée)

Tégée : temple d’Athéna Aléa (plans Scopas)

Némée : temple de Zeus (plans Scopas)

En Asie Mineure :

Les moyens sont considérables, avec le goût pour des constructions colossales et luxueuses. Après 350, construction de temples à Sardes, à Didymes, à Ephèse, Mausolée d’Halicarnasse. En 335, temple d’Athéna Polias à Priène.

 

Peinture :

Après la défaite d’Athènes, la peinture de vases est en déclin : production faible, et dans les 40 premières années du Ive siècle, les artisans se contentent de répéter sans talent les motifs de la période précédente.

Vers 370, apparition d’un style original dont l’apogée se situe vers 350/40, le style de Kertch, d’une incontestable valeur décorative.Effets d’ensemble en pyramides de figures superposées placées sur des plans différents, lignes obliques convergeant vers le centre en grandes masses blanches s’opposant aux figures rouges.

Mais le déclin en est rapide : la céramique de Kertch cesse aussi brusquement qu’elle a commencé.

De la grande peinture, nous sont restés les noms célèbres d’Apelle (peintre préféré d’Alexandre), de Zeuxis et de Pharrasios, sans qu’aucune œuvre ne nous soit parvenue.

 

VIII- Période hellénistique (IIIe/IIe siècles)

Les vistoires d’Alexandre sur les Perses, puis les bouleversements qui suivent sa mort en juin 323, modifient les structures du monde grec. Le centre de gravité politique et économique sera transféré vers l’Orient : Pergame, Antioche, Alexandrie.

Les diadoques se partagent l’empire. Malgré leurs luttes des IIIe et IIe siècles, la civilisation hellénique continue d’essaimer. Grecs et Barbares voisinant, un lent travail de fusion s’établit. De ce rapprochement naît la civilisation hellénistique, par laquelle se répandront, jusqu’aux Indes et dans notre monde moderne, les principes de l’art grec. La religion assimile aux dieux grecs les vieilles divinités orientales, tandis que se multiplient les religions à mystères.

Les écrits d’Aristote (maître d’Alexandre) conduisent une philosophie de l’observation selon laquelle l’art sera l’imitation de la nature. D’où un réalisme qui insiste sur la laideur, les émotions et les passions de l’homme.

Parallèlement les richesses (nées de rapines) des grands souverains orientaux amènent un mécénat actif qui génère constructions et décorations de villes nouvelles.

 

Architecture :

Développement de l’urbanisme, multiplication des portiques, avec comme originalités l’apparition de la voûte et des pilastres, l’utilisation de l’ordre cotinthien.

A Pergame, capitale des Attalides, se crée un magnifique ensemble urbain : terrasses et pentes de l’Acropole sont utilisées pour superposer gymnases, portiques, temples et palais.

La demeure privée recherche le confort et le luxe, avec une cour centrale bordée sur un ou plusieurs côtés par un portique, et sur laquelle donne la pièce de réception, les autres se groupant au hasard. Richesse extraordinaire du décor (mosaïques, stucs, peintures, etc.)

 

Sculpture :

Vitalité, originalité, mais complexité et absence de grandes personnalités.

Restée tributaire du IVe siècle, elle en imite les grands maîtres. On retrouve l’influence de Scopas à Pergame et à Rhodes ; de Lysippe sur les sculpteurs Antigonos de Caristos, Agasias d’Ephèse, Apollonios d’Athènes : de Praxitèle vient la vogue des Aphrodites, des Dionysos, et des études de draperies.

Des « écoles » créent des types ou des styles à partir de ces données

– Athènes et le Péloponnèse continuesnt la tradition classique et néoclassique.

– Pergame crée le type du Galate (gaulois) et la gigantomachie du socle de l’autel de Zeus s’inspire de Scopas, en plus torturé et dramatique

– Pergame, ex-voto d’Attale, gaulois mourant (159/138)

– Pergame, grand autel de Zeus, gigantomachie (180/160).

– A Ephèse, Agasias crée le Gladiateur Borghèse, inspiration Lysippe

– L’école de Rhodes mêle aux traditions attiques les influences de Pergame, avec le groupe du Laocoon (IIe ou Ir siècle), et des recherches sur la draperie qui donnent naissance à la Victoire de Samothrace (entre 200 et 170).

Enfin, la Vénus de Milo (-100) doit son succès en grande partie au fait que l’on avait cru à l’origine avoir retrouvé un original de Phidias, ou de Praxitèle. De fait, c’est une œuvre hellénistique.

2 réponses à Grèce antique

  1. hanafi dit :

    qui a écris cette article svp

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